Covid-19: 2e vague. Au Parlement européen, une plénière alanguie. Les violons de l’automne sanitaire sont déjà là

(B2) Les sessions se suivent et ne se ressemblent plus. L’effet Covid-19. Outre que les eurodéputés ne se réunissent plus à Strasbourg, mais à Bruxelles, ils ne se réunissent quasi plus du tout. Cela se ressent sur les débats

Au Parlement européen, les eurodéputés n’ont pas le droit de montrer des photos, posters etc. Régulièrement, certains outrepassent ces règles. Mardi dernier, c’était l’Irlandaise Clare Daly qui dénonce des photos de violences policières (crédit : Parlement européen/sélection B2)

Une drôle de session d’octobre

La deuxième session plénière d’octobre se termine. Et c’est une drôle d’ambiance dans cet hémicycle de Bruxelles d’ordinaire plein de mouvements. Seuls les chefs de groupe y ont pris la parole… ceux qui ont pu faire le déplacement. Consignes sanitaires obligent, le maximum de monde a été prié de rester chez soi. Qu’ils soient eurodéputés, assistants… ou journalistes.

Des débats à distance

Les eurodéputés interviennent désormais à distance, sur fond bleu étoilé. Leur prise de parole se fait en direct des bureaux du Parlement européen dispatchés un peu partout dans les États membres. L’avantage est qu’il n’y a pas d’aléas techniques comme lors des réunions des commissions. Pas de « Press the speak button please ». On regretterait presque pourtant ces ritournelles qui rappellent que le monde n’est pas lisse.

Une atmosphère quasi-stérile

Or, au Parlement, Covid-19 oblige, tout deviendrait presque stérile. On s’habitue aux intermèdes techniques entre les orateurs ou présidents de séance, pour désinfecter les places, micros et sièges. Les séances de vote s’enchaînent, elles, interminables. Près de 2000 amendements ont dû être votés, en grande partie sur la Politique agricole commune, la PAC. Ce qui a largement occupé les plages horaires d’ordinaire dévolues aux joutes verbales.

Des débats écourtés

Les débats sont, eux, écourtés. 30 minutes pour le programme de travail 2021 de la Commission européenne. 25 minutes pour les relations de l’UE avec la Biélorussie. 21 minutes généreusement accordées pour le débat sur la révision du traité de non prolifération nucléaire. L’égalité des sexes dans la politique étrangère et de sécurité de l’UE a droit à de larges quarante minutes. Au grand désarroi sans doute du Suédois Charlie Weimers (ECR), fustigeant, debout, cette « obsession pour le sexe ! ».

L’importance du ton qui l’emporte

Le direct dans l’hémicycle fait que la tête se lève lorsque les tons s’emportent, à l’instar de celui de l’Irlandaise Clare Daly (GUE / Independents for change), l’émotion crescendo, dénonçant photo à l’appui de violences policières.

Outre surprendre, faire sourire, attirer l’attention, ces ‘sautes d’humeur’ nous font aussi prendre conscience que pour un eurodéputé, parler debout — face à des collègues — ou assis — à distance — change beaucoup de choses…

(Emmanuelle Stroesser)

Emmanuelle Stroesser

Journaliste pour des magazines et la presse, Emmanuelle s’est spécialisée dans les questions humanitaires, de développement, d’asile et de migrations et de droits de l’Homme.

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