L’Autriche, un gouvernement merveilleux !

S. Kurz, JC Juncker et J. Hahn (crédit : Commission européenne)

(B2) Lors de son entrevue avec le nouveau Premier ministre autrichien, le jeune et sémillant Sebastian Kurz, le président Jean-Claude Juncker n’a pas eu assez de mots doux. « Le chancelier autrichien est très pro européen, cela se retrouve dans le programme », s’est-il enthousiasmé. L’ancien Premier ministre luxembourgeois s’est ainsi refusé à prononcer toute réserve, et encore moins toute réserve, vis-à-vis du nouveau gouvernement formé avec l’extrême-droite du FPÖ.

Aucune réserve

« Comme tous les gouvernements, nous nous ferons une idée du gouvernement autrichien sur la base des faits, mais je ne vois pas de raison de ne pas voir les promesses de ce programme de coalition remplies ». Ces « propositions nous satisfont quasiment à 100% » a-t-il répété.

Commentaire : Nous irons skier en Autriche cet hiver

Il semble ainsi loin le temps où, tel le ministre belge des Affaires étrangères, en 2000 on affirmait « ne pas vouloir aller skier en Autriche cet hiver ». De l’eau a coulé sous les ponts. Et la présence d’un gouvernement d’extrême-droite, vienne-t-il avec des propositions très dures en matière d’immigration ou d’intégration sociale, ne suscite pas grande réaction dans les États membres.

La Commission est toujours aussi prudente. Si on se remémore la position tenue en 2001, la position n’a que peu varié (lire : L’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en Autriche. Des réactions diversifiées). L’important est d’être européen (ou du moins de faire semblant). Il est vrai que le précédent des années 2000 ne plaide pas pour une réaction prématurée. La mise en place de sanctions n’avait pas produit tous les effets souhaités et il avait fallu recourir à un rapport des Sages pour sortir du guêpier (lire : Trois sages pour un requiem).

Quoi qu’il en soit, désormais le gouvernement polonais, en indélicatesse avec les règles européennes de séparation de l’exécutif du judiciaire (avec ses lois sur la Justice), pourra désormais (à juste titre) se plaindre d’un « double standard ». L’Autriche pays membre depuis 1995 bénéficie d’un préjugé plus favorable que la Pologne, membre depuis 2004.

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