Attaque au véhicule suicide sur un véhicule de Barkhane. Un procédé non anodin

(B2) Six militaires français ont été blessés par une attaque au véhicule suicide au Mali, dans la zone des trois frontières, vendredi (8 janvier)

Le GTD Lamy en opération

C’est en début de matinée vendredi, alors que le ‘Groupement tactique désert’ (GTD Lamy) de la force Barkhane était en opération conjointe avec des militaires maliens du 33e régiment de commandos parachutistes (33e RCP) au Nord du village d’Isey, à une cinquantaine de kilomètres au Sud-Ouest d’Hombori, dans la zone des trois frontières.

Un véhicule suicide

Un « véhicule inconnu s’est alors dirigé à vive allure vers l’arrière du dispositif » indique le communiqué de l’état-major des armées. Un véhicule blindé de combat d’infanterie (VBCI) s’est alors « interposé pour protéger les autres éléments de la force ». Devant cette manœuvre, le conducteur du SVBIED (en langage militaire, suicide vehicle borne improvised explosive device) a fait déclencher sa charge explosive à proximité du VBCI.

Six blessés

Six militaires français ont été blessés. Immédiatement pris en charge, ils ont été évacués par hélicoptère vers l’hôpital militaire de Gao. Mais leur pronostic vital n’est pas engagé. Trois des six militaires sont évacués vers un hôpital militaire ce samedi (09.01) matin.

Troisième incident en quelque jours

C’est le troisième incident en quelques jours (lire : Nouvelle attaque contre un véhicule de l’opération Barkhane près de Menaka au Mali et Trois militaires de Barkhane décèdent dans un IED) . Mais cette fois il ne s’agit pas d’une mine artisanale, télécommandée ou non, comme précédemment, mais d’un véhicule suicide. Ce procédé n’est pas nouveau en soi au Mali, contrairement à ce qu’on pourrait penser de prime abord.

Un procédé déjà utilisé dans le passé

Ce procédé avait utilisé en juillet 2020 contre une patrouille de Barkhane (lire : Décès d’un militaire français visé par une attaque suicide au Mali) ou en juillet 2019 contre la base de Gao (lire : Plusieurs soldats français et estoniens blessés à Gao lors d’une attaque suicide). Et on se rappelle également que la mission militaire de formation de l’UE (EUTM Mali) à Koulikoro avait fait les frais d’une attaque plutôt élaborée en février 2019 (lire : Des détails sur l’attaque du camp d’EUTM Mali à Koulikoro et Attaque terroriste sur le centre de formation de EUTM Mali à Koulikoro cette nuit). Si on remonte plus loin au début de l’opération française qui s’appelait « Serval » à l’époque, un homme de la Légion meurt le jour du 14 juillet 2014 dans une attaque suicide au nord de Gao (lire : Un sous-officier français d’origine serbe tué au Mali (Maj)).

(NGV)

Mis à jour avec les antécédents d’attaques

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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