Maurane, une voix attachante et engagée

Maurane, une voix attachante et engagée

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(B2) La chanteuse belge Maurane est décédée, annonce la RTBF ce matin. Elle avait 57 ans. Elle a été retrouvée inanimée dans son lit hier, lundi (7 mai), aux alentours de 20h, à Schaerbeek, la commune bruxelloise où elle habitait. Les raisons du décès sont inconnues. Un magistrat du parquet de Bruxelles s’est rendu à son domicile.

Rien ne laissait présager cette mort. Maurane (alias Claudine Luypaerts) s’était produite, encore, dimanche dernier (6 mai), à la fête de L’iris sur la place des Palais avec un hommage à Jacques Brel avec Zap Mama ou samedi (5 mai) au Palais d’Egmont pour la Nuit des Étoiles au profit de la Fondation Albert II de Monaco. Regardez l’extrait de Thomas de Bergeyck de RTL TVI.

Après deux années d’absence, elle se remettait doucement, selon ses propres paroles. Et elle préparait même un nouvel album, hommage à Jacques Brel, bien avancé, d’après son dernier tweet, puisque 14 maquettes étaient déjà enregistrées. Un premier single devait sortir dans le courant de l’été. Une tournée était même en préparation, pour mars 2019.

Une voix attachante…

Maurane était une voix formidable, profonde, troublante, mais aussi une personnalité, une personne attachante. J’avais eu la chance de la rencontrer pour Radio France internationale. Elle était d’une simplicité, d’une franchise plutôt peu commune dans ce milieu de la musique. L’interview prévue avait largement débordé sur le temps imparti. Mais en même temps, on sentait une fragilité, une sensibilité, une tristesse parfois, qui s’exprimait souvent dans ses interprétations. Elle était aussi particulièrement engagée. Elle participera régulièrement aux concerts des Enfoirés pour les Restos du cœur à partir de 1996 jusqu’à 2013, aux côtés de Michel Berger qui l’avait fait connaître sur la scène française dans la seconde version de Starmania en 1988-1989.

 

Ecoutez la ! en duo avec la talentueuse Typh Barrow dans La chanson des vieux amants » de Jacques Brel.

… et engagée

Elle expliquait cet engagement par une formule . « Avant je disais toujours que j’étais une chanteuse dégagée, que je ne voulais pas être engagée, que cela servait à rien. En fait, quand je vois à quel point la musique fait bouger les choses et fait avancer les choses, je me dis qu’il n’y a plus que çà à faire… y aller. » « Quand ça touche les enfants, des gens qui à coté de soi ne mangent pas à leur faim, vous ne pouvez pas rester indifférente. »

Elle exécrait aussi l’atmosphère guerrière qui marque trop souvent la vie internationale. « Comme tout le monde, cette violence, ces guéguerres à vingt balles. Je peux vous dire que Bush je l’ai dans le pif…. » indiquait-elle (on était début 2003 en pleine crise irakienne). « Je ne regarde d’ailleurs plus trop les actualités car je trouve qu’on médiatise beaucoup trop ces guerres, qu’on leur donne finalement une importance. Les gens allument la télé, s’aperçoivent qu’ils ont leur petite guerre en direct. Il y a un coté très malsain. »

Regardez la le 6 mai, dans une vidéo tournée avec Typh Barrow, qui revient sur scène, avec douleur, humanité mais tenacité.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Lire aussi :  Quand l’humain danse, le dernier album « tutti frutti » de Maurane

Crédit photo : Twitter Maurane / mars 2018