Ce que l’Italie, Malte et la France reprochent au Lifeline

(B2) Quand Matteo Salvini, le ministre italien de l’Intérieur, suivi par Emmanuel Macron, le président français, mettent en cause l’ONG Lifeline (1) pour ne pas avoir suivi certaines règles, il y a bien sûr de la politique, mais aussi « certaines informations, des écoutes, des rapports des garde-côtes » qui étayent une certaine méfiance de plusieurs gouvernements européens (maltais, italien, français, néerlandais) à l’égard du travail de cette ONG.

Intervention hors zone et transpondeur coupé

D’après ce qu’a dit lors du Conseil européen le Premier ministre maltais, Joseph Muscat — particulièrement remonté contre l’ONG —, et ce que nous avons récolté, l’histoire s’établit ainsi. Le navire de l’ONG a recueilli un appel de détresse. Quand l’opération de sauvetage a commencé, le MRCC de Rome a informé l’ONG que la zone était couverte par les garde-côtes libyens, et ceux-ci allaient prendre en charge les rescapés. Mais le Lifeline a décidé d’ignorer cet ordre. Les marins du navire allemand auraient alors coupé leur transpondeur pour sortir de la zone libyenne.

L’immatriculation du navire

Tout d’abord, les gouvernements européens ont prétendu que le pavillon affiché par le navire (celui des Pays-Bas) était faux. Une déclaration appuyée par un représentant de la représentation permanente à Bruxelles des Pays-Bas, citée par l’AFP. Finalement les déclarations de l’ONG s’avéreront exactes : il y a bien un pavillon néerlandais enregistré pour le navire. L’accusation se précise alors : ce navire est enregistré comme navire de plaisance et non comme navire de recherche et de secours.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Fondée en mai 2016, l’ONG allemande a racheté en 2017 le navire Sea-Watch 2 à l’ONG du même nom (Sea-Watch s’équipant alors d’un nouveau navire plus moderne, le Sea-Watch 3).

Lire notre dossier N°63. La présence des navires des ONG au large de la Libye : saluée, encouragée puis vilipendée et refusée