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Col. Beary (EUTM Somalia) : former les Somaliens, un bon investissement !

Col. Beary (EUTM Somalia) : former les Somaliens, un bon investissement !

(BRUXELLES2) La troisième session de formation des soldats somaliens en Ouganda par les forces européennes (EUTM Somalia) est en passe de se terminer. La cérémonie de remise des diplômes a lieu le 10 mai prochain. Quelques semaines avant cette nouvelle étape, B2 a pu – avec un confrère de l’Agence europe – rencontrer le commandant de l’opération.

Venu de l’infanterie irlandaise, ancien directeur de la formation de l’armée, le colonel Beary dirige depuis presque un an cette mission assez originale dans le panorama européen : puisqu’il s’agit de former, concrètement, les troupes et encadrement d’une armée partant au combat.

On pourrait être étonné de voir un gradé d’un pays aussi attaché à la neutralité que l’Irlande diriger une telle opération. Mais ce serait oublier que « l’Irlande a toujours été très impliquée dans les opérations de gestions de crise ou de maintien de la paix ». Et si l’armée n’occupe qu’un faible pourcentage du PIB, l’Irlande se situe dans le top 3 des forces déployées à l’extérieur : 20% des soldats servent en outre-mer. » 7 soldats servent ainsi en Ouganda, bientôt 10 avec un renfort d’une composante CIS. Pour lui cette mission est l’exemple même d’une « mission peu couteuse – maximum 125 personnes (*) avec un budget de 4,8 millions d’euros, pour un bon « return ». Autrement dit, « c’est un bon investissement », explique-t-il

La formation des formateurs a commencé

Le principe de la mission reste le même auquel B2 avait assisté à son commencement. Les forces ougandaises forment les recrues (environ 350 lors de cette 3e session), les Européens forment les noyaux plus spécialisés des compagnies (médical, anti-IED, communications…), les sous-officiers et officiers (environ 250 en tout, à la 3e session). Dernière évolution, la formation de formateurs de l’armée. « Nous avons commencé à former des formateurs lors de la précédente session. Nous en formons 66 actuellement. On s’adapte tout le temps avec l’expérience. »

La question de la langue ?

Pour cela, les Européens sont assistés d’interprètes kenyans qui parlent le Somali. « La plupart des soldats ne parlent que le somali, très peu l’anglais ou l’italien. Et nombre d’entre eux sont analphabètes. » La question de la langue « est un véritable défi. Plusieurs formateurs européens apprennent des rudiments de somali. Ils peuvent ainsi communiquer à un niveau de l’enseignement de base. »

L’envie d’apprendre ?

« Techniquement, ce n’est pas très difficile. Les Somaliens apprennent vite. Ils sont incroyablement brillants. Ils sont généralement jeunes, autour de 20 ans. Nous n’avons pas de mineurs et faisons très attention à cela. (…) Ils me surprennent parfois par ce qu’ils connaissent. Ils ont accès à l’information » développe le Col. Beary. « C’est intéressant, révélateur de voir ceux ci donner leur propre vision, leur propre lecture du terrain. Nous avons véritablement espoir de voir l’armée somalienne se développer ».

Presque 4000 soldats formés par Européens et Ougandais

La plupart sont jeunes, en général autour de 20 ans et proviennent des régions qu’il faut sécuriser : surtout des Hawiye et des Darod, venant de Mogadiscio et des environs. Dans la prochaine session, il y aura davantage de recrues provenant du sud, « pour avoir une armée composée des différentes parties, des différents clans qui forment la Somalie ». L’objectif de l’armée du GFT est d’avoir environ 12.000 soldats selon le projet présenté par le chef d’Etat-major du GFT somalien, le général Al Dini. Plus de 3000 soldats et officiers ont déjà ainsi été formés, la prochaine session démarre début juin. Et elle accueillera environ 650 élèves, sur le même modèle « qu’aujourd’hui, avec la formation de recrues, d’unités spécialisées et de formateurs ». Elles devraient former le noyau dur de « trois brigades « d’élite » d’une division ».

Le comportement sur le terrain

De retour sur le terrain en Somalie, les soldats subissent une « période de réintégration de deux mois, pour se mettre au courant de la situation, encadrés et entraînés par les forces ougandaises » qui travaillent dans le cadre de l’Amisom, la force de maintien de la paix de l’Union africaine.  Le taux d’attrition reste « faible. Au départ, ce taux était de 4,6 %, il est descendu aujourd’hui à 1,9 %, On a un taux d’attrition très proche, voire plus faible, de ce qui se passe dans nos pays. » Une raison à cela, assez pragmatique. « Le système de paiement des soldats fonctionne. Ils reçoivent 100 $ par mois, c’est une forte incitation » à rester. Les premiers éléments formés sur le terrain se sont d’ailleurs « bien comportés » et ont participé notamment à l’offensive menée à Mogadiscio » pour déloger les Al-Shabbaab qui contrôlaient le marché de Bakaara.

Une expérience reproductible ?

La mission a un double intérêt. Pour les Somaliens, les « Européens fournissent une formation que personne ne peut apporter », avec une diversité d’expérience, d’enseignement. Les soldats formés « vont fournir les bases d’une force disciplinée et loyale pour le GFT. Cela permet également d’accomplir  un développement significatif pour la réforme des structures de sécurité » du futur Etat somalien. Et coté européen, cette formation est aussi une « expérience » utile. « Ce « paquet » de formation pourrait « être utilisé dans un autre théâtre, par exemple au Soudan, si l’Union européenne veut faire çà, ou ailleurs. On ne perdra pas cette expérience. »

(*) Il s’agit du maximum. Il y en a 121 actuellement (85 formateurs et 36 membres de soutien et commandement) venant de 12 Etats membres : 25 Français, 16 Portugais, 15 Allemands, 14 Espagnols, 11 Italiens, 10 Irlandais, 7 Finlandais, 7 Suédois, 6 Belges, 4 Hongrois, 4 Maltais, 2 Britanniques.

Lire également le dossier :

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Kosovo, regain de tension et mise en garde de l’Union européenne

(B2) Coup sur coup, deux évènements sont venus rappeler que le Kosovo n’était pas, encore, une terre totalement pacifiée. Le convoi d’une délégation serbe a été attaqué à Pristina, mercredi (4 avril). Attaque condamnée par Robert Cooper, le diplomate européen chargé de faciliter le dialogue entre Pristina et Belgrade. « De tels actes ne sont pas conformes avec l’esprit du dialogue » qui doit régner, a-t-il expliqué. « La délégation faisait partie du groupe de travail chargé de la mise en oeuvre des accords établis sous l’égide de l’Union européenne. »

L’Union européenne est « déterminée à continuer de faciliter le dialogue entre Pristina et Belgrade », a-t-il ajouté, alors que les deux parties devaient se rencontrer jeudi (5 avril). Robert Cooper a aussi adressé une mise en garde aux Albanais et aux Serbes. « Il doit être clair que le dialogue n’a pas objectif uniquement d’obtenir des accords ; il est plus important de les appliquer, au profit des populations des deux cotés. Cette mise en oeuvre est une des conditions requises pour apprécier les progrès de chacune des parties sur le chemin de l’intégration européenne ».

Dans la nuit de samedi à dimanche, c’est un Albanais qui vivait dans Mitrovica – nord, en zone serbe) qui a été l’objet d’un attentat. Selver Hejredinaj (Hajradinaj) a été tué tandis que son épouse et quatre enfants étaient blessés dans l’explosion d’un engin explosif déposé sur le rebord de sa fenêtre vers 1 heure du matin. Les policiers d’Eulex ont été diligentés sur place pour mener une enquête. Et le représentant spécial de l’UE au Kosovo, Samuel Zbogar, a appelé au calme : « Je voudrais appeler à toutes les communautés pour rester calmes et laisser la police faire le travail » a-t-il déclaré. NB : des élections présidentielles sont prévues en Serbie le 6 mai. Et il est à craindre que ces crispations aillent croissantes jusqu’à cette date.

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Dernières nouvelles de la piraterie (8 avril) (maj)

(BRUXELLES2)

Un groupe pirates neutralisé par l’Aconit

Dans la matinée du 7 avril 2012, alors que la frégate Aconit se dirigeait vers le nord de la corne de l’Afrique  pour y rejoindre la frégate espagnole Infanta Elena, et prendre en charge l’escorte d’un navire du Programme alimentaire mondial, une baleinière remorquant un skiff a été repérée.

On se situe alors à près de 600 km, et il n’y a pas normalement d’activité de pêche dans cette zone. Ce qui a « immédiatement éveillé les soupçons des marins de l’Aconit » précise-t-on au commandement français de la marine. « L’interception a alors été rapidement ordonnée par le commandant ». L’équipe de visite a alors huit suspects à bord de la baleinière. Aucun matériel lié à une activité de piraterie « a pu être retrouvé à bord (grappin, arme…) bien qu’une bonne partie est vraisemblablement été jetée par-dessus bord ». La baleinière a été détruite, les suspects  transférés à bord de l’Aconit pour interrogatoire, et le skiff embarqué à bord de la frégate. Aucun fait ne pouvant être reproché, décision a été prise de relâcher les suspects. Après une journée de transit nécessaire pour se rapprocher de la côte somalienne, ceux-ci ont donc été libérés.

Un cargo chinois libéré par la marine iranienne

Un cargo chinois, battant pavillon panaméen, le Xianghuamen, a été capturé vendredi (6 avril), au petit matin, à proximité des côtes iraniennes (à 13 miles environ), près du port de Chabahar (à 25° Nord et 57° Est). Le capitaine a donné l’alerte. Et les 28 hommes d’équipage (tous chinois) se sont réfugiés dans la « citadelle » du navire. Mais les pirates ont réussi à prendre en otage certains marins. Malgré une demande expresse du capitaine à la marine iranienne de ne rien tenter par la force, celle-ci a lancé l’assaut, sur la demande de Pékin apparemment. Plusieurs échanges de tirs ont eu lieu entre les militaires et les pirates. Les 28 marins ont été libérés et 9 pirates arrêtés. Le ministre chinois des Affaires étrangères a adressé dimanche (8 avril), un télégramme de félicitations à son homologue iranien le remerciant pour son intervention et expliquant qu’une coopération plus importante entre les deux pays pourraient se développer pour lutter contre la piraterie.

17 suspects libérés par la marine danoise

La frégate danoise Absalon a relâché, jeudi (5 avril), sur la plage somalienne, 17 pirates présumés. Ils avaient été arrêtés, le 27 février dernier, lorsque l’Absalon avait libéré un bateau de pêche utilisé comme bateau-mère par les pirates, ainsi que 16 marins pakistanais et iraniens (2 otages avaient été tués lors de cette action). Les autorités danoises, « sur la base des preuves recueillies, ont étudié toutes les possibilités de remettre les pirates présumés en vue de poursuites dans n’importe quel pays dans la région » indique le commandement danois des opérations dans un communiqué. Mais cela n’a pas été possible. D’où la libération plus d’un mois après la capture. Les marins libérés – et les corps des défunts – avaient été remis à leurs autorités nationales respectives lors d’une escale au Kenya le 15 mars. Lire également : Un bateau mère libéré, deux marins iranien et pakistanais tués

(crédit : ministère français de la Défense / DICOD)

Un Awacs français et un Atlantique2 sur zone

Un avion Atlantique 2 a relevé, le 2 avril, le Falcon 50 de la marine nationale basé à Djibouti dans le cadre de l’opération européenne de lutte anti-piraterie Eunavfor Atalanta. Au cours de son déploiement, l’Atlantique 2 de la flottille 23 F effectuera « des vols réguliers d’une dizaine heures au dessus du Golfe d’Aden et de l’océan Indien », précise l’armée. « Les images et données recueillies par les différents senseurs de l’aéronef et sa douzaine de membres d’équipage (seront) exploitées par des spécialistes du renseignement, en particulier à bord du navire amiral de la Task Force 465, et permettent de mieux coordonner l’action des bâtiments de surface et de leurs hélicoptères embarqués. »

Un Awacs 3EF de l’armée de l’air est déjà engagé sur place permettant une meilleure couverture de toute la zone. C’est un officier supérieur français qui a pris le commandement d’Eunavfor. Lire également : Un Français aux commandes de l’opération Atalanta sur zone (Maj)

Renforts pour l’opération Eunavfor Atalanta

Deux navires – un Néerlandais (la frégate multirôle HNLMS Van Amstel) et un espagnol (la frégate ESPS Reina Sofia sont arrivés dans l’Océan indien et le Golfe d’Aden pour renforcer la mission européenne anti-piraterie Eunavfor Atalanta. Tous les deux disposent d’hélicoptères embarqués qui permettent ainsi d’augmenter le rayon d’action des navires. Eunavfor « dispose désormais d’une dizaine de navires prêts à faire face à une recrudescence attendue de la piraterie après la fin de la saison des moussons » précise le QG d’Atalanta.

La marine iranienne libère un cargo par la force

Le MV Eglantine, un cargo iranien battant pavillon bolivien, transportant du sucre du Brésil vers l’Iran, avait été capturé dans l’Océan indien par les pirates le 26 mars. Il a fallu 48 heures de « feu intensif » selon l’agence officielle Fars pour venir à bout des assaillants début avril. 13 pirates ont été arrêtés.

Le Enrica Lexie, maintenu en saisie

La Haute Cour de Kerala s’est opposée, début avril, à la levée de la saisie frappant le navire italien Enrica Lexie retenu en Inde. Selon le tribunal indien, la demande de levée de la saisie aurait dû être adressée d’abord au tribunal local de Kollam – qui avait pris la première décision de saisie – et ensuite à la Haute Cour. Outre les deux fusiliers marins italiens incarcérés, le commandant du navire, U. Vittelli, et les 4 autres fusiliers marins sont entendus comme témoins par la justice indienne pour la mort de pêcheurs. Les expertises balistiques n’ont pour l’instant rien donné. Mais les policiers indiens soupçonnent les Italiens d’avoir fait disparaître l’arme qui a tué les pêcheurs. Lire également :

John Douglas (US), Cdre Jensen (Dk), RA Tanin Likitawong (Thai) (crédit : U.S. Navy - 3rd Class John Callahan)

Décrue de la piraterie au 1er trimestre 2012. Un Thaïlandais à la tête de la CTF 151

C’est un contre-amiral thaïlandais Tanin Likitawong qui a pris le commandement fin mars de la CTF 151 – la force anti-piraterie initiée par la marine US – relevant le Commodore de la marine danoise Aage Buur Jensen, Royal Danish Navy, à bord de l’USS Halsey (DDG 97). A l’occasion de cette passation de commandement, le commodore Jensen a souligné combien la « coordination entre toutes les forces de l’Union européenne, de l’OTAN et d’autres déploiements était importante » pour combattre la piraterie. Cet « exemple remarquable de coopération internationale montre la volonté de faire de leur mieux pour atteindre l’objectif commun de vaincre la piraterie ».

Selon le bilan qu’il a dressé, la CTF 151 a déjoué 4 groupes d’action pirates et conduit plusieurs missions d’observation de la piraterie dans le nord de la Corne de l’Afrique et le sud de la côte somalienne. La piraterie a nettement décru au premier trimestre 2012. Tant le nombre d’attaques et que le nombre de prises ont nettement diminué : le nombre d’attaques est passé de 41 à 11 tandis que le nombre de captures passait de 13 à 4.

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Les fusiliers marins néerlandais inaugurent le concept de aVPD

Les fusiliers marins néerlandais inaugurent le concept de aVPD

Mise en place de barbelés permettant une protection passive du navire (crédit : marine néerlandaise)

(BRUXELLES2, exclusif) C’est un fait sans doute peu connu. Mais c’est une équipe militaire embarquée (EPE en français, VPD en anglais) qui assure en ce moment la protection des navires du Programme alimentaire mondial (PAM) ravitaillant la Somalie. Une aide indispensable : environ 1,7 millions de personnes dans ce pays dépendent de l’aide alimentaire internationale. Un concept détaillé et présenté à Bruxelles lors d’un séminaire sur la piraterie auquel B2 a participé.

L’accompagnement des bateaux du PAM, c’est la mission première et originale de l’opération anti-piraterie de l’UE. Sans cette action, il parait peu probable d’ailleurs que cette opération ait pu voir le jour. Mais ce n’est pas une sinécure, tous les jours, à entendre les officiers européens. Certains bateaux du PAM sont de vieux bateaux, poussifs. Et leur accompagnement prend donc largement plus de temps que sur un navire moderne. La programmation du PAM n’est pas non plus des plus précises. Le déchargement ou chargement du navire de nourriture est souvent soumis à différents impératifs portuaires, plus ou moins imprévisibles. Difficile alors de tenir le planning prévu ; les militaires doivent alors attendre, ce qui n’est sans conséquences sur les autres missions.

Le concept de VPA autonomes (aVPD) est donc un « sacré soulagement » pour la mission Eunavfor. Cela « nous ôte une belle épine du pied - confirme le capitaine de vaisseau Gelly (d’Eunavfor) -, cela nous permet de libérer au moins un navire de guerre, voire plus, entre aller chercher un navire, l’accompagner, puis le récupérer ». Dans les faits, c’est presqu’un tiers de la flotte de la mission européenne qui se trouve ainsi libérée et peut être utilisée sur d’autres actions comme les patrouilles d’observation le long de la côte somalienne ou la « course » aux pirates.

Le concept de VPD Autonome

Une aVPD doit être considérée comme une « entité militaire à part entière – à la différence d’une VPD dépendant d’un navire de guerre, extension organique de ce navire ». Il faut l’accord de l’État du pavillon, de l’armateur, l’accord tacite et entente directe avec le capitaine, seul responsable à bord. « Nous n’avons pas défini de standard même de taille de la VPD. C’est une politique de libre contribution. Chaque pays membre propose ce qu’il souhaite. Nous travaillons ensuite avec le PAM pour aménager le bateau » explique le CV Gelly. 

Ce concept n’est cependant pas entièrement nouveau puisqu’il a été utilisé – avec succès par les Français – à bord des navires de pêche. Et est utilisé également par les Néerlandais, depuis peu, pour protéger certains navires marchands sensibles, ainsi que par les Italiens (avec la déconvenue que l’on connait avec la mort de deux pêcheurs et le litige avec l’Inde). En revanche, au sein d’une opération multinationale, c’est une première.

La mise en place de VPD a nécessité une intense préparation diplomatique et juridique. L’Union européenne a, en effet, dû passé des accords avec les Etats du pavillon des navires du PAM. Eunavfor a ainsi passé six accords aujourd’hui, d’abord avec le Liberia, St Vincent & Grenadines, Sierra Leone, puis avec les Iles Marshall, le Panama, Antigua & Barbuda qui ont accepté que des équipes VPD européennes embarquent à bord des navires battant leur pavillon.

Des fusiliers marins à demeure sur le Caroline Scan

Sur le Caroline Scan, un navire moderne affrété par le Programme alimentaire mondial. Précisons « moderne » car apparemment ce n’est pas le cas de tous les navires, pour certains, naviguer relève apparemment du « miracle ». Les 18 fusiliers marins néerlandais ont dû trouver leur place, ce qui n’est pas évident sur un navire, d’une centaine de mètres de long mais avant tout destiné à amener un maximum de fret. Des logements ont ainsi aménagés dans des containers sur le pont, containers disposant de l’air conditionné. L’équipe néerlandaise est plutôt plus nombreuse que d’autres pays. Elle dispose de tout l’équipement pour pouvoir répondre au feu, notamment une mitrailleuse lourde. « « Le personnel doit être capable à tout moment de pouvoir faire face à une attaque » précise un officier néerlandais. Elle est également dotée d’une équipe médiale – docteur, infirmier – et du matériel (oxygène, réanimation…) nécessaire « pour garantir tous les soins aux équipes » et avoir une certaine autonomie.

Règles d’engagement et de tir

Les VPD restent soumis à une discipline militaire et à des règles d’engagement au feu de façon précise. Des règles qui diffèrent légèrement de la simple « légitime défense » à laquelle sont astreints les gardes privés. Les militaires peuvent agir, selon une gradation de moyens, de manière à prévenir une attaque et non pas uniquement si un premier tir les atteint (légitime défense). Il y a une gradation de la dissuasion : avec d’abord des messages d’avertissement diffusés par radio et tir de dissuasion. L’objectif est vraiment de « dissuader les pirates d’attaquer le navire ». « L’utilisation de la force est basée sur des principes de proportionnalité et de subsidiarité : la force ne doit être utilisée que s’il y a une menace, et pas d’autre moyen disponible. L’usage de la force est limité. On ne peut ainsi poursuivre les pirates. Cela ne signifie pas que la force ne peut pas être utilisée uniquement quand il y a attaque et déclenchement feu par pirates. La légitime défense peut être déclenchée dès qu’il y a attaque » témoigne un officier néerlandais. En cas d’attaque, il y a une répartition des tâches à bord entre le capitaine, responsable de la marche du navire, et le commandant des VPD, de la sécurité.

La délicate question des armes

La question du transport des armes à bord reste un point délicat. Les Néerlandais disposent d’une réserve de munitions à Malte (*) où certains équipements sont stockés. Le passage par Suez nécessite quelques formalités. « Nous devons débarquer les armes avant le passage et les récupérer à la sortie – les autorités égyptiennes transportent sur terre – cela demande contacts diplomatiques supplémentaire et le versement d’une taxe. » Ce transfert n’est évidemment pas gratuit. « Ce n’est pas extrêmement cher à l’unité. Mais il y a un effet multiplicateur au nombre » précise notre officier.

Les frais gelés

Une partie des coûts est, normalement, pris en charge par le budget commun (mécanisme Athena) : les logements, le coût des communications satellites (même si c’est, en pratique, difficile d’isoler ces dépenses) et les transferts. C’est pour l’instant théorique, car la ligne budgétaire de 1,8 millions d’euros prévue dans le budget communautaire est gelée. Deux pays – l’Allemagne… et les Pays-Bas – ont particulièrement milité pour ce gel. (Ironie, s’abstenir :-) . Une prochaine réunion du comité Athena est sensée discuter de la possibilité de « décongeler » la ligne budgétaire.

Une seule offre

Un seul Etat membre a, pour l’instant, fait une offre de VPD autonome, mais d’autres pourraient suivre : l’Italie par exemple. Et à Northwood, on s’attend à des contributions « intéressantes » pour le second semestre 2012 et surtout en 2013. Les Pays-Bas utilisent d’ailleurs la technique du VPD autonome pour accompagner les navires marchands battant le pavillon du Royaume. « Nous avons actuellement 4 équipes de VPD en simultané, qui transitent environ durant 3 semaines. Et nous avons prévu d’utiliser 60 équipes VPD par an. Mais nous travaillons pour rehausser le dispositif » précise notre interlocuteur néerlandais. « Si nous pouvons transporter l’équipe, d’un navire à l’autre nous le faisons, elle reste là quelques jours… Les complications sont souvent importantes quand on fait venir les matériels par les airs. »

(*) On peut se demander s’il n’y aurait pas quelques économies et mises en synergies possibles, notamment en établissant ce stock à Djibouti dans la base française ou au FHQ d’Atalanta, ou encore à la Réunion ou Mayotte (département français)
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Au Mali, comme un gout d’amertume

(BRUXELLES2, opinion) Ce qui se passe au Mali actuellement a tellement un goût de prévisible qu’on ne peut en retenir une certaine amertume. Il était certain qu’en infligeant une défaite aux partisans du Colonel Kadhafi et en laissant en 2011 la frontière de la Libye, poreuse, les transferts d’armes s’y feraient rapidement. C’est ainsi une erreur grossière, à mon sens, des stratèges de l’OTAN comme de l’UE, de ne pas avoir eu assez de volonté politique pour déployer sur cette frontière, une mission d’observation, à même de noter et contrôler les mouvements d’hommes comme de matériels. Il est également certain qu’en laissant traîner une opération PSDC au Sahel, on n’a pas vraiment arrangé le circuit. Certains esprits prudents jaugeront sans doute que « heureusement, l’Union européenne n’a pas été trop vite ». Elle « se trouverait en première ligne aujourd’hui ». Certes… D’autres esprits plus audacieux pourront estimer qu’en ayant une action plus déterminée, et plus rapide, alors que cela fait bientôt deux ans qu’on « étudie » l’opportunité d’une mission européenne dans la région… Un gachis !

Lire également :

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Proche d’un arrangement entre l’Agence européenne de défense et OCCAR

(BRUXELLES2, exclusif) Un compromis a été atteint pour conclure un arrangement administratif et un accord d’échange d’informations sécurisées entre l’Agence européenne de Défense et l’Organisation conjointe de coopération en matière d’armement. L’information a été communiquée aux ministres de la Défense lors de la dernière réunion (le 23 mars). Et les détails précisés lors d’une dernière réunion au niveau des directeurs à l’Agence européenne de défense, mardi (3 avril).

Un arrangement qui n’est pas uniquement administratif

Cela devrait permettre de renforcer les synergies entre ces deux organisations, des « pièces » essentielles pour réaliser un pôle européen de conception de l’industrie de défense. Les deux organismes sont en effet très complémentaires : l’Agence est davantage un « incubateur » de projets tandis que l’Organisation est un « maître d’oeuvre industriel ; c’est notamment l’OCCAR qui suit le projet A400M.  Cela peut paraître un détail. Mais la donne était un peu compliquée par… le conflit turco-chypriote. Chypre est membre – au titre de l’UE – de l’Agence européenne de Défense. La Turquie devrait rejoindre OCCAR d’ici peu. En juin prochain, si mes informations sont exactes, son Conseil d’administration devrait dire « Oui » à sa candidature. Précisons que Chypre ne s’est pas opposée à cet accord. Le pragmatisme a joué. C’est même sur son initiative – avec l’appui des pays membres d’OCCAR (France, Royaume-Uni, Allemagne notamment) que cet arrangement a pu se conclure. Comme quoi, loin des grandes déclarations, les « petites » avancées sont toujours possibles.

Un projet retardé de deux ans

Cela a cependant pris un peu plus de temps que prévu. Les « 26″ avaient prévu de boucler définitivement l’accord fin 2009. L’idée d’un rapprochement entre l’Agence européenne de défense et OCCAR est, en effet, ancienne. Elle avait été encouragée officiellement en décembre 2008, sous présidence française, par une Déclaration politique visant à encourager la « coopération » entre les deux organisations et lançant les négociations d’un arrangement administratif. Des directives de négociation ont été approuvées au conseil exécutif de l’Agence début avril 2009. En mai 2009, sous présidence tchèque, le Conseil des ministres de la Défense de l’UE a également approuvé le lancement de négociations sur un accord d’échanges d’informations sécurisées. Et le mandat de négociation approuvé au Conseil suivant, le 15 juin 2009. Les textes ont été finalisés le 15 septembre 2009.

Blocage grec et chypriote

Mais au groupe des conseillers relations extérieures (RELEX), un consensus n’a pas été atteint entre les « 26″, en particulier du fait des « préoccupations » de Chypre et de la Grèce. Ce qui était en jeu était (bien sûr) la participation d’Etats non membres aux programmes ad hoc de l’Agence ou gérés par Occar (autrement dit de la Turquie) ainsi que la diffusion d’informations « top secret » en provenance de l’Agence vers ce(s) pays. La discussion suivante au niveau des ambassadeurs (Coreper) et des conseillers Antici dans le courant de l’année 2010 et début 2011 n’aboutit pas plus.

… Et solution de compromis

Le compromis proposé – et qui devrait être approuvé dans les groupes de travail – précise le consentement de l’organisation d’origine à la diffusion d’informations couvertes par le secret, et rappelle la règle de l’unanimité nécessaire en cas de communication de telles informations. Il prévoit également une clause de révision si un Etat non membre de l’UE devient membre de l’OCCAR. Enfin, il supprime toute référence à la participation aux programmes de l’Occar ou de l’Agence, les règles internes de procédure de ces organisations étant suffisantes.

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Barroso plaide pour des liens renforcés entre l’UE et l’OTAN

(crédit : Commission européenne)

(B2) José-Manuel (Barroso) a rencontré lundi après-midi Anders-Fogh (Rasmussen), pour discuter des relations UE-OTAN et de la préparation du prochain Sommet de l’OTAN qui se tiendra à Chicago, a-t-on appris auprès de son porte-parole. Le président de la Commission européenne et le Secrétaire général de l’OTAN ont tous deux convenu « l’UE est un partenaire unique et essentiel pour l’OTAN » et qu’une « Union européenne active et efficace contribue à la sécurité globale de la zone euro-atlantique » ; les deux organisations « peuvent et doivent jouer des rôles complémentaires et se renforcent mutuellement pour soutenir la paix et la sécurité internationales » ont-ils souligné.

La coopération sur les théâtres d’opération, comme au Kosovo ou en Afghanistan, ont été abordées ; la continuité de la présence européenne après 2014 dans ce dernier pays restant un sujet de préoccupation. Barroso a, également, réitéré l’engagement de l’Union européenne à développer des synergies entre les initiatives de renforcement des capacités militaires des deux organisations : « Smart défense » et « pooling and sharing ».

NB : aux dernières nouvelles, Lady Ashton est toujours en charge des questions de sécurité et défense commune. :-)

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Dernières nouvelles de la piraterie (1er avril)

(BRUXELLES2)

Un bateau-mère pirate intercepté

Le navire espagnol de soutien de l’opération européenne anti-piraterie (Eunavfor Atalanta), Il «Patino» a intercepté,  le 27 mars, un navire, identifié comme étant le Yemeni 39, et qui figure sur la liste des dhows et boutres soupçonnés de piraterie, oeuvrant généralement dans le sud de la Mer d’Arabie. Il aurait notamment participé à l’attaque sur le « Blue Diamond ». Deux fusils d’assaut AK-47, deux lance grenades RPG et un fusil ont été découverts à bord. Et 16 pirates suspects ont été arrêtés, puis transférés sur le navire espagnol. Aucune preuve n’ayant pu être retenue contre eux, les différents Somaliens ont été débarqués sur la côte nord de la Somalie tandis que le maitre mécanicien du dhow sera remis aux autorités du Yémen au nord de l’île de Socotra, précise-t-on du côté espagnol.

(crédit : marine française / DICOD)

Des VPD Burundais formés

25 militaires burundais viennent d’être formées aux subtilités de la protection embarquée (EPE) par les marins français de l’Aconit et l’EPE estonienne.

Cette instruction s’est déroulée en deux temps, à Mombasa au Kenya, les 16 et 17 mars. Une partie s’est déroulée à quai, à bord de l’Aconit pour la partie théorique et sur un porte conteneurs régulièrement affrétés par l’AMISOM et le Programme alimentaire mondial (PAM), pour la partie pratique. Lors de la première journée, les différents aspects de la piraterie, l’organisation d’une équipe de protection et les différentes situations et réactions possibles ont été abordés. La deuxième journée à bord du porte conteneurs a permis de mettre en situation l’équipe de protection burundaise en les confrontant à une attaque de skiff puis à un assaut sur le navire.

Cette formation va permettre à l’AMISOM de disposer de ses propres équipes de VPD pour protéger les navires qui font la navette entre le Kenya et la Somalie pour acheminer son ravitaillement.

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Grizzly 2 s’envoie en l’air en Amérique latine…

(crédit : Airbus Military)

L’avion européen de transport, l’Airbus A400M effectue ces jours-ci une tournée en Amérique latine. C’est sa première sortie sur ce continent. Et l’occasion également de tests en haute altitude. Grizzly 2 – un des cinq appareils construits par Airbus military – a atterri d’abord à Santiago du Chili le 23 mars. Piloté par Ignacio “Nacho” Lombo, il s’est ensuite dirigé vers Cochabamba en Bolivie, un aéroport situé à 2550 mètres.

La 1000e heure de vol

Le temps de revenir au FIDAE Airshow de Santiago, a permis de franchir une étape importante, celle de la 1000e heure de vol. Après l’étape de Lima au Pérou, la destination de la Paz en Bolivie était une escale intéressante, à plus de 3.960 m.

Nacho Lombo connait un peu le terrain. C’est lui qui avait atterri aux commandes d’un Airbus A380 pour la première fois, en 2008.

La seconde série en assemblage, un appareil livré à la France en 2013

La seconde série des A400M a commencé à être assemblée sur la ligne d’assemblage d’Airbus Military à Seville (Espagne). L’intégration des ailes sur le modèle MSN8 a déjà commencé en février, a précisé l’industriel. Le reste des autres composants du second A400M destiné à être livré à l’armée de l’air française sont arrivés à Séville à la mi-mars. Des éléments fabriqués dans trois pays : de Saint Nazaire (France) pour le nez de l’appareil, de Brême (Allemagne) pour le fuselage, de Stade (également en Allemagne) pour l’aileron vertical, du site de Tablada (Séville) pour l’aileron horizontal. Cet appareil devrait être livré l’année prochaine (2013) à la France.

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Le chef d’Etat major belge claque la porte

Le général Delcour en visite aux pilotes des F-16 déployés en Grèce sur la base d'Araxos pour l'opération Unified Protector de l'OTAN en Libye (Crédit : armée belge)

(BRUXELLES2) C’est désormais officiel. Le général Charles-Henri Delcour claque la porte comme chef d’Etat-Major des forces belges et a remis très officiellement sa démission au Premier ministre, Elio Di Rupo, comme le relate le quotidien flamand De Morgen.

Une démission « retenue » jusqu’à là

Ce n’est pas une totale surprise pour ceux qui suivent de près la Défense belge. Entre le ministre et son chef d’Etat-Major, l’entente était loin d’être parfaite. Selon nos informations, le chef d’Etat-Major avait déjà proposé, il y a quelques mois, sa démission – ou du moins en avait parlé de façon suffisamment précise pour qu’elle soit prise très au sérieux. Mais l’état politique du pays – avec un gouvernement provisoire – avait repoussé cette décision. Les divergences ne manquaient pas. Les coupes budgétaires successives comme l’équipement de l’armée et un engagement toujours plus soutenu au niveau international avaient été autant d’occasion d’afficher, plus ou moins discrètement, il y avait nombre de sujets de friction. La politique de nominations des officiers généraux a été la goutte d’eau qui a fait déborder un vase déjà bien plein.

Equipements, engagements à l’étranger, les motifs de dissension ne manquaient pas

Il y a un an, on se rappelle également de coups de sang de Delcour protestant contre les décisions qui ne permettaient plus à l’armée de maintenir son haut niveau opérationnel, selon lui. Plusieurs notes « fuient » alors dans la presse. Le quotidien flamand De Standaard s’en fait l’écho notamment. La faiblesse des investissements et du budget belge est évoquée sans ménagement. De même que certains choix. L’équipement d’un chasseur de mines aux dépens des véhicules de l’armée de terre est critiqué.

Le déploiement de troupes à l’étranger, qui ne peut être soutenu à un rythme aussi soutenu, est aussi dans la loupe du patron des armées qui a, apparemment, pas vraiment digéré d’être mis devant le fait accompli de l’engagement en Libye. Dans la foulée, le chef d’Etat-Major propose de mettre fin à l’engagement au Liban (Finul II) et au Congo (avec la mise à disposition d’un C-130 de la Monusco). Cette dernière décision sera « retoquée » par le Conseil des ministres ; de même que sa proposition sur le Liban, les Belges retirant une partie de leurs forces et se recentrant sur le déminage.

NB : comme tout est politique en Belgique surtout à un haut niveau de nomination, à l’opposé de l’échiquier politique du ministre CD&V (chrétien démocrate flamand), le PS francophone ne portait pas non plus en odeur de sainteté le chef d’Etat-Major qui portait tout le poids d’une restructuration – suppression de bases, diminution des effectifs, recentrage des missions.

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Battlegroup, un problème, chronique ?

(BRUXELLES2, exclusif) Les « trous » dans le planning des battlegroups commencent à être criants. C’est bien simple : il est plus facile de compter les « tours de garde » pris (les « slots » en langage d’expert) que les absences. Les spécialistes du sujet qui se réunissent le 19 avril prochain – pour la traditionnelle conférence de coordination des battlegroups – auront fort à faire.

Un seul battlegroup de permanence au lieu de deux

Pour 2013 (comme pour ce premier semestre 2012), il n’y aurait ainsi qu’un seul battlegroup de permanence (au lieu de 2) à chacun des semestres concernés. Même chose au premier semestre 2014 (la Suède qui devrait prendre la permanence a apparemment reporté sa participation à l’année suivante). Quant au planning des années suivantes (de 2015 à 2017), cela n’est pas un planning… mais une vaste feuille blanche parsemée de quelques tâches noires, rares… C’est bien simple, selon un militaire participant de près à l’élaboration du planning, « nous avons seulement 2 slots qui sont pourvus sur un total de 10  » !

Mais pourquoi aussi peu ?

Cependant les Etats membres ne renient pas le concept. Selon une étude qui va être discutée devant les ambassadeurs des « 27″ du Comité politique et de sécurité (COPS), il n’y a pas de dédain ni de manque de volonté. Tous les Etats membres soutiennent à la fois le principe et le concept des battegroups. Celui-ci est en effet considéré non seulement comme un outil de réaction rapide de l’Union européenne mais aussi (et surtout) comme un outil de la transformation des armées. Bref, indispensable à toute réforme et toute armée. Le fait qu’ils n’aient pas été employés, un fait abondamment relayé dans la presse, ne joue pas dans cette détermination. Apparemment il n’y a donc pas de problème politique. Chacun interprète au besoin différemment les dispositions des Battlegroups, les adaptant à la donne nationale.

En fait, ce qui freine les Etats membres, ce sont … les finances. L’implication dans un battlegroup ne représente pas une charge mineure. Et quand on a affaire à des problèmes financiers par ailleurs (comme en Grèce, Portugal, Roumanie ou Hongrie) ou à des engagements massifs outre-mer (Royaume-Uni…), la question ne peut être éludée… L’idée qui pourrait être retravaillée serait autour de « niches » capacitaires, permettant de mettre en place certains fonctions dédiées de réaction rapide, comme le soutien médical. On peut penser, sans conteste, au projet d’hopital de campagne (mené par l’Italie dans le cadre de l’Agence européenne de défense).

Commentaire : On n’est pas loin ainsi de la spécialisation, envisagée un moment, comme une piste à une meilleure organisation des forces européennes. Le chemin est encore long…

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Un expert nucléaire finlandais passe à l’Est

le premier réacteur EPR nouvelle génération à Olkiluoto (crédit : Areva)

(B2) Jukka Laaksonen, aujourd’hui à la retraite va travailler pour le groupe nucléaire russe Rosatom. Son nom ne vous dit sans doute rien. Ce n’est cependant un total anonyme. Laaksonen était jusqu’à il y a quelques semaines encore, en janvier, tout simplement le responsable de l’autorité nucléaire finlandaise (STUK). A ce titre, il avait accès à peu près tous les dossiers, notamment celui de la centrale EPR nouvelle génération en cours de construction par Areva à Olkiluoto.  Dire que cela « em…bête » un peu le groupe français serait minimaliste. Areva craint notamment de voir ainsi révéler quelques secrets industriels à un de ses potentiels concurrents, comme l’est le le groupe russe Rosatom. Ce qui est plus inquiétant est que cette pratique semble plutôt courante en Finlande où n’existe pas de règle très stricte pour le pantouflage des responsables administratifs ou politiques, ainsi que le rappelle notre confrère Kaleva. Chacun a en tête l’exemple de l’ancien président de la république, social démocrate, Paavo Lipponen, devenu conseil du projet russe de transport de gaz, Nord Stream.

NB ! On parle bien ici de nucléaire civil. Et non de nucléaire militaire.

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