Deux navires hôpitaux et des hôpitaux de campagne en renfort outre-atlantique

(B2) Après avoir un peu nié la crise, les USA ont réagi vite, et de façon plutôt intelligente. Ils ont décidé le 18 mars de placer deux navires hôpitaux, l’un sur la côte Ouest (Pacifique), l’autre sur la côte Est (Atlantique)

L’USNS Mercy est parti de sa base de San Diego vers Los Angeles (crédit : U S Navy – Mass Communication Specialist 2nd Class Zach Kreitzer juillet 2018 – Archives B2)

Deux navires hôpitaux déployés

Sur la côte Ouest, l’USNS Mercy (T-AH 19) vient d’être déployé à Los Angeles la nuit dernière (23 mars) annonce le Pentagone. Sur la côte Est, c’est l’USNS Comfort (T-AH 20) qui est annoncé. Mais pas tout de suite. Il sera « déployé à New York en moins de 14 jours » a annoncé Mark T. Esper, le ministre US de la Défense, hier (24 mars). Au moment de l’alerte, il était en effet à Norfolk, en Virginie, pour maintenance. La marine a été priée de faire au plus vite. Chacun de ces deux navires offre une capacité intéressante de traitement : 1000 lits de patients et 80 lits de soins intensifs, un scanner et 4 salles de radiologies, 12 salles d’opérations, etc. (voir la fiche de synthèse). Par ailleurs des hôpitaux de campagne de l’armée (terre) sont déployés à Seattle et à New York.

En délestage plutôt qu’en première ligne

L’objectif affiché est de pouvoir venir au secours des hôpitaux des comtés « potentiellement submergés avec des soins aigus aux patients » explique-t-on au Pentagone. Il ne s’agit pas ainsi d’accueillir des malades du coronavirus, mais davantage « de soulager le personnel des hôpitaux civils de patients non atteints de coronavirus, afin que ce personnel puisse s’occuper des patients atteints de coronavirus » a précisé Mark T. Esper. « Le personnel médical militaire et les installations médicales militaires est davantage orienté vers les soins de traumatologie que vers le traitement des patients contagieux ».

Le personnel militaire davantage orienté trauma qu’épidémie

La raison de ce choix repose sur la logique militaire. Nous sommes « confrontés à des problèmes d’équipage » explique le médecin-général Paul Friedrichs, chirurgien de l’état-major interarmées. Ces navires sont, en effet, plutôt dotés d’un personnel typique pour des opérations, pour soigner des traumatismes ou blessés au combat, que pour traiter une maladie contagieuse comme le coronavirus. « Les utiliser pour prendre des patients non atteints de coronavirus […] est la meilleure façon d’affecter et d’organiser notre personnel ».

Un dispositif intelligent

Commentaire : ce dispositif est plutôt très intelligent. Laisser les hôpitaux civils en première ligne, sur le coronavirus et permettre au dispositif de santé de continuer à fonctionner, en seconde ligne, est assez rationnel et typique de l’organisation d’un service de santé (militaire ou non) de première urgence et deuxième urgence. On peut remarquer aussi une certaine anticipation dont fait preuve l’armée US. On pourra dire ce qu’on veut de Donald Trump et de ses foucades. Mais quand c’est parti outre-Atlantique ça fonce… ce n’est pas le cas partout. Si les Européens avaient fait preuve de la même anticipation, on n’en serait pas là aujourd’hui…

(Nicolas Gros-Verheyde)

NB : La défense américaine n’est pas épargnée par le coronavirus. Selon un décompte officiel, fait le 18 mars, 49 militaires, 14 civils de la défense et 7 contractants avaient été testés positifs, selon Hoffman. Et un premier homme, un contractant, est décédé samedi (21 mars) a annoncé le Pentagone le lendemain (22 mars).

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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