Les garde-frontières européens ont leur (premier) uniforme

(B2) L’agence Frontex vient de rendre public le nouvel uniforme qui habillera les garde-frontières européens dans leur exercice de tous les jours. Premier aperçu

À première vue, cet uniforme, plutôt élégant, n’est pas sans rappeler celui de la police fédérale belge, par sa teinte (bleu foncé), comme les autres éléments : forme du képi, sticker au dos ou encore les trois bandes symboles (même si elles sont revisitées).

Bleu couleur sombre, l’uniforme complet se porte avec une cravate de même couleur, chemise fermée, et un képi à forme oblongue, avec rappel sur le képi du logo qui figure en écusson sur la manche droite.

L’écusson choisi reflète la couleur bleu sombre, avec juste du blanc pour le mettre en valeur. Outre la dénomination (en anglais) de la fonction (European Border and Coast guard), on trouve trois bandes identiques en forme de vague (ou colline), les deux plus hautes étant irisées par quatre traits en perpendiculaire. Ce afin d’illustrer les différents terrains d’exercice des gardes (terre, mer). Les étoiles, au nombre de douze (comme le drapeau de l’Union européenne), symbole de l’harmonie (et non du nombre de membres), sont aussi en blanc. La couleur jaune d’origine de ces étoiles a été abandonnée.

Un sticker vient à l’arrière rappeler en majuscules l’appartenance à l’agence FRONTEX et le descriptif (en anglais) ‘European Border and Coast guard’. Un deuxième sticker (amovible) vient compléter cette identification, avec la traduction dans la langue du pays d’intervention (qui sera donc adaptée à chaque opération).

Une veste courte vient compléter l’uniforme de base, avec un reflet en bleu ciel sur le haut de l’habit, autour des épaules, réfléchissant normalement. On peut remarquer cependant que l’ensemble de cet uniforme s’il a une certaine discrétion, présente l’inconvénient de n’avoir pas une grande visibilité. Les couleurs les plus visibles (jaune, orange, rouge), ne sont pas présentes.

Commentaire : Un uniforme symbole d’une évolution

Cet uniforme n’est pas juste une lubie d’un fonctionnaire en mal d’identité. Elle répond à une vraie nécessité. Rappelons en effet que l’Union européenne a décidé de se doter de son propre corps de garde-frontières (et garde-côtes). Celui-ci sera composé pour partie de personnels détachés ou venus en renfort des États membres (comme avant). Mais aussi (et c’est la grande nouveauté), de personnels recrutés directement, payés par l’UE, selon le statut de la fonction publique européenne, formés, instruits et soumis à la chaîne hiérarchique européenne.

C’est la première fois dans l’histoire de l’UE que des agents seront ainsi armés et chargés de tâches exécutives pour assurer des fonctions régaliennes au plan européen. Une novation dont on ne mesure pas encore tout à fait les conséquences ni dans les États membres ni au niveau de l’UE. Précisons que ces forces, bien que soumises à la hiérarchie européenne, n’évolueront pas de façon totalement autonomes. Elles agiront dans le cadre très précis de la loi de chaque État membre, sur sa demande et dans un cadre bien défini, opération par opération.

(Nicolas Gros-Verheyde)

La vidéo de promotion de Frontex

(crédit photo : Frontex (source) / B2 (sélection)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

2 réflexions sur “Les garde-frontières européens ont leur (premier) uniforme

  • 13 janvier 2021 à 00:04
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    La Grande Bretagne vient de quitter l’Europe et cette dernière continue à privilégier la langue anglaise, qui est aussi celle de son principal concurrent économique…Cherchez l’erreur !
    Rappelons que le français et l’allemand sont aussi des langues de travail de l’UE et que maintenant, elles sont largement plus parlées comme langue maternelle dans l’actuelle UE que l’anglais…. On ne peut peut-être pas se passer complètement de l’anglais mais rien n’empêchait d’utiliser les trois langues pour la dénomination : certains vêtements en français, d’autres en allemand, et d’autres en anglais. C’est juste symbolique mais les symboles sont forts et indispensables pour entraîner l’adhésion à un projet , ici l’Europe.

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  • 14 janvier 2021 à 10:53
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    La discrétion du symbole européen interpelle – alors même que ce symbole seul permet l’identification spécifique des garde-frontières européens. Au contraire, le symbole de Frontex est plus visible bien que moins identifiable par le public. Cela donne l’impression d’une volonté délibérée de ne pas mettre trop en évidence l’identité européenne. D’autre part, la dénaturation du drapeau-symbole de l’UE par le blanchissement des étoiles est elle même contestable.

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