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Un bilan des monuments culturels détruits en Ossétie du Sud

Une nouvelle carte de l’UNOSAT montre les destructions
aux monuments culturels dans la princpale zone de conflit au nord de Tskhinvali en Ossétie du Sud, à la suite du conflit armé entre Russes et Géorgiens. Au final : 3 bâtiments ont été sévèrement
endommagés ou totalement détruits, un site un dommage possible dans le toit. 11 sites n’ont pas de dommages visibles, bien que 6 soient dans une zone proche de batiments endommagés par le
conflit.

(original anglais)
Damage Summary Findings:
– 3 sites have buildings which are either severely damaged or destroyed;
– 1 site has possible damage to the roof;
– 11 sites have no visible damages, however 6 are located within 100 meters of buildings which were damaged in the conflict and thus may have less-severe damages.

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Un Allemand à la tête d’EUMM Georgie, secondé par un général français


C’est un diplomate allemand, Hansjörg Haber, qui va prendre la tête de la
mission EUMM Georgie (et non un candidat bulgare comme mentionné un moment). Il aura comme adjoint un Français, le général
Gilles Janvier.

Hansjörg Haber était jusqu’ici en poste à Beyrouth, assurant ainsi la liaison avec la mission Unifil de l’Onu au Liban. Ayant été conseiller politique à Ankara (1992-1996) et ambassadeur à
Moscou (1999-2002), directeur adjoint puis directeur du département opérations de maintien de la paix au ministère des affaires étrangères à Berlin (1996-1999, 2002-2006), c’est un peu l’homme de
la situation. Il  maitrise à la fois le concept de gestion de crises et le contexte régional. Agé de 55 ans, il parle aussi le russe et le turc, avec des connaissances de Farsi et de certaines
langues arabes. Ce qui est plutôt utile dans la région, ou avec les pays avoisinants. (Cv complet ici)



Le couple franco-allemand aux commandes du conflit en Géorgie
Avec la nomination du français Pierre Morel, anciennement représentant spécial en Asie centrale, au poste de représentant spécial sur le conflit géorgien (Cv ici), c’est donc le couple franco-allemand, qui se retrouve aux commandes de l’opération. Ce qui semble logique d’un
point de vue politique, vu l’engagement de ces deux pays, l’Allemagne très tôt dans la crise, la France plus tard en tant que présidence de l’UE, aboutissant à un cessez-le-feu puis un accord de retrait. C’est aussi un « juste »
équilibre pour l’Allemagne qui n’a plus de citoyen – avec le départ de Jürgen Scholz comme commandant d’Eupol Afghanistan – ni comme représentant spécial de l’UE dans un pays en crise ni à la tête
d’une mission civile ou militaire PESD.

(photos : ministère allemand des affaires étrangères – conseil de l’UE – mis à jour 22h)

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La semaine diplomatique se poursuit à New-York et Londres

Après la réunion de ce lundi 15, à Bruxelles, des 27 Ministres des affaires étrangères pour leur réunion ordinaire, la semaine se poursuit chargée pour l’Europe de la défense. Précisons que les 27
(ou 26) ont donné leur feu vert à la mission d’observation EUMM Géorgie, au lancement d’une mission de coordination sur la piraterie maritime EU NAVCO en Somalie ainsi qu’à la participation des Croates à l’opération
Eufor Tchad
(lire conclusions).


Certains ministres vont se retrouver ensuite à New-York où se déroule le
Conseil de sécurité de l’ONU. Avec des questions fondamentales à l’ordre du jour : le Tchad (le 19 et le 24 septembre), l’Afghanistan (le 18 septembre).

Quid de la Minurcat au Tchad et après l’Eufor ?
-  Une réunion privée avec les pays contributeurs de troupes à la Mission des Nations Unies en République centrafricaine et au
Tchad (MINURCAT) aura lieu le 19 septembre au matin.
– Javier Solana, le Haut Représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune de l’Union européenne fera un exposé, le 24 septembre, sur les activités de la Force de maintien de la paix
de l’Union européenne (EUFOR), au Tchad et dans la partie nord-ouest de la République centrafricaine et présentera son rapport à mi-mandat. Le Conseil de sécurité se prononcera sur le
renouvellement du mandat de la MINURCAT (celui-ci se termine en effet le 25).

La mission de l’ISAF Afghanistan en question ?
– Le 18 septembre, toujours à l’Onu, il y aura une discussion qui pourrait être importante sur la reconduction de la mission de l’Isaf en Afghanistan. Le mandat de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) en Afghanistan expirant en octobre prochain (Il sera intéressant de
voir la position des Russes ou des Chinois, après les incursions américaines au Pakistan et les victimes civiles).



Pendant ce temps, les Ministres de la Défense de l’Otan se retrouveront pour une réunion informelle à Londres, le 18 septembre. Au menu : le renforcement des capacités mais surtout les possibilités de réaction après le coup de force russe en Géorgie et le traitement des
futures adhésions, ainsi que la situation en Afghanistan (les ministres de la défense se retrouveront à Budapest à la mi-octobre).

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Une base antimissile Us en Bulgarie ?

Après la Pologne ou la République tchèque, les Américains réfléchissent à implanter une partie de leur bouclier antimissile en Bulgarie. Selon une source militaire grecque, citée par les journaux bulgares, « les tests techniques et
balistiques effectués par les militaires américains, démontrent que les missiles lancés éventuellement par l’Iran seraient le plus facilement interceptés depuis le territoire bulgare ».

Tiens tiens ! On se compte à l’évidence géographique. Une évidence clamée sur tous les toits par les Russes (et notamment son ambassadeur à l’Otan, l’inneffable Rogozine). Un peu dans le vide, il
faut dire. A moins que la réalité soit plus subtile. Les Américains ne viendraient-ils pas de découvrir la Bulgarie tout bonnement parce qu’elle proche de la Géorgie ?

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Offres en pagaille pour Eumm Géorgie

Plus de 300 personnels disponibles. C’est le chiffre auquel on arrive quand on totalise toutes les offres faites – par écrit ou oralement, au Cops ou au Conseil – par les Etats membres pour la
nouvelle mission EUMM Géorgie. Une telle avalanche d’offres de contribution, aussi généreuse, peut surprendre quand on connaît la pénurie dont souffrent certains Etats membres ou certaines missions
actuelles pour atteindre leurs effectifs (Eulex au Kosovo dans un temps, Eupol Afghanistan ou Minurcat au Tchad aujourd’hui par exemple). « Tout le monde veut participer. Il y avait presque de
la concurrence pour voir qui envoyait le plus d’hommes »
, a commenté le ministre finlandais des affaires étrangères, Alexander Stubb.

Détail des premières offres (selon les chiffres que j’ai pu recueillir et qui devrait encore évoluer):
86 Français (un escadron de gendarmerie mobile + 26 administratifs)
40 Allemands,
40 Italiens (carabinieri)
30 Polonais (10 policiers et 20 militaires)
30 à 40 Roumains
20 ou 45 Britanniques (selon les sources, Milliband a parlé de 10%)
27 Suédois
10 Belges
10 Espagnols
10 Hongrois
15 Bulgares (ministère de la défense et ministère de l’intérieur)
10 Lituaniens
10 Tchèques
20 Finlandais et Danois (contribution commune).

Des offres à concrétiser. On verra, dans quelques jours, si ces avances sont vraiment concrétisées ou si les personnels. « Annoncer c’est souvent assez facile. Mais il faut pouvoir
ensuite trouver les personnels, prêts à partir dans les jours qui suivent, pour quelques mois »
explique un expert européen. Encore faut-il que leur profil réponde aux réels besoins de la
mission ou du chef de mission. « Je doute que toutes les offres soient vraiment sérieuses : combien de gendarmes français et carabinieri italiens parlent le Russe, ce qui semble un minimum dans
la région »
.

Pour la mission EUMM Géorgia (comme en témoigne le mandat de l’Action commune, adoptée le 15 septembre), il ne s’agit pas, en
effet, vraiment d’envoyer des forces de maintien de l’ordre, mais davantage des personnes propres à assurer le recueil des informations, leur évaluation, et noter les incidents – . En clair, on a
besoin de davantage d’enquêteurs ou d’agents de renseignements que de gros bras, avec des boucliers et des casques. Même si l’effet « dissuasion » peut être important dans une région où circulent des
militaires (Russes, Géorgiens, milices ossètes). A moins que ne soit cela l’effet recherché. Dans ce cas-là, on sera plus proche d’une mission « militaire » que « civile ».

L’explication de cette avalanche. On peut y voir trois causes. D’abord montrer aux yeux de son opinion publique : montrer qu’on est là, présent. Cette course à la plus grosse contribution
(voir les chiffres de la France, Allemagne, Italie) recèle aussi un enjeu plus interne : obtenir le leadership de la mission. Enfin, il faut noter que – pour certains pays – cette offre recouvre -
comme l’a précisé le ministre Kouchner – les trois missions ONU, OSCE, UE. En clair, si on n’arrive pas à augmenter les effectifs Osce, on augmente les effectifs UE (l’accord avec les Russes mentionne bien « au moins 200 observateurs »). Seul hic : le budget de la mission est taillé pour 200
observateurs. Il faudrait donc l’augmenter dans cette hypothèse.

On peut remarquer que les plus hardis pour une sanction ne sont pas vraiment les plus « haussiers » dans leur offre. A moins qu’elle ne soit plus réaliste.

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Le mandat d’EUMM Géorgie, détails et texte

Le Conseil des Affaires extérieures a donné, le 15 septembre, le feu vert à une mission d’observation de l’Union européenne en Géorgie (EUMM Géorgie), en approuvant l’Action commune (paru au JO le 17 septembrei) comme le Concept d’opération (Conops).

L’action commune – c’est important – car c’est ce qui donne le cadre juridique et politique – à la mission. A ce document est attaché une annexe financière, qui est aussi vitale pour connaître la
réalité des moyens et équipements budgetés.
 
Mandat. « Eumm Géorgie » a pour mandat d’assurer une « observation civile des actions des parties » – notamment du « respect intégral à travers la Géorgie de l’accord en six points » -
intervenue entre l’Union européenne, la Russie et la Géorgie le 12 août – et des mesures de mise en œuvre, décidées le 8 septembre, par la troïka européenne et le président russe, et de contribuer
à « la stabilisation, à la normalisation et à l’instauration d’un climat de confiance ». Elle vise ainsi à court terme, à assurer la stabilisation de la situation, et à plus long terme, à contribuer
à la « stabilité dans l’ensemble de la Géorgie et dans la région limitrophe ».

Nb : finalement c’est le terme « à travers la Géorgie » « ensemble de la Géorgie » (throughout Georgia, en anglais, ganz » en allemand, « w calej » en polonais) qui a été préféré à un terme plus général
« en géorgie » « in georgia »). Une discussion a eu lieu, le 15 au matin, entre ambassadeurs a permis d’éclaircir ce dernier point (voir aussi l’article sur la zone d’action).

Actions. La mission vise trois actions principales :
– la stabilisation : observer, analyser et rendre compte sur la situation du processus de stabilisation, centré sur la pleine application de l’accord en six points, sur le retrait des
troupes, la liberté de mouvement et les actions d’éléments perturbateurs, ainsi que les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.
– la normalisation : observer, analyser et rendre compte sur le processus de normalisation en matière de gouvernance civile, en se concentrant sur l’Etat de droit, le renforcement de
l’application de la loi et le maintien de l’ordre public. La mission a pour vocation aussi de veiller à la sécurité des liaisons de transport, des infrastructures d’énergie et services politiques,
ainsi qu’aux aspects politiques et de sécurité du retour des personnes déplacées et réfugiés.
– le retour de la confiance : apaiser les tensions, en faisant la liaison et facilitant les contacts entre les parties
La mission doit également contribuer à la formation de la politique européenne et d’un engagement futur de l’UE

Durée. La mission a une durée d’un an. Avec un point d’évaluation à mi-mandat, six mois (ce qui est classique).

Déploiement. Le déploiement commence « en septembre », la pleine capacité opérationnelle devant être atteinte au 1er octobre au plus tard. L’accord signé entre Européens et Russes, le 8
septembre, prévoit en effet que le « retrait complet des forces de paix russes hors des zones adjacentes à l’Ossétie du Sud et à l’Abkhazie (…) se déroulera dans les dix jours du déploiement dans
ces zones des mécanismes internationaux y compris d’au moins 200 observateurs de l’UE, qui devra intervenir au plus tard le 1er octobre 2008 ».

Coordination. « EUMM Géorgie » travaillera en étroite coordination avec les autres partenaires, notamment les Nations-Unies (l’ONU a déployé depuis 1992 une mission en Abkhazie, la Monug) et
avec l’Osce (dont certains observateurs sont présents en Ossétie du Sud).

Personnel. La mission sera composée de 231 experts internationaux – 200 observateurs et 30 personnels de soutien – et de 30 employés locaux (conducteurs, traducteurs, assistants). Les
experts seront fournis par les Etats membres ou les institutions européennes (Conseil, Commission), sous forme de personnel détaché. Des Etats tiers pourraient participer à la mission. Un
recrutement complémentaire pourra être effectué – sur base de contrats – pour certaines fonctions (soutien logistique et administratif et sécurité). Afin d’accélérer le déploiement, les équipes
d’observateurs arriveront « pré-équipées » par leurs Etats-membres dans la zone. (voir les offres des Etats membres)

Commandement.
Le « contrôle opérationnel » de la mission appartient au directeur de la Capacité civile de planification et de conduite (CPCC) au Conseil de l’UE, Kees Klompenhouwer ; le
commandement et le contrôle sur le terrain sera assuré par le chef de mission.

Financement. La mission a un coût de 31 millions d’euros (en année pleine) : 12 millions pour les salaires (chef de mission, contractuels, employés locaux, indemnités d’expatriation…), 8,8
millions d’euros pour les coûts de fonctionnement (transport, communications, sécurité, service médical…), 8,5 millions d’euros pour les coûts d’équipement (véhicules, ordinateurs, équipements de
sécurité, trousse de premier secours…), 0,8 millions pour les frais de missions (transport, hôtels…) ainsi que 0,8 millions de réserve.

Salaires. Le chef de mission devrait toucher 18 000 euros par mois. Les personnels détachés seront pris en charge pour partie par leur Etat ou institution d’envoi (salaire de base, frais
médicaux, transport) ; pour partie sur le budget européen (per diem – 50 à 118 euros par jour environ suivant le lieu – + frais de logement – 50 euros par personne).

Etablissement. Le quartier général sera établi à Tbilissi, assurant les fonctions de commandement, de contrôle et de soutien à la mission. Des bureaux de districts seront mis en place de
façon à couvrir géorgraphiquement toute la zone (Gori, Zugdidi, Poti…). Un petit élément de soutien restera localisé à Bruxelles.

Timing. Cette mission a été préparée en un temps record. Après le Conseil des ministres des Affaires étrangères du 13 août, le Comité politique et de sécurité (COPS) a ainsi siégé quasiment
toutes les semaines, ainsi que d’autres groupes du Conseil (Relations extérieures, gestion de crises civiles, ….) afin d’accélérer la mise au point des différentes options et documents officiels
préalables à cette décision. Des réunions informelles ou de travail étaient même organisées durant certains week-end. Le feu vert décidé au Conseil européen le 1er septembre, a permis
d’officialiser l’essentiel des travaux.  Le COPS a ainsi approuvé le 2 septembre le concept de gestion de crises. Et une mission exploratoire a pu être déployée le 2 au 6 septembre. Le 3
septembre, le Conseil a approuvé les « mesures préparatoires d’une possible mission PESD ». Le 10 septembre, le Cops a approuvé le Concept d’opération (Conops). Le 11 septembre, une lettre du
gouvernement de Géorgie invitait formellement l’UE à déployer la mission PESD.

(article paru dans Europolitique)

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EU NAVCO, la nouvelle opération militaire de coordination navale Somalie

Nom de code : EU NAVCO. Ca y est. La situation en Somalie et au large de ses côtes préoccupe « gravement » le 27 Ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne. Ils ont donc avalisé, le 15 septembre, la mise en place d’une « cellule de coordination » militaire, au sein de l’Etat-major de l’Union européenne, dénommée « EU NAVCO » (lire les conclusions).

Mission: « soutenir les actions de surveillance et de protection menées par certains Etats membres au large des côtes de la Somalie ». Ce dans le cadre des résolutions 1814 et 1816 du Conseil de sécurité des Nations-Unies qui organisent la lutte contre la piraterie, protection des navires affrétés par le Programme alimentaire mondial (PAM).

Effectif : commandé par un capitaine de vaisseau espagnol, elle comprendra trois autres personnes : un capitaine de frégate français (déjà présent), un officier chypriote (qui arrive en fin du mois) et un sous-officier qui doit être nommé.

Coût : 15 000 euros (le plus faible coût d’une opération européenne). Chaque Etat prend en effet en charge les salaires de son personnel. L’Etat-major de l’UE est déjà installé. Il ne s’agit que des coûts marginaux.

Et maintenant : l’action commune qui sert de base juridique à l’action devrait être approuvée par procédure écrite le 19 septembre. Mais surtout les 27 (ou plutôt les 26 – le Danemark ne prend normalement pas part au vote quand il s’agit d’une opération militaire) ont « approuvé une option militaire stratégique portant sur une éventuelle opération navale militaire de l’Union européenne. » Et ont demandé à ce que les travaux de planification « progressent rapidement ».

Quelles options militaires ? Interrogé par les journalistes, Bernard Kouchner, le ministre français des Affaires étrangères, qui présidait le Conseil a, été plutôt flou, semblant noyer le poisson.. « Il n’est pas question d’avoir une escadre sur place ou d’attaquer les pirates. » a-t-il expliqué. Et d’ajouter « Ce n’est pas simple de protéger toutes les zones de pêche. La zone à couvrir est très large, elle ne couvre pas seulement la Somalie ». Et les pirates sont  « rusés, bien organisés, avec un bateau central et des bateaux rapides qui fondent sur leur proie« .

Au regret de devoir contredire notre vaillant ministre des Affaires étrangères qui avait apparemment autre chose à faire que s’occuper de quelques pêcheurs aux prises avec des pirates dans l’Océan indien, on peut dire qu’effectivement:

1° Une option militaire est à l’étude, ou plutôt trois, qui font partie des « options militaires stratégiques » (voir comment se passe une planification). 1ère option = « dissuader » et arrêter les pirates ; 2e option = protéger les bateaux marchands et autres bateaux en leur assurant une escorte ; 3e option = option 1 + option 2. C’est cette troisième option qui aurait la faveur des Etats membres.

2° Le capitaine espagnol et son homologue français sont déjà à pied d’oeuvre à l’Etat-major à Bruxelles. Une dizaine d’Etats membres soutiennent une opération et sont prêts à y contribuer en bateaux (France, Espagne, Allemagne, Pays-Bas) ou/et hommes (Chypre, Belgique, Bulgarie, Suède, Italie, Estonie…).

3° Plusieurs experts du Conseil de l’UE sont en partance pour Djibouti, afin d’étudier – avec les Français qui y disposent d’une base permanente – les modalités pratiques d’établissement d’un Etat-major de force (FHQ) ainsi que les modalités logistiques et d’en évaluer le coût.

4° Quant au quartier-général de commandement, l’OHQ, les Européens sont divisés. Certains Etats-membres seraient pour utiliser celui de l’Etat-Major de l’UE, à Bruxelles, beaucoup plus pratique, l’autorité politique et budgétaire étant plus proche, cela « facilite bien des choses et évite bien des déplacements » explique un diplomate européen. Il n’est que de voir les difficultés qu’a l’OHQ Tchad au Mont Valérien. Les Britanniques préféreraient que ce soit leur OHQ de Northwood qui sert aussi d’Etat-Major marine pour l’Otan. Mais sans susciter pour l’instant de fol enthousiasme.

L’objectif est de faire vite. Pour des raisons juridiques : le mandat de la résolution 1816 se termine début décembre ; en obtenir le renouvellement ne devrait pas poser trop de problème ; encore faut-il justifier avoir fait quelque pas. Pour des raisons concrètes : le nombre des attaques, l’équipement des pirates et leur audace ne cesse de croître. Fin septembre, la protection canadienne des bateaux du programme alimentaire mondial (PAM) cesse. Qui va les remplacer ? Personne ne s’est encore porté volontaire…

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Réforme de sécurité: projets « sapin de Noël », beaux mais peu efficaces

C’était à un séminaire organisé par la présidence française de l’Union européenne, vendredi à Bruxelles. Plusieurs experts de la Commission, du Conseil, des Ongs, étaient venus plancher sur le
soutien à la réforme des services de sécurité (SSR en jargon). Des considérations parfois banales, d’autres plus intéressantes. Notamment un expert du Conseil – sous condition de l’anonymat – a
décrit certaines contradictions de ce type de réforme prônées par l’Union européenne. Direct. Brut de décoffrage

1° la planification : dire que le système SSR ne fonctionne pas, n’est pas conforme aux critères démocratiques, c’est très bien. Mais ensuite, qu’est-ce qu’on fait ? Pourquoi, comment cela
ne fonctionne pas ? Les salaires impayés dans l’armée, ce ne sont pas seulement de vagues condisdérations politiques mais des problèmes précis à résoudre : organiser la chaine reporting et de
commandement, la chaine de paiement, etc. C’est tout cela qu’il faut définir, organiser, mettre en place. Si les politiques doivent donner l’impulsion, le cadre, il faut ensuite des experts à même
de traduire ces directives générales sur le terrain. (…) Pour cela aussi, il faut une base de données d’experts de la SSR. Et ensuite les entraîner. Pour que les concepts et procédures Ue leur
soient connues. Et que l’expertise des experts soient aussi connues des structures UE. Il y a une réciprocité nécessaire.

2° La coordination. Vue de l’intérieur, la coordination est « assez compliquée » avec la Commission européenne. Au Congo, on a vu que ca pouvait être amélioré. Il faut réfléchir à de nouvelles
étapes : pourquoi une mission Pesd ne pourrait pas être l’agent d’exécution d’actions décidées par la Commission européenne. Il faut aussi améliorer la coordination avec les autres acteurs. Il y a
du travail pour tous. Il faut être réaliste. Tout le monde parle de coordination. Mais personne ne veut être coordonné. Les logiques bureaucratiques, pour ne pas parler de logiques personnelles,
font que c’est difficile. (…) Il existe aussi des réticences – compréhensibles – du coté des Ongs à ne pas s’afficher aux cotés d’une mission présentée comme militaire. Mais il faut comprendre
que pour éviter l’exaction par l’armée est de faire que les conditions de vie dans les unités soient meilleures – car les exactions sont souvent le fait des armées « officielles ».

L’appropriation locale (local ownership). C’est un problèmes plus politique : l’équilibre n’a pas vraiment été trouvé. Ma définition serait une « appropriation par les autorités locales
de propositions qu’on leur fait ». Mais on a affaire plutôt à une « appropriation par l’UE de proposations faites par autorités locales » sans se poser la question de savoir si ces solutions sont
praticables et utiles.

L’armement des forces. On mentionne souvent qu’il « n’y a pas développement sans sécurité mais, en même temps, on estime que c’est « vilain » de financer le secteur militaire. Or il y a
une réelle question de financement. Conseiller une ou deux  brigades et dire qu’on ne peut pas les équiper est contradictoire. Ces unités – une fois qu’on ne les a pas incuqléus les principes
de droits de l’home – ne sont elles pas légitimes à avoir les moyens de leurs fonctions ?

Les projets « sapins de Noël ». Il faut à chaque objectif un projet. Si on rajoute un peu de droits des l’homme, du gender equity… (sur un projet SSR), cela fait beau, c’est sûr. C’est
comme des boules de Noël. Mais ce n’est pas efficace, car on arrive à un projet global lourd où chacun tire dans son coin. Un projet où on coche toutes les cases qui fera joli pour les conclusions
du Conseil, est-ce que cela a une cohérence interne, je ne suis pas sûr. Il faut réfléchir, se concentrer sur quelques objectifs précis, sans doute plus modestes.

Ce à quoi un expert de la Commission a rajouté une autre remarque

La rotation trop forte des effectifs. Les missions justice-police basées sur le premier pilier (communautaires, Commission européenne) ont l’avantage de pouvoir rester plusieurs années,
il faut du temps pour gagner la confiance et mener des projets localement. L’inconvénient des missions Pesd (2e pilier, Union européenne) est la rotation des effectifs. Rester 6 mois n’est pas
efficient. Il faut réfléchir à une manière de faire autrement.

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Défense: L’Europe ne coopère pas encore assez…

C’était au Parlement européen à une réunion de la sous-commission défense, jeudi dernier. Dans une conversation « aimable » sur les capacités de défense, quelques moments de franc parler valent le détour…

Une industrie trop fragmentée
« L’industrie européenne reste trop fragmentée, alors que nous assistons au développement de champions de taille mondiale » estime le spécialiste de la présidence française Jean-René Le Goff. « Cette concurrence n’existe pas seulement avec les Etats-Unis – où nous avons plutôt des coopérations. Nous assistons au développement très rapide de concurrents en Chine, en Inde, en Russie. »

Une coopération qui ne donne pas les fruits escomptés
« Les résultats de la coopération ne sont pas à la hauteur de ce qu’on espérait » précise ensuite le Français. « Les progrès sont minces. On ne fait pas de la coopération pour le plaisir. Ca doit être sous tendu par la recherche d’une meilleure efficacité. Nos efforts sont trop dispersés. La France a fait le choix d’un programme isolé. Je ne comparerais pas les malheurs du Rafale aux malheurs de l’Eurofgihter, ce sont des programmes couteux. Je suis sûr que si demain on avait un nouveau programme, on n’en aurait pas deux. Ce n’est plus possible. »

Un budget mal employé
« Ce n’est pas une question de montant » a renchéri Daniel Keohane, chercheur à l’Institut d’Etudes de sécurité de l’UE (l’agence de doctrine de l’Europe de la Défense). Le budget militaire n’est pas utilisé à bon escient. Nous gapillons souvent de l’argent sur des mêmes programmes. L’Europe a trois programmes « avions de chasse (Eurofighter, Rafale…) et une vingtaine de programmes de véhicules blindés. Est-ce vraiment nécessaire ?… Or le budget stagne. Et la demande de forces (employées à l’extérieur de l’UE) augmente.

L’Europe à la limite de ses forces
« Chaque année l’UE s’engage dans quatre opérations nouvelles, dont une militaire, sans compter les opérations Otan et Onu » précise Daniel Keohane. « Nous sommes prêts de la limite de 5%. Conséquence : une partie de nos budgets d’équipements est conacrée aux opérations. La difficulté est particulière au Royaume-Uni, où ces budgets souffrent d’une pénurie de 3 millions de £. Le phénomène n’est pas vraiment nouveau. La guerre au Kosovo avait déjà pointé de sérieuses lacunes en matière de capacités. » Recommandation de l’expert : il faut « mieux coopérer » sur les équipements, mais « aussi les formations » – cela coûte souvent deux fois plus cher que l’équipement – et sur les marchés publics. « L’expérience de l’article 296 n’a pas toujours été très heureuse« .

La discussion a aussi porté sur les futures directives en discussion. J’ai noté deux remarques intéressantes du représentants français

- sur le contrôle à l’exportation des armes et l’éventualité d’impliquer l’Agence européenne de Défense ? « On s’est posé la question. Pourquoi pas l’Agence ? Mais aujourd’hui, elle n’a pas les moyens de le faire. Peut on imaginer une agence plus développée, le faisant. L’agence a un avantage : avoir l’expertise technique et garantir l’indépendance. C’est peut-être une solution. Mais ce n’est pas mûr. Cela mérite réflexion. »

- sur l’insertion d’une « préférence communautaire » dans les marchés publics de défense : cette question pas tranchée, la Présidence de l’Union (française) et la France (en tant qu’Etat membre) n’ont pas la même position » a-t-il commenté en termes diplomatiques, précisant que « ce sujet risque de ne pas être consensuel au sein des Etats membres ». Et il y a des positions nationales différentes, influencées par l’industrie, qui elle même n’est pas une et divisible. Certains industriels sont favorables (à cette préférence communautaire), d’autres n’y sont pas. Cela dépend du type de business qu’ils développent et de l’ouverture du marché, qu’ils ont ou non avec les Usa ». En clair, le lobbying industriel joue à fond…

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Le Conseil Otan-Russie existe toujours… sur le site de l’Otan


… En pérégrinant sur
internet, je suis arrivé sur la page de garde de l’Otan. Et quelle est ma surprise de voir sur la page de garde, en bas, la mention du Conseil Otan-Russie.
En allant sur cette page, surtout en regardant le petit film, on a une impression d’un morceau d’histoire… lointaine et pas vraiment proche. Ecoutez le petit film mis sur le site, ca vaut le
détour. On a l’impression d’un film de propagande des années 1950. Il ne manque plus que la couleur sepia.
Curieusement, aucune mention n’est faite des déclarations « guerrières » de l’Otan ni de la « suspension » du Conseil Otan-Russie. Rien… Comme si rien ne s’était passé…

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Comment mange-t-on à l’Eufor Tchad, le guide des bonnes cantines

Comme la vie n’est pas toujours facile dans les sables tchadiens, voici une petite revue des cantines d’Eufor Tchad faites par les Français du 18e régiment .
Donc n’attendez pas que ce soit tout à fait objectif, ni très gentil pour les autres…

– Abéché (Camp des étoiles et BATLOG) : « depuis 24 août un nouvel ordinaire à été ouvert sur le camp – Génial. Il y a désormais le choix entre plusieurs entrées, le choix entre 3 plats
principaux, de nombreux laitages et des patisseries. Si rien ne convient il y a possibilité d’opter pour des paninis. Les jus de fruits et canettes fraiches sont à disposition. Même les petits
déjeuner sont désormais complets. »



– Iriba (zone nord) : Zone tenue par les polonais et donc nourriture polonaise (au secours)? C’est lourd et pas adapter à nos délicats palais de gourmet français. Un congélateur devrait être
mis en place afin d’y entreposer des produits qui conviendraient mieux à nos personnels.

– Gos Beida (zone sud) : La zone est tenue par les irlandais et la nourriture est de type américaines. De quoi vous dégouter des frites pour le restant de votre vie, mais c’est
mangeable.

– Forchana (zone centre) : Les personnels sont toujours en ration de combat, sauf le dimanche ‘jour de fête)

– Birao (Rép. Centrafricaine) : C’est un ordinaire amélioré, tout à fait convenable.

Les rations au Barbecue,

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Le chef de la mission « Somalie » serait un Espagnol chevronné…

Crédit : Conseil de l'UE

C’est un capitaine de vaisseau espagnol chevronné qui va prendre la tête de la Mission de coordination de lutte contre la piraterie maritime au large de la Somalie, que devrait décider le Conseil des MInistres des Affaires étrangères de l’Union européenne, ce 15 septembre, en application de la résolution 1816 de l’Onu. La décision doit encore être confirmée en Comité de politique et de sécurité ce 19 septembre.

Selon certaines sources (*), il devrait s’agit du capitaine de vaisseau, Andres Breijo Claur, un Galicien – qui n’est pas vraiment un novice… si les informations qu’on m’a données sont exactes. Il sera assisté d’un capitaine de corvette (niveau commandant) français. Tous deux sont déjà en place en fait à l’Etat-Major de l’UE.

Né à Affection (La Corogne) le 21 avril 1957, spécialiste en Électronique et diplômé de l’Etat-major des armées, Breijo a 27 années à son actif sur différents navires. Il a navigué ainsi sur les frégates Asturias, Cataluña et Extremadura et le destroyer Gravina, il a aussi navigué à bord du navire-l’école Juan Sebastián d’Elcano et du porte-aéronefs Prince d’Asturies avant de prendre le commandement des patrouilleurs Turia y Atalaya et de la frégate Cataluña. Il a été nommé en mars, commandant du tout navire emblème de la flotte espagnol, le premier à porter le nom du roi actuel, le « Juan Carlos Ier ».

Au niveau international, il était encore il y a peu à l’Otan, où il a oeuvré au Département d’Opérations du Centre de Direction Stratégique du quartier Général, au Shape à Mons et au QG Plans de Force dans la Division Stratégie et Plans de l’État-Major Conjoint (EMACON).

Gageons qu’avec un tel homme à la tête de la cellule de coordination, celle-ci pourra avoir une ambition à la hauteur des enjeux de sécurité actuellement en cause.

(*) Mis à jour 15 septembre : Quand j’ai mis en ligne cette information, dimanche, tout était au conditionnel. L’information est désormais confirmée du coté espagnol. Vous avez aussi tous les détails de la Mission EU NAVCO, ici.

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Attaque d’un thônier breton: « Pas de bateaux sur la zone » dit l’armée

Pourquoi la marine n’a pas pu intervenir dans l’attaque d’un thonier breton par des pirates ce samedi ? Voici la réponse du capitaine de vaisseau Prazuck, de l’Etat-major des armées : « Tout simplement car nous n’avions personne sur la zone (ni bateau ni avion). C’est le premier acte signalé aussi loin des cotes Somaliennes, plus près des Seychelles d’ailleurs que de la Somalie. Avec la distance, il aurait fallu plus d’une journée pour rejoindre la zone (NB : par mer). Jusqu’à présent les attaques des pirates se concentraient dans le Golfe d’Aden (plus de 70 ont été recensées depuis le début de l’année). C’est là que les navires de guerre français, américains, pakistanais patrouillent pour assurer la sécurité d’un corridor de navigation. De même qu’ils assurent – en relais avec d’autres pays (le Canada actuellement) – la sécurité des bateaux du Programme alimentaire mondial (PAM), plus au sud, qui amènent l’aide aux pays de la Corne de l’Afrique. (…) Jusqu’à présent, nous recommandions aux bateaux de naviguer au-delà des 200 miles (limite de la zone économique exclusive *), voire même des 300 miles.»

Quant à savoir si une telle action aurait pu être prévenue si une opération maritime de l’UE avait été déployée ou envisager un autre type d’actions, l’officier préfère réserver sa réponse, renvoyant sur les « décisions à venir de l’Union européenne ». Tout ce qu’il précise c’est que : « Tout l’océan indien n’est pas maillé et sécurisé par des navires de guerre ». Et « la résolution de l’ONU 1816 n’ouvre pas un droit particulier d’agir en haute mer mais uniquement dans les eaux territoriales. En haute mer, on agit – explique notre interlocuteur – davantage par dissuasion, avec des patrouilles, « en labourant la mer, en étant présents, ou en cas de flagrant délit. »

* et non territoriales comme mentionné un premier temps. Les eaux territoriales vont jusqu’à 12 miles des côtes (merci « Archibald » du rappel)

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