Les premiers entretiens de l’Europe de la défense à Panthéon Sorbonne

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(B2) Alors que la rentrée va se faire sous l’angle de la défense — que ce soit au niveau européen avec les propositions de Emmanuel Macron ou le discours de l’état de l’Union de Jean-Claude Juncker — et avant les universités d’été de la défense, nous publions une série de papiers issus des Premiers Entretiens de la défense européenne à la Sorbonne que nous avons organisé en juin avec nos amis universitaires et chercheurs.

Une panoplie d’acteurs industriels, de chercheurs et d’acteurs institutionnels, réunis autour d’un sujet majeur : dans quelle direction s’oriente l’Europe de la défense, en particulier l’industrie européenne de défense qui a fait l’objet de toutes les attentions des politiques ces derniers mois.

Du côté industriel se dégage un certain consensus pour estimer que les dernières nouvelles venues de Bruxelles, avec la création du Fonds européen de défense, sont positives. Pour autant, elles ne peuvent pas solutionner certaines faiblesses notables. Pour Carole Ferrand, de la direction générale de l’armement DGA, créer une base industrielle et technique de défense européenne (BITDE) suppose une autonomie industrielle, c’est-à-dire sans pays tiers. Oui, mais elle doit être composée de champions forts à l’export, et pas seulement sur le marché européen, qui est trop petit pour avoir exister et innover, précise Olivier Martin de MBDA. Attention à bien définir les modalités du Fonds, relate Stéphane Abrial, de SAFRAN.

Les acteurs institutionnels, eux, s’accordent sur un point en particulier : c’est à l’industrie de faire un pas en avant et lancer des projets rapidement, au moyen du Fonds européen de défense, comme l’ont martelé Pierre Delsaux, directeur général adjoint, et Anne Fort, chef d’unité adjoint, à la DG GROW à la Commission européenne, ainsi que Jean-Youri Martin, directeur adjoint de l’Agence européenne de défense.

Quel chemin parcouru, a précisé Françoise Grossetête, eurodéputée, qui nous a fait part de son expérience de rapporteure du programme de développement industriel de défense, détaillant les circonstances, finalement favorables, qui a amené une majorité assez large, plutôt inédite quand on parle d’intégration européenne, des conservateurs aux sociaux-démocrates, pour approuver ce nouveau programme.

Enfin nous avons pu avoir un portrait sans concession de la future coopération structurée permanente (PESCO) par F. Mauro ou de la situation des budgets européens de défense avec F. Coulomb.

A noter sur vos agendas : Les seconds entretiens de la défense européenne auront lieu au printemps 2019, juste avant les élections européennes. Nous vous tiendrons informés sur ce site, comme sur celui des Entretiens.

(Nicolas Gros-Verheyde avec Aurélie Pugnet, st.)

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