Les Chiliens prolongent leur engagement en Bosnie-Herzégovine. La gestion de la MINUSTAH en Haïti refait surface

(B2) Le Sénat chilien a approuvé lundi (30 décembre) la prolongation de la présence de troupes chiliennes en Bosnie-Herzégovine, au sein de l’opération européenne EUFOR Althea, pour une année supplémentaire.

Une partie du contingent chilien en décembre 2018 (crédit : EUFOR Althea / Archives B2)

Seize Chiliens présents à Sarajevo

Un vote acquis à une large majorité : 26 voix ‘Pour’, 2 voix abstentions, selon le compte-rendu fait par le sénat chilien. L’engagement de cet état sud-américain reste limité : 16 officiers et sous officiersdéployés essentiellement au QG de l’opération à Sarajevo ainsi qu’au poste d’observation et de liaison de Banja Luka. Le Chili est un des cinq pays tiers — avec l’Albanie, la Macédoine du Nord, la Suisse et la Turquie — à participer à l’opération européenne.

Les antécédents de la présence chilienne en Haïti ont pesé

Cette décision n’a cependant été acquise qu’au prix d’un engagement du ministre de la Défense, Alberto Espina, sur un autre sujet. Les allégations de viols ou d’abus sexuels que pourraient avoir commis des soldats chiliens, dans le cadre de la mission de l’ONU en Haïti (MINUSTAH) refont surface après la publication d’une étude universitaire (cf. encadré). Le ministre a promis « d’enquêter de manière approfondie sur chacun des faits qui me parviennent et de fournir des informations de manière claire et transparente ».

(NGV)


Les bébés Minustah

L’enquête menée par deux universitaires, Sabine Lee, de l’université de Birmingham (Royaume-Uni) et Susan Bartels, de la Queen’s University d’Ontario (Canada) a été publiée dans The Conversation juste avant Noël. Réalisée à partir d’interviews de 2500 personnes, elle montre que 265 enfants sont nés de relations entretenues par les Casques bleus durant toute la période de la MINUSTAH (2004-2017). Certaines étaient consenties, mais d’autres ont été monnayées et/ou abusives. Les victimes étant parfois mineures. Les soldats chiliens constituent avec les Brésiliens, Uruguayens et Argentins, les principaux pères des ‘bébés Minustah’.


 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).

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