Elections 2019. Objectif pour la Gauche Unitaire Européenne (GUE), sauver les meubles

(B2) Face à l’émiettement des forces des deux gros groupes, chrétiens démocrates et socio-démocrates, du côté gauche de l’hémicycle, c’est plutôt la stabilité. Mais tout n’est peut-être qu’apparence

(crédit : guengl.eu)

Si le groupe de la Gauche unitaire européenne (GUE) en lui même devrait conserver sa physionomie actuelle dans cette 9e législature, d’une cinquantaine de sièges, l’équilibre interne risque d’être bousculé. De plus, la montée de l’extrême-droite, voire des Verts, pourrait faire perdre à la GUE sa cinquième position actuelle.

Stabilité voire progression en Grèce et en Allemagne

La gauche alternative et radicale, comme elle se définit, devrait profiter de certaines poussées : au sud essentiellement en Grèce, et en Allemagne. Le parti Syriza grec, au pouvoir, malgré la crise, relève la tête et pourrait obtenir à un score au moins similaire à celui des Européennes de 2014, qui lui avait valu six sièges. Le Parti communiste grec (KKE) conserverait au moins deux sièges. En Allemagne, Die Linke devrait elle aussi conserver ses sept sièges et peut être même en gagner un de plus. Au Portugal, la Coalition Parti communiste et Verts (CDU) et le Bloc des gauches (CDE) résisterait, avec quatre sièges.

Reculs en Espagne ou en Italie

Un des bastions forts du groupe jusqu’à présent, l’Espagne, devrait perdre du poids. La liste commune de gauche autour de Podemos (Unidas Polemos) n’est créditée que de 12 à 14% des voix. Soit moins qu’en 2014. La coalition a déjà marqué le coup aux législatives espagnoles d’avril. L’Italie, pourtant membre fondateur du groupe dans les années 90, n’est elle plus qu’un fantôme avec ses trois sièges.

… parfois irréversibles comme (en partie) en France

Autre recul historique, le Parti communiste français, qui pour l’heure, n’aurait plus aucun élu. Cela n’empêchera pas la délégation française d’être plus importante qu’aujourd’hui (cinq sièges), grâce à La France Insoumise, qui pourrait gagner deux ou trois sièges à la faveur du mouvement de mécontentement initié par les ‘Gilets jaunes’.

Petits contingents et nouvelles forces…

L’Irlande (avec le Sinn Fein), la Finlande, Chypre, les Pays-Bas (avec le parti socialiste) devraient apporter chacun au moins un siège au groupe. La Suède pourrait envoyer deux députés (au lieu de un) et la Rép. Tchèque (avec le parti communiste historique) pourrait en envoyer trois.

La faille de l’Est … pourtant nouvelle figure de tête

Hormis ces Tchèques, le groupe n’a plus de poids dans les anciens pays de l’Est. L’espoir d’une poussée en Pologne ne semble pas se confirmer. En revanche, tous les regards sont tournés vers la Slovénie qui pourrait offrir son premier siège à Violeta Tomic, tête de liste de La Gauche. Le Parti de la Gauche Européenne lui a confié la tête de liste pour la campagne en tandem avec l’ancien leader syndical des métallos belges, Nico Cué.

(Emmanuelle Stroesser)

Lire notre dossier sur les élections : N°67. Élections européennes 2019 (V6)

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