Contrôle de l’embargo sur les armes et le pétrole libyen. Le dernier bilan de l’opération Irini

(B2) L’opération maritime de l’UE de surveillance des trafics en Méditerranée continue ses surveillances au large des côtes libyennes, a assuré le contre-amiral Fabio Agostini aux parlementaires italiens

Les visites amicales ou inspections suscitent de façon régulière désormais une protestation de certains pays (Turquie et Russie) qui supportent difficilement un contrôle de leurs mouvements d’armes vers la Libye (crédit : EUNAVFOR Med Irini – Archives B2 : la visite de l’Adler)

Surveillance maritime

L’opération maritime a effectué depuis le début de ses activités (avril 2020) le contrôle sur 1560 navires marchands (par contacts radio), 62 ‘approches amicales’ (sur invitation et avec le consentement du capitaine du navire) et six véritables inspections (avec embarquement et vérification en temps opportun du bateau et de la cargaison). En tout c’est ainsi plus de 1600 navires qui ont été, de près ou de loin, contrôlés. Dans un cas, l’inspection a abouti au déroutement du navire sur un port, pour enquête plus complète. Dans deux cas, ces visites ont suscité un veto de l’État du pavillon (Turquie), au besoin par la force. Dans un cas, la visite a suscité une protestation officielle (Russie).

155 vols suspects repérés

Irini a également mis sous surveillance 16 sites libyens, notamment des ports et des structures liées au pétrole. L’opération a aussi effectué des contrôles (à distance, par voie satellitaire ou aérienne) de 25 aéroports et pistes et sur 155 vols suspects à destination et en provenance de la Libye.

436 séries d’images fournies par le SatCen et 18 rapports

Pour cela l’opération a pu bénéficier d’images satellites fournies, à la demande d’Irini, par le EUSATCEN (au total 436 séries d’images). Enfin, last but not least, l’opération a envoyé 18 rapports au groupe d’experts sur la Libye de l’ONU, décrivant des violations « possibles ou avérées » de l’embargo. « Les violations potentielles de l’embargo sur les armes sont à peu près équilibrées entre le ‘gouvernement d’accord national’ et l’armée nationale libyenne » a indiqué le contre-amiral Fabio Agostini, commandant de l’opération EUNAVFOR Med Irini.

Deux navires et trois avions sur zone

L’opération dispose actuellement de deux navires sur zone : la frégate grecque Adrias (navire-amiral) et le patrouilleur de haute mer italien Borsini (P-491), qui a pris le relais le 20 janvier de son homologue Cigala Fulgosi. En l’air, trois avions de patrouille, fournis par le Luxembourg, la Pologne et l’Allemagne, sont de permanence ainsi qu’un drone italien. Deux autres avions, grec et français, sont mis à disposition de façon occasionnelle. Trop peu pour vérifier une zone aussi vaste a insisté F. Agostini.

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : Bilan dressé lors d’une audition devant les commissions ‘défense’ de la Camera (chambre des députés) et du Sénat italiens, réunis jeudi (28.01), suivies à distance par B2. Chiffres à jour au 31 décembre 2020.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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