Le cap des 150.000 morts dus au Covid-19 franchi en Europe

(B2) Le nombre de morts dus à l’épidémie de coronavirus ou Covid-19 depuis le début de la crise est proche de la barre des 150.000 (146.700) selon la dernière livraison de statistiques de l’agence européenne de surveillance des maladies de Stockholm (ECDC)

Rue Neuve, Bruxelles, le 11 mai à la réouverture des magasins (crédit : Commission européenne)

Surmortalité plus forte en Belgique

Dans le haut du tableau, la Belgique reste le pays où le taux de mortalité est le plus important 75,1 pour 100.000 habitants (rouge sombre dans notre tableau). NB : Les explications données pour justifier cette position (meilleures statistiques, zone urbanisée, nombreux échanges internationaux…) semblent sujettes à caution (pour être gentil…).

Quatre pays sont très touchés également : l’Espagne (56,7), l’Italie (50,3) et le Royaume-Uni (47,5) suivent, avec la France un peu plus loin (39,3). Ces quatre pays, tous très peuplés, fournissent plus des trois-quarts du total de décès.

Les Pays-Bas, des résultats contrastés

Des pays réputés plus libéraux dans leur politique de confinement (Suède, Pays-Bas et Irlande) affichent un taux de mortalité soutenu. Mais le ratio est divisé par deux par rapport aux pays du haut du tableau : autour de 30 pour 100.000 habitants. Le cas des Pays-Bas est intéressant : La Haye affiche un taux de mortalité divisé par deux, par rapport à son voisin belge, mais supérieur de trois à quatre fois par rapport à ses deux autres voisins immédiats (Allemagne et Danemark).

La Suède, un mauvais élève

Le cas de la Suède, souvent cité en exemple pour avoir bien géré l’épidémie, est en fait beaucoup plus problématique qu’il n’y parait. Ce pays est en fait plutôt un très mauvais élève, affichant un taux de mortalité de trois à sept fois supérieur à ses voisins immédiats (Norvège, Finlande, Danemark), qui sont placés dans une situation semblable de densité de population et d’exposition géographique.

Quatre pays en exception

Point intéressant : Des pays très proches de l’axe rouge de l’épidémie (Luxembourg, Portugal, Danemark, Allemagne) n’affichent pourtant qu’un taux aux alentours de 10%. Cette différence mériterait, à elle seule, une investigation plus importante que celle qui n’a été faite jusqu’ici.

La politique de test systématique en Allemagne, et de prise en charge anticipée semble être une des explications les plus plausibles. Le cas luxembourgeois est aussi très particulier. Avec des frontières très ouvertes, en particulier sur la zone Nord-Est de la France, qui a été un épicentre de la crise, il apparait largement moins impacté.

L’Est de l’Europe la moins touchée

Les pays situés les plus à l’Est de l’Europe, du nord au sud, de la Finlande à la Grèce, en passant par la Tchéquie ou la Roumanie, restent peu touchés par l’épidémie avec un taux de mortalité entre 1 et 5 pour 100.000. Soit un taux plus ou moins similaire à celui d’une grosse grippe saisonnière.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Télécharger les statistiques de l’ECDC et notre tableau des pays triés dans l’ordre du plus au moins important des décès

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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