Le poste frontière conjoint de Palanca bientôt ouvert

La construction du point de passage de Palanca se poursuit (crédit : PNUD)

(B2) C’est un point noir dans la frontière européenne ‘lointaine’ qui est en passe bientôt de disparaître. La police des frontières et les douanes de Moldavie, les garde-frontières et le service fiscal de l’Ukraine se sont accordés, le 19 février 2018, sur le projet final de ‘point de passage frontalier exploité conjointement’ (Jointly Operated Border Crossing Point – JOBCP) à Palanca. Ce poste frontière devrait être opérationnel en novembre 2018.

Des avancées substantielles

D’une superficie de 2,6 hectares, le nouveau point de contrôle « sera adapté aux besoins de tous les voyageurs », notamment grâce à des infrastructures pour les personnes à mobilité réduite, un point de contrôle pour les piétons et cyclistes, etc. Si jusqu’à présent, ce sont 600.000 personnes/an qui traversaient la frontière, ce nombre devrait doubler grâce aux nouvelles installations. Lorsqu’il sera opérationnel, « les voyageurs ne s’arrêteront qu’une seule fois pour les contrôles aux frontières et le temps de passage à la frontière pour les personnes et les échanges commerciaux sera réduit de 20% » signale-t-on à la mission. Ce qui représentera une vraie avancée.

Un soutien européen non négligeable

Les travaux sont actuellement en cours. Avec un gros soutien financier européen : l’Union européenne finance 4,5 millions d’euros (sur les 5,56 millions que coûte le projet). Un support technique également. La mission européenne d’assistance aux frontières (EUBAM) a ainsi soutenu le projet Palanca « dans tous ses aspects, depuis l’aide à la demande de financement de l’UE au stade initial jusqu’aux détails techniques du [point de passage] plus tard », signale le chef de la mission européenne, Slawomir Pichor. (Détails du projet)

Un poste moderne et très européen

Palanca sera le premier point de passage frontalier nouvellement construit fonctionnant dans le cadre du nouvel accord sur le contrôle conjoint de la frontière moldavo-ukrainienne signé entre les gouvernements de Chisinau et Kiev en octobre 2017. L’objectif est de se baser sur des « principes modernes de gestion des frontières », comme le guichet unique et l’échange de données électroniques entre les différentes agences impliquées dans le contrôle des frontières, déjà développés dans les frontières européennes (hors espace Schengen). Cela permettra aux « citoyens de bénéficier de l’amélioration des conditions de passage aux frontières, conformément aux normes européennes. »

Deux autres points frontières

Carte des points de passage frontaliers (crédit : Organisation internationale pour les migrations)

Outre Palanca, EUBAM a ainsi aidé les services partenaires à mettre en œuvre un autre projet de grande envergure financé par l’Union européenne, aux points de passage frontaliers de Kuchurhan – Pervomaisk sur la M14 (l’autoroute qui relie les deux capitales en passant par la Transnistrie) et de Reni – Giurgiulesti (à l’ouest du pays entre la Moldavie et la Roumanie).

Un élément essentiel du contrôle aux frontières

Le contrôle conjoint aux frontières est l’un des premiers objectifs de la mission européenne EUBAM à la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine, et ce dès sa mise en place il y a bientôt 15 ans.  Ainsi, des douaniers européens sont sur place depuis une dizaine d’années afin de conseiller les autorités moldaves et ukrainiennes. Cela fait des années qu’ils espèrent voir le projet de point de contrôle conjoint aboutir. Lire notre reportage en 2008 : Aux confins de l’Europe avec les douaniers européens

(Claire Boutry st. et Nicolas Gros-Verheyde)

Lire également notre fiche : La mission d’assistance à la surveillance aux frontières Moldavie Ukraine « EUBAM Moldova Ukraine » (novembre 2005 – …)