Le Jean Bart bloque un navire émirati faisant du trafic de pétrole. Et rentre à Toulon (v2)

(B2) La frégate Jean Bart a bloqué vendredi dernier (22 mai) un pétrolier. Il cherchait à violer l’embargo sur les armes à destination de la Libye

La frégate Jean Bart est de retour à Toulon (crédit : Marine nationale)

Le Jal Laxmi, un pétrolier des Émirats arabes unis, était en route vers le port de Tobrouk,  contrôlé par les forces du général Khalifa Haftar. Ce dans le cadre d’une vente de produits raffinés, selon l’agence de presse Bloomberg. La frégate française Jean Bart a bloqué le pétrolier durant plusieurs jours.

Retour à Toulon

Depuis, la frégate anti-aérienne a regagné Toulon. « Après un déploiement de plusieurs semaines en Méditerranée centrale dans le cadre de l’opération de l’Union européenne Irini, la frégate a retrouvé sa base », a annoncé la marine nationale samedi (30 mai).

Une opération sans navires

Cela laisse actuellement l’opération Irini sans navires, à nouveau. Côté italien, le navire San Giorgio, qui sera le navire amiral de l’opération, devrait rejoindre la zone d’opération d’ici peu. Quant aux Grecs, leur arrivée dans l’opération a pris du retard. Ils ont dû changer de bateau (lire : La frégate Hydra endommagée est remplacée par la frégate Spetsai).

Commentaire : un geste de mauvaise humeur

Même si du côté de la marine nationale on affirme que ce retour était prévu, ce départ de la zone d’opération sans relais assuré n’est pas un signe très positif. Il peut être interprété comme un geste de mauvaise humeur, politique, même si la raison exacte peut donner à deux interprétations. Est-ce une question uniquement de génération de force ? La France a tenu parole en fournissant un navire, tandis que les deux autres contributeurs trainent des pieds. Ou est-ce une raison plus géopolitique ? L’arrestation d’un navire émirati, sur ordre du commandement d’opération, alors que la France, l’Égypte, la Grèce, Chypre et les Émirats ont convenu de travailler ensemble sur la Libye, a peut-être fait plus de vagues à Paris ? Alors que ce mardi, un débat sur Irini a lieu au Conseil de sécurité des Nations unies — pour renouveler l’autorisation d’inspection de contrôle des armes—, c’est une nouvelle tuile pour l’opération, qui peine à s’affirmer.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Complété mardi (2 juin) avec commentaire.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).