Aquarius. Emmanuel Macron met en cause les garde-côtes (italiens)

(B2) Une phrase est relativement passée inaperçue au sommet franco-allemand de Meseberg. Répondant à une question d’un journaliste sur le sort de l’Aquarius, le président français Emmanuel Macron a, une nouvelle fois, taclé le gouvernement italien de Giuseppe Conte, et en particulier son ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini.

Un tacle indirect certes. Mais très précis. Il rappelle un point important dans la trajectoire du navire de SOS Méditerranée, l’Aquarius.

« La problématique de l’Aquarius, c’est à partir du moment où le bateau quitte les eaux libyennes. C’est au moment où certains garde-côtes les mettent sur un bateau et commencent à les accompagner. Il ne se pose pas à quelques kilomètres des côtes. »

Le Dattilo (CP-940) navire des garde-côtes italiens amarré à Valence aux côtés de l’Aquarius (crédit : SOS Méditerranée)

Le gouvernement italien mis en cause

En utilisant le mot « certains », le président n’a pas voulu préciser « italiens ». Mais il y a pensé très fort. De même, il n’a pas accusé les Italiens d’avoir monté un coup. Mais il y a pensé très fort.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).

2 pensées sur “Aquarius. Emmanuel Macron met en cause les garde-côtes (italiens)

  • 24 juin 2018 à 08:28
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    Même s’il y a anguille sous roche, il faut se demander pourquoi les bâtiments des ONG ne vont pas déposer leurs migrants dans le pays d’immatriculation du bateau ? Car il est un peu trop facile de financer des ONG depuis l’Allemagne pour opérer sur les rivages italiens.
    Certes la distance et le temps perdu limiteront l’efficacité de l’action de l’ONG, mais il faut tout de même penser que les allemands et ceux qui financent les ONG regardent tout cela « à la télé en prenant l’apéro ».

    • 24 juin 2018 à 11:46
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      Votre raisonnement reste théorique : si le navire de l’ONG ne les recueille pas, ce sera un autre qui devra le faire. C’est la vraie problématique de cette crise qui a commencé bien avant que les navires des ONG soient là.
      Cela veut dire que si un navire battant pavillon FR ou Kerguelen (marchand) – obligation du droit de la mer – devrait se détourner jusqu’à la France ou les Kerguelen pour y laisser les rescapés. Cela ne parait pas vraiment réaliste au regard des charges de la marine marchande.

      Quant à l’Allemagne, regardez combien elle a accueilli de réfugiés/migrants en 2015 et combien la France en a accueilli. Idem lors de la crise/guerres de Yougoslavie. Et vous aurez une partie de la réponse. Contrairement à ce qui est dit souvent, la France n’a pas une tradition d’accueil de réfugiés aussi développée que d’autres pays européens. Elle a en revanche une tradition d’intégration ou d’incorporation de migrants ou naturalisés + forte que d’autre pays (du fait des colonies). Les questions de l’immigration et de l’asile sont très complexes et ne peuvent être résumées à quelques options rédhibitoires

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