La base de Florennes se fait belle pour l’arrivée de ses premiers F-35 belges

(B2 à Florennes) L’arrivée programmée du F-35A, le nouvel avion de combat de la Belgique, va impliquer des changements majeurs, à la fois en infrastructures et en recrutement, pour la force aérienne belge. A commencer par la base aérienne de Florennes qui va accueillir l’appareil américain

Le général F. Vansina (au premier plan) avec le ministre de la Défense Didier Reynders (au micro) (crédit : Mil.Be / Erwin Ceuppens)

« La sécurité va être augmentée avec l’arrivée des F-35 » indique un militaire à un petit groupe de journalistes, qui a ‘oublié’ de s’inscrire à l’avance. D’emblée, le ton est donné. Les premiers F-35A arriveront « en 2025 » à Florennes *, une des principales bases aériennes belges, située à quelques km de la frontière française, dans ce qu’on appelle l’entre Sambre-et-Meuse. Tandis que les 4 drones Reaper MQ-9B SkyGuardian arriveront en 2023.

Un défi ‘structures’ et personnel

L’arrivée de ces appareils made in US représente un « défi » note le ministre de la Défense Didier Reynders. L’arrivée de ces nouveaux outils nécessite « de gros travaux d’investissement » pour aménager la base en conséquence. Il nécessite également de nouveaux recrutements : de l’ordre « d’une centaine par an » sur la seule base de Florennes.

Durcir la base

Un « Special Access Program » va être mis en place pour assurer une sécurisation accrue du site. L’idée est de créer de nouveaux bâtiments qui vont abriter le cœur du système des F-35 : les simulateurs de vol et la maintenance. On ne reprend pas un bâtiment ancien. « Les contraintes en matière de sécurité sont telles que l’on ne peut construire que du neuf » nous explique le général Frederik Vansina, chef de la composante aérienne belge. Les Américains ont exigé des mesures drastiques pour éviter toute possibilité de ‘pillage’ de leur nouvel avion.

300 millions d’euros pour les infrastructures au minimum

La clôture extérieure va ainsi être renforcée. Une clôture sera installée autour de chaque installation à l’intérieur de la base. Il n’est pas question d’avoir une irruption d’activistes pacifistes comme la dernière fois à Kleine Brogel. Ces travaux s’étaleront sur plusieurs années. Ils devraient, idéalement, être finalisés en 2026. Montant prévu pour les infrastructures : 300 millions d’euros, au bas mot.

Le club F-35 prend le relais du club F-16

La Belgique n’est pas seule dans ce ‘challenge’. Six pays en Europe ont déjà adopté le F-35, notamment les Pays-Bas et le Danemark, et ont dû procéder à des travaux identiques. Un atout pour la Belgique car ce sont les « partenaires habituels » de la Belgique. « On peut parler d’une standardisation autour de cet appareil » argumente le général belge. Si les techniciens seront formés aux États-Unis, en Floride, la création d’un « centre européen » est une idée sur la table…

(Coline Traverson, st., révision : NGV)

* D’autres seront stationnés à partir de 2027 sur la base de Kleine Brogel


Des équipements plus performants

Le F-35 est un avion de cinquième génération avec une durée de vie de « 40 à 50 ans » et une capacité de « fusionner les données ». Un vrai « Iphone volant » vante le général Frederik Vansina, pas peu fier des dernières acquisitions. Les données de vol seront donc « disponibles sur un seul et même écran et analysées » alors qu’elles sont, aujourd’hui, compartimentées. Cette liaison permanente des données et la « furtivité » de l’appareil sont une vraie nouveauté par rapport au F-16. Quant aux MQ-9B Sky Guardian (deux appareils et deux stations au sol), construits par General Atomics, il sont plus puissants que les anciens modèles avec « 40 heures d’endurance ». Et, pour la première fois, ils pourront « évoluer dans le même espace aérien que les appareils civils » car ils seront équipés d’un radar spécifique dans leur nez.