Fusillade dans le centre de Strasbourg. Plusieurs morts et blessés (V4)

Fusillade dans le centre de Strasbourg. Plusieurs morts et blessés (V4)

(B2) Un tireur a fait feu sur plusieurs personnes dans le centre de Strasbourg, mardi soir (11 décembre), juste avant 20h, alors que se tient le traditionnel marché de Noël et la session plénière du Parlement européen.

Les images captées par un journaliste espagnol montrent deux personnes allongées par terre sous des couvertures de survie (crédit : CMM)

Selon les premiers éléments communiqués par la préfecture (à 22h20), l’individu entre dans le périmètre du marché de Noël par le pont du Corbeau, se dirigeant vers la rue des Orfèvres. Il commence à ouvrir le feu, blessant plusieurs personnes. L’homme échange des tirs avec une patrouille Sentinelle, il blesse un militaire (légèrement) et est lui aussi blessé. Mais il réussit à prendre la fuite.

Le bilan donné par la préfecture du Grand Est fait état d’abord d’un, puis deux morts. Il est réévalué à plusieurs reprises, et s’établit (en dernier lieu) à trois morts et 13 blessés (8 blessés graves et 5 blessés légers). Plusieurs blessés sont très gravement atteints, ce bilan pourrait donc s’alourdir.

Des tirs destinés à tuer

Plusieurs blessés ont été atteint à la tête ou dans les organes vitaux. Un confrère de la télévision autrichienne, Peter Fritz, est resté près d’un homme atteint de deux balles dans la tête pour tenter de le réanimer durant 45 minutes, a-t-il indiqué par twitter. Ils ont fini par arrêter. Il était trop tard ont indiqué les médecins. 

Le plan blanc d’urgence hospitalière est déclenché, permettant de mobiliser tous les personnels médicaux (médecins, infirmiers) nécessaires, notamment au CHU de Hautepierre, affirme très vite France Bleu Alsace. Des forces de police, des gendarmes, ainsi que des militaires de la force Sentinelle, des équipes de la BRI et du RAID, sont dépêchés en renfort, pour boucler le quartier. Deux hélicoptères sont mobilisés. Les contrôles sont renforcés sur la frontière allemande toute proche (de Kehl).

Le maire de la ville Roland Ries, très rapidement, via twitter, appelle à rester chacun chez soi, exprimant ses pensées aux victimes.

Evénement grave en cours dans le centre de #Strasbourg.

Dans l’immédiat, merci de rester chez vous.

Mes premières pensées vont aux victimes.— Roland Ries (@Roland_Ries) 11 décembre 2018

Parlement fermé pour sécurité, solidarité européenne

A l’autre bout de la ville, le Parlement européen est fermé durant plusieurs heures. « Personne ne peut le quitter jusqu’à nouvel ordre. Députés et personnels ont reçu des mails ou SMS les indiquant de rester à l’abri » indique Jaume Duch le chef de service de presse du Parlement par twitter.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker qui était à Strasbourg dans la journée (avant de remonter sur Bruxelles pour rencontrer Theresa May) fait part, via twitter, de sa solidarité : « Mes pensées sont avec les victimes de la fusillade de Strasbourg que je condamne avec grande fermeté. Strasbourg est par excellence une ville symbole de la paix & de la démocratie européennes. Des valeurs que nous défendrons toujours. La Commission se tient aux côtés de la France. »

La plupart des leaders européens adressent leurs messages de condoléance et de solidarité. Le chancelier autrichien Sebastian Kurz, qui assure la présidence du Conseil de l’UE, condamne « un acte lâche » et réaffirme la « volonté de défendre les valeurs et le mode de vie des Européens ». « My thoughts are with the victims of today’s cowardly shooting in #Strasbourg which I sharply condemn. We will not be intimidated and always defend our #European values as well as our #European way of life. »

Un homme suivi

Le tireur (Chérif C.) est fiché S (Sûreté de l’Etat) et inscrit dans le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT). Né à Strasbourg, il a 29 ans et habite dans la périphérie de Strasbourg. Il est « très défavorablement connu pour des faits de droit commun, pour lesquels il a déjà fait l’objet de condamnations en France et en Allemagne et pour lesquels il a purgé ses peines » indique le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, qui a tenu à arriver très vite à Strasbourg.

C’est un mode surprenant au niveau opératoire, a reconnu Laurent Nuñez, le secrétaire d’État chargé de l’Intérieur sur France-Inter mercredi matin (12 décembre). « Il s’était radicalisé, au niveau religieux [durant] son passage en prison (fin 2015). Il faisait du prosélytisme en prison. Mais rien ne permettait de supposer un passage à l’acte ». Il appelle à rester « prudent » avant de qualifier l’évènement « d’attentat ». L’homme aurait dû être interpellé le matin, avec d’autres complices, pour tentative d’homicide.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Mis à jour – le 11.12 21h30, 24h et 12.12 8h (bilan, réactions, profil du tireur)