600 Français de plus au Sahel, pour permettre le lancement de la task-force Takuba

(B2) La ministre française des Armées, Florence Parly, a annoncé ce dimanche (2 février) l’arrivée de 600 hommes en renfort dans l’opération Barkhane

L’appui aux soldats Maliens comme du G5 Sahel est un des objectifs du déploiement supplémentaire français (crédit : DICOD / État major des armées)

Les effectifs de Barkhane seront portés finalement « à environ 5100 militaires ». À Pau, le Président avait annoncé un premier renfort de 220 hommes. Finalement après arbitrage, ce supplément sera de 600 hommes.

Un renfort nécessaire pour pallier la défaillance des Européens

400 hommes ont été ajoutés, en bonne partie des forces spéciales du COS (commandement des opérations spéciales), dédiés à la task force Takuba. C’est « un effort conséquent pour les armées françaises » indique la ministre. Un effort nécessaire pour permettre de ‘solidifier’ les forces maliennes ou nigériennes qui ont subi des pertes importantes ces dernières semaines. Les Européens promis n’arriveront, eux, que dans la seconde partie de l’année, voire à la fin de l’année. Aux côtés des Estoniens, on trouvera alors des Tchèques — le gouvernement tchèque vient de décider l’envoi de 60 hommes, déployés à compter de août-septembre — ainsi que des Suédois et Norvégiens, selon nos informations, qui doivent officialiser leur participation (lire : Quatre Européens présents dans la task-force Takuba, dans la zone des trois frontières. QG, implantation, nombre, logistique…).

Dans la zone des trois frontières

L’essentiel des renforts sera déployé dans la zone dite des ‘trois frontières’ entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Une autre partie de ces renforts sera engagée directement au sein des forces du G5 Sahel pour les accompagner au combat. Le Tchad, de son côté, devrait bientôt déployer un bataillon supplémentaire au sein de la force conjointe du G5 Sahel dans la région des trois frontières. Un renfort apprécié, les Tchadiens étant réputés plus solides que les forces nigériennes, maliennes ou burkinabèses. Objectif : « accentuer la pression contre l’EIGS (État islamique au grand Sahara) […]. Nous ne laisserons aucun espace à ceux qui veulent déstabiliser le Sahel » indique la ministre.

Autre enjeu : redonner du ‘peps’ à la mission EUTM

Autre illustration du changement de paradigme au Sahel, la ministre rappelle son soutien à « l’extension du mandat de la mission de formation de l’Union européenne (EUTM) pour lui permettre de coopérer avec les forces armées d’autres pays du G5 et d’assurer ainsi une partie plus importante de leur formation ». Autrement dit il s’agit de permettre à la mission EUTM d’aller suivre les formations faites dans différents camps (formation permanente) comme de former les forces du Burkina Faso ou du Niger. Là aussi les Français ont fort à faire pour convaincre leurs partenaires européens d’être un peu plus entreprenants. Les Allemands, notamment, ne sont pas très chauds (lire : Le Sahel, une plaie ouverte entre Français et Allemands. Le sommet de Pau en travers de la gorge de Berlin).

(Nicolas Gros-Verheyde)

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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