Démission d’un eurodéputé de la Fidesz sur fond de partie fine

(B2) Pris sur le fait en contravention à toutes les règles du couvre-feu à Bruxelles, un pilier de la Fidesz au Parlement européen rate la gouttière et… prend la porte

Jozsef Szájer lors de la plénière de juillet (crédit : Parlement européen)

Trop de charge mentale

L’eurodéputé hongrois József Szájer a présenté, discrètement, sa démission au président du Parlement européen dans une lettre révélée dimanche par le média en ligne Nyugat (ouest). Motif invoqué : « une charge mentale [trop] importante pour moi ». Il précisait alors : « La démission n’a rien à voir avec le contenu de la lutte acharnée actuelle sur la scène européenne. Dans le débat actuel, je partage la position du gouvernement hongrois et je la soutiens. »

Dans une partie fine

En fait, l’homme âgé de 59 ans a été pris sur le fait par la police de Bruxelles pour avoir participé à une partie fine dans un appartement privé au-dessus du bar gay (Le Detour), à deux pas du commissariat central, près de la Grand place de Bruxelles. Une ‘partouze’, selon le quotidien belge populaire la DH qui impliquait une bonne vingtaine de personnes dont un diplomate et d’autres employés du parlement apparemment. L’eurodéputé a tenté de s’échapper par une gouttière, mais a chuté et a été rattrapé par la police. Il a alors invoqué son immunité parlementaire, provoquant l’implication du ministère belge des Affaires étrangères.

En contravention avec les règles strictes en vigueur à Bruxelles

Cette information remontée au siège du Parlement européen et à Budapest a aussitôt entraîné la démission de l’intéressé. Précisons que les contacts « rapprochés » sont strictement limités en Belgique à « une seule et même personne » par foyer (à quatre si c’est dans la rue), selon la loi belge.

Un pilier de la Fidesz

Le lien entre les deux évènements a été fait par nos confrères hongrois, notamment de Telex. J. Szajer n’est en effet pas n’importe qui. Ce proche de Viktor Orban, membre du parti Fidesz depuis ses origines, éminent juriste, est un des inspirateurs de la nouvelle constitution hongroise. Notamment de cet amendement : « La Hongrie protège le mariage en tant qu’union entre l’homme et la femme »…

Commentaire : le dire et le faire…

En soi cette participation ne vaudrait pas plus qu’une amende administrative (pour contravention aux règles du Covid-19). Émanant d’un chaud partisan de l’orthodoxie morale, elle vaut cependant son pesant de cacahuètes. Le meilleur figure dans la lettre de la démission. L’eurodéputé précisait : « À l’avenir, […] j’ai l’intention de poursuivre le travail entamé lors du changement de régime dans un domaine intellectuel plus vaste. J’accomplirai mes nouvelles tâches avec l’engagement et la détermination dont j’ai fait preuve jusqu’à présent. »

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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