Un sous marin d’attaque en feu dans la rade de Toulon

(B2) Fait peu commun, mais craint de tous les marins, un incendie s’est déclaré ce vendredi matin (12 juin) à bord d’un sous marin nucléaire d’attaque français, le SNA Perle

Un incendie en pleine matinée

Il était 10h35, selon la préfecture maritime de la zone Sud, quand « un incendie s’est déclaré en zone avant du sous-marin nucléaire d’attaque, au bassin en zone Missiessy ». Le S-606 (son numéro de coque) était alors en phase d’entretien et de réparation à la base maritime de Toulon (1). « Le sous-marin a été évacué. Il n’y a pas de blessés. » Un incendie majeur. Il était toujours en cours en fin d’après-midi. Les équipes spécialisées « continuent à lutter contre le sinistre afin de le circonscrire », indique un second communiqué de la préfecture parvenu à B2 à 17 heures.

Tous les moyens mobilisés

Tous les moyens disponibles ont été mobilisés. Les marins-pompiers de la base navale de Toulon ont déployé un bateau-pompe qui alimente toutes les manches à incendie. Les pompiers du SDIS 83 (service départemental d’incendie et de secours du Var) et le bataillon de marins-pompiers (BMP) de Marseille (une trentaine de pompiers et 11 véhicules spécialisés) ont été appelés en renfort. Tandis qu’une dizaine de marins de l’escadrille des sous-marins nucléaires d’attaque (ESNA) apporte un soutien technique aux marins-pompiers intervenant à bord, notamment avec la mise en place « de moyens d’alimentation en eau et accompagnement dans le sous-marin des marins-pompiers intervenant à bord ». Quant aux équipages des autres sous-marins et de l’école de navigation sous-marine et des bâtiments à propulsion nucléaire (ENSM-BPN), ils assurent « les moyens de protection depuis le quai et constituent un réservoir de forces d’intervention ».

Pas de risque nucléaire

Précision importante venue de la préfecture maritime : « Il n’y a aucun combustible nucléaire à bord, celui-ci ayant été retiré dans le cadre de l’arrêt technique. Il n’y a pas d’armes (missile, torpille, munitions), ni de batteries à bord ». Les fumées qui s’échappent « ne sont pas radioactives ». Et de préciser que la France dispose « de balises, sur tout le territoire, capables de détecter toute anomalie de radioactivité ». Au cas où….

Doutes sur l’avenir du sous-marin

L’incendie à bord du sous-marin a été éteint dans la nuit de vendredi à samedi 0h50, après plus de 14 heures d’incendie, selon un communiqué de la marine nationale. Ce qui laisse mal augurer de la suite. Vu l’ampleur et la durée de l’incendie, on peut avoir quelques doutes.

(NGV)

  1. Le sous marin de la classe Rubis était en arrêt technique, depuis le 13 janvier dernier. Interruption prévue pour entretien et réparations (IPER dans le jargon marin).

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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