Les coopérations européennes à l’honneur du 14 juillet

(B2) Ce défilé du 14 juillet est placé sous le symbole de la coopération et de l’Agir ensemble, nouveau maître mot d’Emmanuel Macron, afin d’illustrer l’ensemble des coopérations militaires que conduit la France avec ses voisins européens

(crédit : Eurocorps)

La volonté du gouvernement français est d’apporter « un hommage appuyé » aux coopérations militaires européennes — bilatérales ou multilatérales — dans le cadre de la politique de sécurité et de défense commune (PSDC) de l’Union européenne ou dans le cadre de l’OTAN. De quoi « offrir aux spectateurs une image d’unité » précise un officier de l’Eurocorps.

A pied…

Une compagnie espagnole du 3e régiment d’infanterie de Siero de la Brigada Galicia VII participera au défilé, de retour du Mali dans le cadre de la mission de formation de l’armée malienne EUTM Mali, ainsi que 450 hommes de la brigade franco-allemande (BFA), qui a aussi été récemment engagée au Mali. Pour les Espagnols, ce défilé est une première : 128 soldats essentiellement de l’armée de terre, mais aussi de la marine et de l’armée de l’air, fouleront le pavé (ou voleront au-dessus) des Champs Elysées. C’est aussi une manière de rendre hommage aux militaires espagnols qui ont assuré par leur courage et leur promptitude de réaction en février dernier la sauvegarde du camp malien de Koulikoro. L’Eurocorps sera aussi présent avec un contingent de 35 militaires sous le commandement de son chef, le général de corps d’armée Jürgen Weigt, aux cotés du corps de réaction rapide France (CRR-France) basé à Lille.

En l’air

Côté aérien également, il y a aura un aréopage européen. On trouvera ainsi, aux cotés des Mirage ou Rafale français, des Typhoon/Eurofighter (espagnol et britannique), un Tornado allemand et des F-16 (belge et néerlandais). Seront également présents un Casa CN 235 portugais, un A400M allemand et un KC-130 espagnol afin d’illustrer la coopération croissante en matière d’aviation de transport ou de ravitaillement.

Coté hélicoptères, des appareils Tigre espagnols et allemands voleront de concert avec leurs camarades français, ainsi que deux hélicoptères NH90 (Caiman) — un allemand et un espagnol du BHELMA III —, ainsi que deux appareils de transport lourd CH 47 britanniques.

Les étendards des dix pays de l’EIE

De façon plus symbolique, des étendards des unités militaires de dix pays participants à l’Initiative européenne d’intervention (IEI) —Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Pays-Bas, Portugal, Royaume-Uni, France — défileront en ouverture du défilé à pied. En tout quelque 4200 militaires, 196 véhicules à roues, 69 avions et 39 hélicoptères sont attendus sur les Champs Elysées dimanche.

Un mini sommet européen centré autour des pays de l’IEI

Après le défilé, le président français Emmanuel Macron recevra à déjeuner une dizaine de dirigeants européens qui participent à l’IEI. Un moyen de relancer politiquement une initiative qui s’est un peu enlisée dans des sables ‘techniques’… et peut-être également de discuter un peu politique européenne (notamment du soutien nécessaire à la candidate à la Commission européenne, Ursula von der Leyen).

La Chancelière Angela Merkel sera bien présente, ainsi que le Premier ministre belge Charles Michel, son homologue néerlandais Mark Rutte et le président finlandais Sauli Niinistö. Le président portugais Marcelo Rebelo de Sousa et son alter ego estonienne Kersti Kaljulaid seront également de la partie, tout comme le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le secrétaire général de l’OTAN Jens Stoltenberg.

Côté espagnol, c’est la ministre de la Défense Margarita Robles qui sera présente, le Premier ministre Pedro Sanchez étant très occupé à Madrid à tenter de mettre sur pied une majorité. Le Danemark sera représenté par sa tout nouvelle ministre de la Défense Trine Bramsen. Quant aux Britanniques, ils boudent ou sont en campagne électorale. Theresa May n’a pas franchi la Manche, représentée par un simple ministre délégué (le ministre d’Etat de son cabinet).

NB : apparemment, ni Ursula von der Leyen, actuelle ministre de la Défense et candidate à la Commission européenne, ni Federica Mogherini, la chef de la diplomatie européenne (en déplacement en Irak) ne seront présentes.

(Nicolas Gros-Verheyde)