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Tir contre un hélicoptère européen d’Eunavfor

(BRUXELLES2) L’hélicoptère Lynx de la frégate néerlandaise Van Amstel aurait essuyé un tir de RPG ou d’un engin similaire jeudi matin au large des côtes somaliennes. Il effectuait alors un vol de reconnaissance au-dessus des côtes somaliennes, affirme le quotidien de Den Helder (Dha), qui est la base maritime des frégates aux Pays-Bas. Aucun blessé n’est à déplorer, affirme « Le Lynx a volé à haute altitude et n’a jamais été en danger », souligne la porte-parole de la défense néerlandaise, Marloes Visser. L’appareil venait juste d’être réparé, lire : Hélicoptère en panne, le SAV européen

 

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Rasmussen à Hollande: on s’téléphone la semaine prochaine, please !

Le colonel de Larouzière a succédé, le 7 mai 2012, au colonel Gouriou à la tête du groupement tactique interarmes (GTIA) en Kapisa, le BG Steel formé autour du 16e bataillon de chasseurs de Bitche prenant le relais du BG Tiger formé autour des chasseurs alpins du 27e BCA (crédit : DICOD / Ministère français de la Défense)

(BRUXELLES2) « J’ai eu Hollande au téléphone, hier. Je l’ai félicité et lui ai part de mon souhait de collaborer étroitement quand il aura pris ses fonctions ». D’emblée, Anders Fogh Rasmussen, le secrétaire général de l’OTAN a tenu à le souligner aux journalistes aujourd’hui (vendredi 11 mai) lors de son point de presse mensuel. Il s’agit de bien montrer que le contact est établi entre l’organisation militaire et le nouveau président français. Bien entendu, c’est la question du retrait français de l’Afghanistan fin 2012 qui taraude chaque esprit. Elle a été abordée « brièvement » a-t-il tenu à préciser. Mais nous avons convenu de poursuivre le « dialogue, la semaine prochaine, quand il sera investi ».

Officiellement, rien n’est donc changé au dispositif sur place ni à la planification de la fin progressive de la mission de l’OTAN (ISAF), dont le terme est fixé pour l’année 2014, avec transition dès 2013. Mais le secrétaire général a bien pris soin de ne pas condamner la position française ou de ne pas préjuger de l’avenir. Il a aussi indiqué espérer que les « Afghans pourront prendre davantage de zones en responsabilité » dans les mois à venir. « Ils deviennent chaque jour plus performants et confiants en eux mêmes ». Une phrase assez rituelle chez Rasmussen qui ne peut être traduite comme un éventuel changement de position mais traduit une inquiétude de la part de plusieurs responsables politiques : maintenant il faut faire vite et ne pas traîner.

La crainte d’un débordement

En fait, ce que craignent par-dessous tout Rasmussen et les responsables de l’Alliance, c’est un effet d’emballement. D’autres pays sont tout aussi soumis à une pression interne, et économique, et pourraient chercher ainsi à suivre la position française ou choisir de partir vite. Il sera d’autant plus intenable pour certains gouvernements de maintenir leur position face à leur opinion publique, alors que des coupes budgétaires sévères sont en cours. Du coup la pression pourrait être forte sur les forces américaines et britanniques, au premier chef, qui portent l’essentiel de l’effort combattant sur place (respectivement 90.000 et 9500 hommes) mais aussi allemandes ou italiennes qui forment les 3e et 4e contingent en importance (respectivement 4900 et 3800 militaires (*).

Des précédents

De toute façon, le secrétaire général de l’OTAN sait bien qu’il sera obligé d’accepter cette décision. La campagne électorale n’est pas en effet terminée, et renoncer ou amender aujourd’hui une position qui a été des points-clés et le plus visible de la nouvelle politique étrangère qu’entend mener F. Hollande constituerait une erreur politique du nouveau gouvernement. Coté français, on souligne aussi combien l’engagement de militaires dans une coalition multinationale ressort d’une décision d’abord, et uniquement, nationale. Il y a des précédents importants comme la décision espagnole prise après le changement de gouvernement (Zapatero) de se retirer de la coalition en Irak. Ou encore la décision néerlandaise de se retirer d’Afghanistan, prise là aussi après une inflexion gouvernementale (changement de majorité à la Chambre). A chaque fois, les alliés ont dû s’incliner devant pareille décision.

Les Français : 3300 hommes sur place

Ceci dit, il ne s’agit pas d’un départ complet de l’Afghanistan de tous les soldats français. Et contrairement à ce que certains détracteurs de cette position affirment, le retrait n’est pas un changement de politique radical. Juste une accélération du calendrier, de quelques mois en fait…

D’une part, la date butoir de fin 2012 ne concerne que les forces combattantes, autrement dit celles présentes en Kapisa, et non les forces de soutien, de formation ou de logistique. Il devrait ainsi rester sur le terrain encore des personnels français, notamment pour assurer le démontage et le rapatriement des matériels qui pourra alors s’étaler en 2013. Simplement, la relève prévue en fin d’année pourrait ne pas partira, ou partir dans un format différent.

D’autre part, le retrait français est déjà entamé. Le nombre de soldats français sur place, selon les dernières chiffres communiqués officiellement par l’Alliance, atteint 3300 militaires (contre 3800 en début d’année). Et plusieurs postes de combat avancé (COP) ont déjà été transférés à l’armée afghane : Hassanabat en septembre 2011, Alasay en février 2012, Shekut (en vallée d’Alasay) et le poste 52, en mars. Tous les COP de la vallée d’Alasay sont tenus par les forces de sécurité afghanes, précise-t-on à l’Etat-Major des armées à Paris.

(*) Si le contingent italien a légèrement baissé (3950 en début d’année), le contingent allemand a lui augmenté (4700 personnes au début d’année).
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A Chicago, définir une nouvelle mission en Afghanistan après 2014

(BRUXELLES2) Le retrait des troupes combattantes de l’OTAN programmés pour 2014 ne signifie pas la fin de toute mission de l’OTAN en Afghanistan, a confirmé officiellement aujourd’hui Anders Fogh Rasmussen, lors de sa conférence de presse mensuelle. D’ailleurs déjà dès l’année prochaine, en 2013, la mission ISAF va évoluer. « Dans le cours de l’année prochaine (2013), quand l’armée afghane aura pris le « lead » du commandement, nous aurons à augmenter notre rôle de soutien ». Et ceci « incluera également un rôle de soutien au combat ».

Pas une nouvelle mission ISAF

Après 2014, l’OTAN restera en Afghanistan. « Ce n’est pas une mission ISAF sous un autre nom » a-t-il tenu cependant à préciser. Ce sera « une nouvelle mission avec un nouveau rôle ». Elle aura trois fonctions : « former, conseiller et assister » l’armée afghane et les forces de sécurité. L’assistance dans la fonction de combat n’est pas précisée explicitement. Mais elle parait certaine. Ce sera tout l’enjeu des débats à Chicago que de « définir » le rôle de l’Alliance dans la région. Tout comme les alliés auront à « définir (leur) soutien financier à l’Afghanistan, dans le cadre du soutien international ».

A Chicago, l’OTAN compte d’ailleurs capitaliser sur cette expérience unique en son genre qui est à la fois un vecteur de la transformation des armées et de rayonnement politique. Coté capacitaire, différents besoins ont été détectés, des orientations prises, des équipements commandés qui n’étaient pas automatiquement planifiés avant le début de la mission sur place. Une partie de la transformation capacitaire qui est en cours prend ainsi naissance à Kandahar, dans la Kapisa ou le Helmand.

OTAN, organisation globale de sécurité

Coté politique, l’OTAN a réussi à déborder de ses frontières. « Nous avons rassemblé la plus grande coalition de l’histoire récente » a précisé Rasmussen. Et elle entend s’imposer comme un vecteur global de la sécurité dans le monde. « Dans le monde d’aujourd’hui, les défis de sécurité ne connaissent pas de frontières et aucun pays ou alliance ne peut plus prétendre faire face seul aux défis de sécurité » explique le secrétaire général de l’OTAN. « Notre réseau unique de partenaires s’étend dans le monde entier :de l’Europe de l’est à l’Asie de l’Est, de l’Afrique du nord au Pacifique sud. » L’Union européenne et l’ONU sont ainsi invités à ce sommet. « L’OTAN reste une alliance euro-atlantique. Mais c’est aussi un partenaire de choix pour la paix et la sécurité dans le monde. »

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Et si l’Ecosse devient indépendante ?

(B2) L’Ecosse indépendante ? La question n’est pas théorique outre-manche, notamment pour s’interroger sur les éventuelles répercussions pour la défense. Les parlementaires britanniques de la commission Défense ont lancé une nouvelle enquete le 10 mai sur le sujet. Ils veulent tenir des sessions orales d’ici la fin juillet 2012, recueillir divers témoignages et avis d’experts, avec un rapport attendu pour 2013. Précisions ici.

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Hélicoptère en panne, le SAV européen

récupération de la pièce droppée (crédit : marine néerlandaise)

(BRUXELLES2) Comment faire quand on a un hélicoptère en panne à bord d’un navire le long des côtes somaliennes ? Le capitaine du HLMNS Van Amstel était bien embêté. Lundi son hélicoptère de bord, Lynx, avait dû faire un atterrissage d’urgence, en raison d’une fuite dans le circuit hydraulique. Et sans hélicoptère à bord d’une frégate, la chasse aux pirates devient un peu une chasse à l’aveugle… Encore plus la surveillance des côtes, sa mission.

La solution a été trouvée avec un peu d’astuce et la solidarité de ses homologues européens engagés dans l’opération Eunavfor Atalanta. Un militaire du FHQ logistique de Djibouti est parti chercher la pièce aux Pays-Bas. Une fois revenu, elle a été embarquée dans un avion de patrouille maritime, le P3 Orion espagnol, qui l’a droppée en mer. A charge pour les marins néerlandais de récupérer la pièce. Apparemment, avec succès. Le mécanicien de bord était tout heureux de pouvoir remettre tout en place. En attendant, c’est l’hélicoptère de bord allemand du FGS Berlin qui a apporté différents matériels et équipements tandis que le navire de commandement français, le FS Marne, l’approvisionnait en carburant… Ouf !

Les camps de pirates n’ont désormais plus qu’à bien se tenir. Les Néerlandais ont repris leur mission de surveillance de la côte, voire plus… Des actions plus offensives étant désormais étudiées très concrètement…

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Davantage de moyens et de coopération dans la lutte contre la piraterie, demande le Parlement

(BRUXELLES2) La lutte contre la piraterie et ses causes doit constituer « une priorité de l’action de UE ». C’est le sens essentiel du projet de résolution que doit voter cet après-midi (10 mai) le Parlement européen réuni en session plénière (*). Il ne s’agit pas d’une priorité théorique. L’Union européenne a un « intérêt réel », souligne-t-il, à contribuer à la sécurité maritime internationale : 10 000 navires européens traversent chaque année des zones maritimes dangereuses – estime les parlementaires – sans parler des otages et navires entre les mains des pirates.

  • NB : ce projet résulte d’une résolution commune entre les principaux groupes politiques du Parlement (chrétiens démocrates du PPE, sociaux et démocrates S&D, libéraux et démocrates ALDE et conservateurs ECR). Elle résulte d’une initiative des députés de la commission transports : le grec Georgios Koumoutsakos (Nouvelle démocratie / PPE), le belge Saïd El Khadraoui (SPA / S&D), la nationaliste basque , ancienne conseillère municipale de Bermeo, un des ports d’origine des pêcheurs basques dans l’Océan, Izaskun Bilbao Barandica (Parti nationaliste basque / ALDE), et le néerlandais Peter van Dalen (ChristenUnie / ECR). Précisons que Verts et Gue ne se sont pas ralliés à cette résolution demandant des amendements notamment pour s’inquiéter de la militarisation de la lutte contre la piraterie.

Libérer les otages

Les eurodéputés demandent d’ailleurs à la Haute représentante et aux Etats membres « d’envisager d’urgence » des moyens d’obtenir la libération des (191) marins actuellement retenus en otage et, « en parallèle, à assurer la restitution des sept navires détournés ». Il demande aussi « instamment aux États membres de fournir plus de moyens navals » pour assurer la réussite de l’opération Atalanta.

L’impunité des pirates inquiète

« La persistance de l’impunité des actes de piraterie constitue un obstacle à la dissuasion ». Le Parlement regrette « que certains États membres de l’Union européenne disposent de sauvegardes en matière de droit pénal inadéquates ». Il demande aux Etats qui ne l’ont pas encore fait de transposer les instruments internationaux (convention de Montego Bay et convention pour la répression d’actes illicites contre la sécurité de la navigation maritime). Il se prononce cependant surtout en faveur d’un jugement dans les pays de la région.

Il demande ainsi au Conseil et la Commission de « continuer d’étudier les possibilités de procès dans les pays de la région et à œuvrer en faveur de la mise en place d’un tribunal international spécial pour la lutte contre la piraterie en Somalie et dans les autres États de la région ». La lutte contre le blanchiment des sommes recueillies par les pirates est aussi nécessaire, explique-t-il.

Pour une stratégie européenne de l’emploi de gardes privés

L’emploi de gardes armés privés « constitue une mesure qui ne saurait se substituer au règlement global nécessaire de la menace aux aspects multiples que représente la piraterie » souligne le Parlement. Certains pays ont déjà légiféré sur la question, le Parlement en « prend acte » mais demande à la Commission et au Conseil de définir « une stratégie de l’Union européenne sur l’emploi de personnel armé agréé à bord afin d’assurer une bonne mise en œuvre des initiatives de l’Organisation maritime internationale ».

Les opérations européennes de PeSDC

Plus de moyens pour la mission EUNAVFOR

La mission anti-piraterie existe. Et le Parlement européen s’en félicite. Il demande d’ailleurs à EUNAVFOR d’avoir une action plus active, de répondre « efficacement » à l’utilisation accrue de navires marchands comme « navires ravitailleurs« . Il estime demande « une coordination plus poussée, au titre du mécanisme SHADE, entre l’Union européenne, l’OTAN, les trois principales opérations de lutte contre la piraterie dans la région (EUNAVFOR, CTF‑150/151 et TF‑508 Ocean Shield de l’OTAN) et les diverses forces navales internationales « afin d’éviter tout doublon inutile ».

Et davantage de coopération

Il souhaite également une meilleure « coopération » avec Europol et Interpol comme avec l’Agence européenne de sécurité maritime. Les États membres devraient « autoriser (l’Agence) à fournir les données (d’identification et de suivi à distance LRIT) précises et les images satellite (des navires battant pavillon de l’Union européenne) qui croisent dans cette zone à EUNAVFOR ».

Revoir les règles de commandement

Avec la mise en place de l’Ops Center pour la Corne de l’Afrique, le Parlement estime que certaines dispositions de commandement des opérations EUNAVFOR Atalanta et EUTM Somalia sont obsolètes. Il demande donc « une révision des dispositions de commandement qui régissent actuellement les opérations EUNAVFOR Atalanta et EUTM Somalia ».

Capacités maritimes de la région, des patrouilleurs, des sous

Il faut « tout mettre en œuvre » pour que la mission « Eucap Nestor » de renforcement des capacités maritimes régionales « soit déployée l’été prochain dans cette région » souligne la résolution (lire également : 3,5 missions de la PeSDC dans les startings block). Mais la formation n’est pas tout. Les Etats devraient  « aussi fournir une assistance substantielle à la mission et à la région, avec notamment des patrouilleurs maritimes ».

Cette mission est complémentaire d’autres actions menées par la Commission notamment le projet Marsic visant à sécuriser les voies maritimes importantes. Et le projet Mase, mené par les pays de l’Est et du Sud de l’Afrique et de l’océan Indien, projet auquel le Parlement souhaite que l’Union européenne affecte une « subvention de démarrage » de 2 millions d’euros.

Projet de résolution dans les docs de B2

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Dernières nouvelles de la piraterie (8 mai)

(BRUXELLES2)

L’Enrica Lexie libéré

La justice indienne a relâché le tanker italien, Enrica Lexie, jusqu’ici retenu pour les besoins de l’enquête sur la mort de deux pêcheurs indiens au large des côtes indiennes. Le navire a quitté samedi (5 mai) dans la nuit le port de Cochin, après 80 jours de mise sous séquestre. Lire également :

12 pirates libérés, 4 incarcérés aux Seychelles

Avant de repartir pour le Danemark, la frégate Absalon engagée dans l’opération anti-piraterie de l’OTAN (Ocean Shield) a libéré jeudi soir (3 mai), 12 des 16 pirates présumés arrêtés le 11 avril, après une intervention sur un bateau-mère qui avait permis la libération d’otages pakistanais et iraniens. Les 4 autres pirates ont été remis à la justice des Seychelles fin avril.

Lire aussi : 16 pirates arrêtés, 12 otages libérés par l’Absalon

Deux gardes privés interpellés au Mozambique

L’attorney général a ordonné la libération jeudi (3 mai) de deux gardes privés danois (Jack Nielsen et Peter Junlet). Ils avaient été arrêtés par la police mozambicaine dans le port de Nacala le lundi précédent parce qu’ils étaient en possession de gilets pare-balles. La police de ce port du nord du pays (province de Nampula) est sur les dents depuis qu’elle a saisi en mars dernier des armes sur un navire marchand. Armes destinées à se protéger de la piraterie mais qu’elle considérait comme transférées illégalement. Selon le site AllAfrica qui rapporte l’information, la police locale n’était tout simplement pas au courant d’accords préexistants permettant aux gardes privés de débarquer avec armes et bagages dans les ports du pays.

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Les Britanniques désertent la lutte contre la piraterie

Le HMS Ocean mobilisé pour les JO arrive à Londres sur la Tamise (crédit : ministère britannique de la Défense)

(BRUXELLES2) Amis pirates… si vous voulez voir un navire britannique, il vaudra mieux réserver votre ticket pour Londres que de continuer à naviguer sur les flots indiens…

Jeux olympiques obligent, et restrictions budgétaires aidant, la flotte britannique naviguant au large de l’Océan indien va en effet être réduite à portion congrue dans les prochains mois. Et la Royal Navy n’a plus assez de navires disponibles pour pouvoir en dédier un seul à la piraterie somalienne, nous apprennent nos confrères du Guardian. La « Lutte contre la piraterie devient très difficile pour le Royaume-Uni », leur a confirmé une source à Whitehall (le ministère de la Défense britannique) qui s’en désole. Mais explique : « Nous avons deux frégates qui sont de permanence » dans une zone très large puisqu’elle qui « va des Malouines et au Golfe ».

Les Malouines, le Golfe et … les JO

Jusqu’ici, précisent nos confrères, le Royaume-Uni avait toujours au moins un navire consacré à plein temps à la lutte anti-piraterie (NB : dans l’opération « Ocean Shield de l’OTAN ») et jusqu’à 4 parfois par rotation durant l’année. Aujourd’hui, la priorité est ailleurs : Londres et les JO tout d’abord. « Beaucoup de gens qui sont ont été entrainés à lutter contre la piraterie sont désormais impliqués dans les Jeux olympiques, de sorte qu’ils ne sont pas disponibles non plus, et ne le seront pas avant l’automne au plus tôt. » Autre sujet de préoccupation : la sécurisation du Golfe – avec l’Iran. « Une plus grande priorité maintenant ». Sans compter les Malouines. Résultat commente notre marin britannique : « nous ne pouvons pas engager de frégates à la Somalie. Ils y vont quand ils le peuvent ». Ne reste que le ravitailleur « Fort Victoria (qui) est une bonne plateforme ». Mais sa présence même est remise en cause…

(*) Le plus gros navire britannique, le HMS Ocean est arrivé il y a quelques jours sur la Tamise pour prendre part à un des plus importants exercices de sécurité, tant militaire que civile. Il est accompagné du HMS Bulwark qui assurera  la plateforme de commandement dans le Dorset durant les jeux

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Le battlegroup Weimar à l’entraînement

(BRUXELLES2) Les choses sérieuses commencent pour les Français, Polonais et Allemands qui prendront l’astreinte « battlegroup », la force de réaction rapide de l’Union européenne, le 1er janvier prochain, pour six mois. Le programme d’entraînement a été communiqué à leurs homologues.

Ce sont les Polonais qui fourniront l’essentiel de la force et le PC de la force (FHQ). Tandis que le quartier général de l’opération sera situé au Mont-Valérien (France, près de Paris). L’exercice de certification des forces polonaises aura lieu lors de l’exercice « Wyzwanie 12″. La certification du FHQ aura lieu lors de l’exercice « Common Challenge » à Wedrzyn (Pologne). Une  formation sur le terrain aura lieu en septembre 2012 à Bergen (Allemagne). Et l’exercice logistique (du 8 au 12 octobre ) Garlstedt, en Allemagne). Certaines lacunes ont été constatées en matière de purification de l’eau, de transport et stockage des containers d’eau, ou de transport stratégique.

On peut noter que c’est le battlegroup franco-belge-luxembourgeois qui est d’astreinte ce semestre. Deux groupes prennent le relais au 1er juillet pour le 2e semestre : l’un mené par l’Italie (avec les Slovènes et Hongrois), l’autre par Allemagne (avec les Autrichiens, Tchèques, Irlandais, Croates et Macédoniens). Les « Weimar » seront seuls au 1er semestre 2013. Tout comme le groupe nordique emmené par les Britanniques au second semestre.

Lire aussi :

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Hollande attendu au tournant à Bruxelles…

(BRUXELLES2) Petit message sur mon portable en début d’après-midi. X veut voir la presse française. X est un haut responsable européen. Et il a demandé le « Off » sur sa conversation. Alors on ne dira pas son nom… A l’heure dite, nous y sommes, : le ban et l’arrière ban de la presse française, 20 personnes, à tout casser, maxi, accompagnées dans les étages par une charmante assistante.

Le besoin d’une France « pleinement engagée en Europe »

Notre interlocuteur ne veut pas critiquer l’ancien président Nicolas Sarkozy (On ne tire pas sur une ambulance). Mais on sent bien qu’au-delà de l’administration qu’il a pour l’animal politique, il n’a pas toujours apprécié l’hôte de l’Elysée surtout ces derniers temps. « Dans l’ensemble, Nicolas Sarkozy a appuyé le projet européen. Il s’est fortement engagé lors de la présidence française ou pour le renforcement de la gouvernance de la Zone Euro » Mais pour la méthode… apparemment le courant n’est pas passé. « Nous avons besoin d’une France pleinement engagée en Europe. » explique ce responsable. Lors de son passage à la Commission, François Hollande qui n’était encore que candidat avait défendu la méthode communautaire. Et manifestement, il préfère cet esprit. Mais « Maintenant il faut les preuves du pudding (comme disent les anglais) ». Et, dans la foulée, il balance : oui l’exécutif européen a été un des seuls à recevoir celui qui n’était encore qu’un candidat : « plusieurs dirigeants en Europe ont annulé leur invitation ».

Un changement attendu de la position française sur le budget

Ce que souhaite surtout notre interlocuteur, c’est que la France change sa position sur les perspectives financières. C’est le sens du message qu’il entend que les journalistes répercutent. « Le budget européen c’est l’instrument pour la croissance, j’espère que les autorités françaises vont soutenir le budget européen » explique-t-il. Or, jusqu’à aujourd’hui, la France tenait une position très dure « Si les Britanniques étaient le chef de file de l’opposition, les Français venaient en second dans cette opposition. C’était une attitude très négative. Ils voulaient faire la PAC (politique agricole commune), prônaient une attitude dépensière sur l’agriculture » mais (rien) sur le reste. Même position sur le programme européen pour les plus démunis. La France a soutenu la position allemande qui refusait ce programme utile pour les banques alimentaires, il espère que la France changera de position à la faveur du changement de gouvernement, et abandonnera Berlin en rase-campagne sur sa position dure.

Tous les jours pas facile d’être Européen

L’homme ne se définit pas comme socialiste. « Effectivement je ne le suis pas ; je suis un Européen. Et je peux vous dire que, tous les jours, ce n’était pas facile autour de la table (officielle du Conseil de l’UE) d’être européen. » Mais il s’estime aujourd’hui très en phase avec le discours entendu à Paris. La Commission a toujours défendu une double approche même s’il n’était pas très équilibré jusqu’ici. « Le discours européen ces dernières années a été centré effectivement sur la résolution de la crise de la dette et moins sur la croissance. Maintenant on peut rééquilibrer ». Pour autant la vision européenne de la croissance ne semble pas vraiment être la vision de la croissance qu’on en a, à Paris.

Pas de révision du Traité

Certes le Traité n’avait pas sa préférence. « Nous aurions préféré un traité communautaire ». Mais pour autant il parait hors de question de le revoir, de le renégocier comme le veulent certains socialistes. Ce n’est pas une bonne idée, pas possible. Ce texte « a été signé. Revenir en arrière poserait un problème important de crédibilité » car ce texte parle de convergence budgétaire et discipline. « Ce serait un préjudice pour l’Europe. »

Baisser les salaires : une bonne solution pour la Grèce… et la France

Quant aux instruments de la croissance, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. La Commission ressort de ses tiroirs tous les dossiers restés en plan sur la table du Conseil : la simple application de la directive Services permettrait de « gagner 1,8 point de croissance » (*), le brevet européen permet de faire gagner 3 à 11.000 euros à chaque dépôt, etc. Autre cheval de bataille : la compétitivité est justement le moyen de stimuler la croissance. Il est hors de question d’y renoncer. Notre interlocuteur « approuve ainsi tout à fait la demande faite à la Grèce de baisser le salaire minimum ». « La Grèce a un problème de compétitivité. Les touristes vont en Turquie, en Bulgarie. La Grèce doit faire un ajustement sur les salaires. C’est évident. » Et ce n’est pas le seul pays. « La France (aussi) a un important manque de compétitivité, parmi les grands pays, c’est le pays qui a le plus perdu en compétitivité. »

Notre interlocuteur s’interrompt. Il est temps d’y aller, explique le porte-parole. Dommage, cela aurait pu être intéressant. Je ne suis pas sûr que le discours, inchangé, de quelques Européens sur la nécessaire compétitivité et la baisse des salaires soit le plus sûr moyen d’obtenir autre chose qu’une crise politique. Le dialogue avec Hollande promet d’être épicé !

(*) J’ai quand même quelques doutes sur ce chiffre qui semble plutôt fait au doigt mouillé que réellement scientique

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Le Drian, le monsieur « Défense » de F. Hollande. Portrait d’un Européen

Lors de l'inauguration du bureau Bretagne, Pays de Loire et Poitou-Charentes en 2005

(BRUXELLES2) Cela fait plusieurs mois (plusieurs années) qu’il s’y prépare. Jean-Yves Le Drian, le président de la région Bretagne, est un des principaux responsables socialistes pressentis pour endosser le portefeuille de ministre de la Défense dans le nouveau gouvernement qui sera mis en place après l’arrivée de François Hollande à la présidence de la République. La prise de fonction a lieu le 15 mai. Et on ne peut encore jurer de rien pour la composition du gouvernement…

Le Drian est le délégué « Défense » au PS. Et c’est un sujet qu’il suit de façon régulière à défaut d’être au coeur de ses compétences. En tant qu’élu de Lorient, durant de nombreuses années, il ne pouvait s’en désintéresser, tant la « chose militaire » transpire de cette ville du Morbihan. Mais surtout, et avant tout, c’est un Européen convaincu. Et un fidèle de François Hollande. Ce qui fait beaucoup d’éléments en sa faveur aujourd’hui.

Le Lorientais n’aura cependant pas beaucoup de temps pour assurer la passation de pouvoirs avec Gérard Longuet l’actuel occupant de la rue St Dominique. Puisqu’il devra être à Chicago, au sommet de l’OTAN, les 20 et 21 mai. Durant la campagne électorale, il a déjà pris quelques rendez-vous, assez discrètement, histoire de prendre marque. Il est ainsi allé à Washington aux USA, pour une première prise de contact au Département de la Défense.  « J’ai eu autant d’interrogations du coté américain que j’avais de questions à poser » a-t-il confié à B2. Puis à Londres. Et très discrètement, début avril, selon nos informations, il passe à Bruxelles pour rencontrer quelques interlocuteurs à l’OTAN comme à l’Union européenne. Des diplomates « amis » (*) auprès de qui il se rôde sur les derniers dossiers, justement en vue des prochains rendez-vous internationaux.

(*) Ceux-ci refusent évidemment de confirmer…

Un Lorientais

Né en 1947 à Lorient de parents ouvriers, Jean-Yves Le Drian passe mai 1968 dans les rangs de l’UNEF sort diplômé de l’université de Rennes en Histoire en 1971. Il adhère au PS en mai 1974 et prend dans sa ville natale ses premières responsabilités publiques après les élections municipales de 1977. Il est alors adjoint en chargé de l’économie avant de prendre la tête de la ville, quatre ans plus tard en 1981 ; fonction qu’il conserve 17 ans (jusqu’en 1998). Il est élu à l’Assemblée nationale en 1978 à l’âge de 30 ans poste qu’il exercera durant 13 ans. Il « monte » au gouvernement, de mai 1991 à avril 1992, comme secrétaire d’Etat à la mer dans le gouvernement d’Edith Cresson. Il ne récupère son siège de député qu’en 1997, il est alors membre de la commission de la défense.

C’est un fidèle, et un adepte, de François Hollande depuis le début. En 1984, il est à ses côtés, quand il crée les transcourants. Il soutient la candidature de Ségolène Royal aux primaires de 2007 (contre Fabius et Strauss-Kahn). Il « briefe » la candidate d’alors sur les questions de Défense. Mais il sera aux côtés de « son ami » quand les critiques fusent à son égard au sein du Parti socialiste. Il l’accompagnera ainsi, discrètement, durant sa longue marche vers le pouvoir.

avec toujours un oeil sur la Défense

C’est dans sa bonne ville de Lorient que Le Drian acquiert un intérêt certain pour les questions de défense. La ville est prédestinée à la « chose militaire ». Cité de la Royale (la marine française) depuis 1690 et Louis XIV, elle a toujours gardé en son sein une forte composante maritime et militaire. Près de 3600 hommes et femmes y travaillent toujours sur plusieurs sites : à la base aéronavale de Lann-Bihoué ou au groupement de fusiliers marins commandos, comme au service historique de la Défense. Sans compter DCNS, un des fleurons de l’industrie navale française, qui a notamment construit à Lorient les nouvelles frégates anti-aériennes de classe Horizon (Forbin, Chevalier Paul), un programme franco-italien, et y abrite aujourd’hui son bureau d’études. Le Lorientais se battra pour que l’industriel garde à Lorient, puis plus généralement au sein de la région Bretagne, sa vocation de construction navale. Mais, en même temps, il prépare la diversification des activités des principaux ports de la région.

Lors de son dernier passage à l’Assemblée nationale, Le Drian siège d’ailleurs à la commission de la Défense. Quand il quitte ce mandat d’élu, en 2007, c’est une proche collaboratrice, qui s’est occupée du pôle presse, Françoise Olivier-Coupeau, qui lui succède. Son décès, en 2011, interrompt son mandat, et c’est son suppléant également attaché parlementaire de Le Drian, Gwendal Rouillard, qui reprend le flambeau.

… profondément européen

Le Drian est aussi et avant tout un Européen. Ce n’est pas une surface, c’est chez lui une conviction profonde. Même aux plus grands moments de doute. Ainsi après le Non français au référendum sur la Constitution, qui le bouscule, il réitère cet engagement, ouvrant officiellement la Représentation commune de la Bretagne, des Pays-De-Loire et de Poitou-Charentes à Bruxelles. La traduction de « notre engagement pour que la Bretagne soit visible et forte à Bruxelles et de notre volonté européenne » m’explique-t-il alors. « Dans le désarroi général qui a suivi le 29 mai, nous entendons maintenir fermement notre pavillon européen ».

Membre du comité des régions, depuis plusieurs années, Le Drian passait régulièrement à Bruxelles non seulement pour les sessions du comité mais aussi pour rencontrer les différents responsables européens, les « Bretons » de la Commission ou du Parlement. Environ une fois par mois. Un lobbying qui paie. Malgré ses réticences, la Commission sort ainsi son chéquier lors des dernières perspectives financières (2007-2014) pour financer les lignes ferroviaires à grande vitesse de Bretagne. Une légère entorse à son désir de ne plus financer de grands travaux d’infrastructures dans les pays dits « riches ».

Adepte du travail en réseau

Au Comité des régions, il « monte » avec plusieurs de ses homologues un groupe consacré à la crise de l’industrie automobile, réclamant à la Commission européenne « un plan européen » pour y faire face. Son leitmotiv : « la présence, l’engagement politique paie ». Evoquant sa présence régulière à Bruxelles, il expliquait « cela vaut le déplacement, cela mérite le détour. Il faut être là, suivre les sujets, avoir une veille permanente, être là deux ou trois ans (voire plus) avant que les sujets émergent. Cela permet de débloquer des dossiers. » C’est aussi un adepte du travail en réseau. « Cela permet de cerner des convergences avec d’autres régions ».

Quelques idées sur la défense

Rééquilibrer l’effort entre l’Alliance atlantique et l’Europe de la Défense

Sur la Défense, Le Drian a sérieusement critiqué la décision de Nicolas Sarkozy revenir dans le commandement intégré de l’OTAN. Sans annuler cette décision, il entend ainsi que les « conséquences réelles de (cette) décision (soient) sérieusement évaluées ». Le réexamen du Libre blanc en sera l’occasion « Une évaluation des conséquences de cette décision tout particulièrement pour notre indépendance et pour le développement de l’Europe de la défense, afin de prendre les mesures qui s’imposeront, conformément aux intérêts de sécurité de la France ». Il estime notamment que la décision de Sarkozy qui avait été « présentée comme un préalable à l’approfondissement de l’Europe de la défense, (…) a conduit au contraire à l’affaiblir en décourageant nos partenaires européens qui ont toujours vu en la France un moteur de la construction d’une Europe de la défense. » Et de recommander un rééquilibrage. « Il s’agira en particulier de rééquilibrer notre action en faveur de l’Europe de la défense, que François Hollande veut relancer. »

Renforcer l’industrie de la Défense

Le Drian est un partisan d’un renforcement de l’industrie de la Défense, au niveau européen, et de manière moins oligopolistique que le chemin suivi jusqu’ici. Il refuse le monopole de certains industriels (nommément Dassault) et il est sans doute l’inspirateur des passages du discours sur la Défense prononcé par François Hollande en mars. Il l’a répété encore récemment, critiquant à la fois la politique suivie par le précédent gouvernement — « En matière industrielle, les projets en cours ont été difficilement préservés et aucune opération de confortement de l’industrie européenne n’a été engagée » — et prônant un meilleur engagement européen : « Nous ferons aussi en sorte que les coopérations en matière de capacités soient, à chaque fois que cela est possible, européennes : nos industries de défense doivent être défendues. »

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