La marine italienne perd un homme en mer lors d’un vol de nuit (V2)

(B2) C’est un accident plutôt rare. L’hélicoptère de bord SH / AB 212 du patrouilleur de haute mer Borsini (P-491), qui participait à l’opération italienne de surveillance maritime Mare Sicuro, s’est écrasé en mer dans la nuit de jeudi (5 avril), juste avant d’apponter sur le navire.

Un crash dans la nuit

Tout d’abord, on avait pu croire que l’incident se terminerait sans trop de dégâts. La marine avait ainsi en effet annoncé vers minuit avoir « récupéré cinq membres d’équipage qui ont été transférés à bord, des évaluations et des soins » comme l’indiquait laconiquement la marine dans un tweet publié dans la nuit.

En fait l’un d’entre eux était dans un état critique. Malgré tous les effort pour le réanimer, le caporal de 1ère classe Andrea Fazio, est décédé à bord du navire. Il appartenait au 2e Groupe des hélicoptères, stationné à Catane. Un « homme expérimenté et apprécié de ses collègues » selon les termes même du chef d’état major de la marine l’amiral Valter Girardelli.

Un crash en mission de nuit

« L’hélicoptère a percuté la mer non loin d’apponter sur le navire. Il venait de terminer une mission de formation de nuit, de type « Night Vision Googles » (NVG), pour deux tireurs de la Marine Brigade San Marco » indique le communiqué de la marine italienne. Dès qu’il a heurté l’eau, l’hélicoptère s’est couché sur le côté. Les deux pilotes et les deux opérateurs de l’unité d’élite ont pu s’extraire de l’hélicoptère, mais Andrea Fazio est resté coincé dans le cockpit.

Une tentative de récupération ultime

Les plongeurs du Borsini se sont précipités rapidement et ont pu le récupérer. Mais sans grand espoir. Il a été ramené sur le navire inconscient. Et, malgré tous les efforts pour le réanimer, il est décédé à bord. Les deux pilotes et les deux fusiliers marins sont sains et sauf, mais « en état de choc ». L’amiral Girardelli a tenu à saluer « la rapidité du sauvetage et la capacité d’intervention de l’équipage du Borsini et des autres unités intervenues sur le lieu de l’accident ».

L’hélicoptère coule

Aux premières lueurs de l’aube, l’hélicoptère a coulé, le contact visuel avec les flotteurs auxquels il était fixé a été perdu, les mauvaises conditions météorologiques sur la région expliquant cet épilogue… comme peut-être les causes de l’accident. Une enquête est en cours. Le procureur militaire de Rome a ouvert une enquête.

Un habitué des hélicos et des missions internationales

Né à Augusta le port de Sicile, âgé de 40 ans, Andrea Fazio, n’était pas marié et n’avait pas d’enfants. Sa passion était les hélicoptères. Il était en service, depuis douze ans, sur la base de Maristaeli du 2e groupe d’hélicoptères. Il avait participé à plusieurs opérations internationales et notamment l’opération anti-piraterie de l’UE, EUNAVFOR Atalanta en 2012.

Une manœuvre délicate mais routinière

La manœuvre d’appontage est difficile en soi, mais routinière pour les équipages italiens. J’avais pu en être le témoin à plusieurs reprises, notamment en volant à bord de ces appareils pour rejoindre le Cavour qui était alors le navire amiral de l’opération Sophia (lire : A bord du Cavour (opération Sophia)).

Les pilotes du 2e groupe d’hélicoptères interviennent régulièrement en mer, en appui des nombreux navires italiens qui patrouillent dans la zone, que ce soit pour les opérations nationales de surveillance maritime et de sauvetage en mer (type Mare Sicuro) ou pour les opérations européennes (type opération Sophia). Ils sont aux prises alors régulièrement à des conditions météo pas toujours favorables, avec des vents de travers.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Mis à jour sam. 7 avril (notions biographiques)