L’UE va financer la reconstruction du QG du G5 Sahel à Sévaré

L’UE va financer la reconstruction du QG du G5 Sahel à Sévaré

(B2) La Commission européenne a annoncé, mercredi 25 juillet, qu’elle financera « la totalité de la reconstruction » du QG de la force conjointe du G5 Sahel, cible d’un attentat en juin dernier. Une nécessité pour les Européens qui comptent sur les forces du G5 pour prendre leur relais

L’entrée du QG de Sévaré, avant l’attentat (Crédit : Minusma)

L’attaque du 29 juin dernier, voiture piégée suivie d’une fusillade, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), principale alliance djihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda (lire : Une patrouille franco-malienne de Barkhane attaquée dans Gao (V3)), avait fait trois morts (deux militaires et un civil). Mais elle avait surtout semé le doute sur la capacité des forces maliennes à agir et sur le leadership de la Force. Le commandant avait d’ailleurs rapidement été destitué. Et un général mauritanien, Hanena Ould Sidi, nommé à la tête de cette Force.

Une attaque suicide détruisant le QG

Conséquence non négligeable l’attaque suicide a aussi détruit une bonne partie du quartier général du G5 Sahel à Sévaré (centre du Mali), le rendant impropre à coordonner les opérations futures. Outre l’entrée principale, plusieurs bâtiments dont des locaux d’hébergement ont, en effet, été endommagés ou détruits.

Toute la reconstruction financée par l’UE

C’est sur cet aspect logistique que la Commission européenne a décidé d’intervenir. « Nous avons décidé de soutenir pleinement la reconstruction du quartier général de Sévaré, au Mali », a ainsi annoncé la Commission mercredi (25 juillet). Aucun budget n’a encore été annoncé, mais l’étendue des dégâts laisse penser que d’importants travaux de reconstruction et de sécurisation sont nécessaires. Cette décision a été prise en « une concertation étroite » avec les Français de l’opération Barkhane, le commandant de la Force du G5 Sahel et la mission militaire européenne de formation de l’armée malienne (EUTM Mali), précise-t-on à Bruxelles.

Objectif : éviter l’effondrement de la Force conjointe

Avant même l’attaque, l’opérationnalisation de la Force conjointe était remise en question (lire : La force conjointe du G5 Sahel peine à se mettre en place). La destruction du QG réduisait les capacités physiques de la force. En finançant la reconstruction, l’UE s’assure qu’elle aura lieu plus rapidement. Elle soutient ainsi la continuité de l’action de l’état-major de la Force sur place. L’Union européenne « poursuivra ce travail de concertation avec le nouveau commandant de la Force dès qu’il sera en fonction ».

… et défendre les intérêts européens

« L’attaque contre le quartier général de la Force conjointe du G5 Sahel au Mali est aussi une attaque contre notre priorité commune de ramener la paix dans la région », précise la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini. Un soutien qui est dans le logique prolongement de la position toujours affirmée par les Européens aux forces locales (lire : Les 28 renouvellent leur soutien au G5 Sahel).

Nb : En évitant que la Force conjointe se délite, l’UE entend également soutenir les investissements déjà faits jusqu’à présent. Le G5 Sahel étant un pari qui doit permettre aux Européens de se désengager, au moins militairement, de la région.

(Leonor Hubaut)

Lire aussi : G5 Sahel. L’Europe n’a pas tout à fait tenu ses promesses (Kalla Ankourao)