La PESCO ouverte aux pays tiers ? Arrêtons de l’annoncer tous les 4 matins

(B2) Régulièrement, on lit dans la presse que « ça y est, la coopération structurée permanente (PESCO) va être ouverte au Royaume-Uni, aux États-Unis, etc. » À chaque fois, passée l’annonce sensationnelle, la réalité reprend ses marques : il n’y a pas d’accord. Quelques médias, anglo-saxons en particulier, notamment le média en ligne Politico, se sont fait une spécialité de ces annonces sans lendemain qui ressemblent davantage à un coup de buzz, un bon ‘spin’

En janvier 2018, le média américain annonce : « Le pacte militaire conjoint de l’UE sera ouvert aux pays extérieurs au bloc, tels que les États-Unis et le Royaume-Uni, après le Brexit, mais uniquement au cas par cas » citant un document confidentiel (1). En septembre 2018, rebelote, les portes de la défense européenne pourraient s’ouvrir » annonce-t-il s’appuyant sur un projet de décision à débattre le mois prochain… Et en dernier lieu tout récemment, ce 6 novembre, cette fois c’est sûr. « Le Royaume-Uni après le Brexit et les États-Unis pourraient participer à des projets relevant du nouveau pacte militaire de l’UE, tout en laissant la Chine – et peut-être la Turquie – à l’extérieur », citant un nouveau projet de proposition (de 5 pages… !). Les articles sont rédigés avec grand talent, comme savent si bien le faire nos collègues anglo-saxons, mais sur le fond comme sur la méthode, on peut avoir comme un doute sur l’authenticité de ces informations, comme sur l’objectif recherché : informer… ou faire pression sur les récalcitrants ?

Dans la réalité, en effet, selon nos informations puisées à bonne source, et sans tapage, on n’est pas encore au stade de la décision. « On n’en est pas loin » certes, comme l’a confié à B2 un spécialiste du domaine. Propos confirmé par deux autres sources diplomatiques. Mais la décision n’est pas encore approuvée. Elle avait d’ailleurs très peu de chance de l’être, selon un (très) bon connaisseur des affaires européennes, consulté par B2 avant la réunion (lire notre papier détaillé).

Conclusion : pour être ‘bien’ informé sur l’Europe politique, sa défense, sa politique étrangère, je n’aurai qu’un seul conseil : vérifier à deux fois vos informations… et lisez B2 !

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Le principe du ‘cas par cas’ comme du caractère ‘exceptionnel’ de cette association sont déjà inscrits dans la décision de décembre 2017 établissant le cadre général de la PESCO (article 9). Cela n’a rien d’hyper confidentiel…

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

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