Un nouvel entrepôt pour les missions de gestion de crises de l’UE. C’est signé

La signature de la convention entre D. Eliasson (à gauche) et H. Hardeman (à droite) (crédit : MSB)

(B2) L’évènement est passé plutôt inaperçu dans le maelstrom de la situation internationale. Mais c’est une petite brique dans ce qu’on appelle « l’opérationnalisation » de la politique de sécurité et de défense commune de l’Union européenne qui vient d’être posée.

Un nouvel accord signé avec la Suède

Hilde Hardeman, la directrice du Service des instruments de politique étrangère (FPI) de la Commission européenne et Dan Eliasson, le directeur général de l’Agence suédoise pour la protection civile (MSB), ont signé lundi dernier (28 mai), un contrat confiant à MSB la gestion de l’entrepôt stratégique de l’UE pour les missions civiles de gestion de crises comme pour les représentants spéciaux de l’UE. Objectif : stocker du matériel, l’acquérir éventuellement et l’acheminer vers le lieu de la mission aussi rapidement que possible. « Afin de lancer une mission rapidement et de la gérer de manière efficace et sûre, il est essentiel de disposer du bon équipement, de raccourcir le temps de réponse et de s’assurer que le personnel des missions dispose des conditions nécessaires pour travailler efficacement et en toute sécurité » souligne-t-on du côté européen.

Un premier essai en forme d’échec

Cette signature est l’aboutissement assez lent d’une réflexion au niveau européen. Un premier contrat pour un entrepôt avait été signé en 2013 avec une société allemande (lire : L’Union européenne aura son entrepôt permanent pour la gestion de crises). Mais cette première version s’est avérée loin d’être efficace. Ce dispositif n’a été utilisé qu’une fois… (pour la mission européenne EUBAM Libya à la mi 2013). Et encore. Les questions alors sont nombreuses : Est-ce que le contrat était trop limité ? Les conditions mises au déploiement trop strictes ? Le fournisseur pas adapté au contrat ou peu sérieux ? … sans doute un peu de tout, selon nos informations (lire : Faut-il revoir le fonctionnement de l’entrepôt ?). Le choix d’un fournisseur privé était sans doute une erreur. Tout comme toutes les conditions entourant son utilisation (uniquement pour les nouvelles missions, pour certains matériels uniquement…). En réalité, tout avait été prévu pour… ne pas vraiment utiliser l’entrepôt.

Un opérateur plus expérimenté

Une leçon a été tirée de ces erreurs. Les Européens ont désormais choisi un opérateur public, expérimenté, qui a un certain rayon d’action au niveau international : la Suède et son bras opérationnel pour les interventions de sécurité civile, MSB (lire : Un nouvel entrepôt pour les missions de gestion de crises, en Suède (V2)). « Créée en 2009, l’agence MSB a acquis, stocké, géré et transporté des équipements de et vers des opérations en Suède et dans le monde entier, pour entre autres l’UE et l’ONU » indique son directeur Dan Eliasson. « L’année dernière, en 2017, nous avons effectué 125 missions internationales (et 39 nationales). » « C’est grâce à leur expérience, leurs connaissances et leurs capacités que nous avons décidé de confier à MSB la gestion de l’entrepôt de l’UE pour les opérations civiles et de gestion des conflits » confirme Hilde Hardeman, la chef du service des instruments de politique étrangère (FPI) de la Commission européenne. « C’est une mission très importante. »

Tout le matériel ou presque pour une mission

Le nouvel entrepôt stratégique contiendra, entre autres équipements, des véhicules, des équipements informatiques, des téléphones satellitaires, des fournitures médicales, des médicaments et des casques. Il aura ainsi la capacité de lancer une nouvelle mission de 200 personnes dans les 30 jours. Il sera situé à Kristinehamn, où MSB a déjà mis en place des entrepôts de stockage et de logistique pour les opérations suédoises de protection civile dans le pays ou dans le monde. Sa superficie totale sera de 5000 mètres carrés. MSB favorisera également une « prise en compte accrue de l’environnement à prendre dans les missions », précise son directeur. L’accord signé avec l’UE prévoit en effet que « MSB pourra recevoir des déchets toxiques et les éliminer de façon écologique ».

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire notre fiche détaillée (B2 pro) L’entrepôt de gestion de crises (fiche)