Des bourses à portée de main pour les jeunes chercheurs

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(B2) Obtenir un financement pour sa recherche à finalité stratégique, c’est aujourd’hui possible. Un certain nombre de financements ont été mis en place par le ministère (français) de la Défense. Comment bénéficier d’une bourse et à quelles conditions ?… B2 vous dit (presque) tout.

Le Livre blanc de 2013 avait indiqué la nécessité de renforcer la « réflexion prospective » (1). La création d’un Pacte d’enseignement supérieur doté de 2,5 millions d’euros par an à destination du monde universitaire et financé par la DGRIS (la Direction générale des relations internationales et de la stratégie — ex DAS) est venue concrétiser cet objectif autour de deux maîtres mots : « Connaître » et « Anticiper ». Destiné à jeter un pont entre le monde de la défense et le monde universitaire, ce pacte entend faciliter le développement et la régénération du vivier de chercheurs français sur les problématiques liées à la défense et à la sécurité.

Le programme « ambassadeur » : prochaine campagne début 2018 

1° Que permet-il de financer ? Un séjour de 12 mois à l’étranger (hors zones jugées à risque par le ministère de la défense).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux post-doctorants.

  • français ou ressortissants d’un pays membre de l’Union Européenne, ayant soutenu avec succès sa thèse dans une université française (avec ou sans cotutelle, française ou étrangère) ou dans une université étrangère avec une cotutelle française, au cours des cinq dernières années au plus tard ;
  • engagés sur un projet de recherche portant sur des enjeux de sécurité et défense quelle que soit la discipline universitaire (géographie, économie, sciences politiques, droit, etc.).

3° Quelles sont les modalités de mise en œuvre ? Le candidat (rattaché à un laboratoire universitaire français) propose un projet de recherche argumenté et justifié par l’intérêt scientifique (faisabilité auprès du laboratoire français) et un centre de recherche d’accueil à l’étranger qui valide le projet. Le laboratoire universitaire français reçoit une allocation pour salarier le post-doc pendant 12 mois pour une rémunération nette mensuelle minimum de 2300 €.

4° Combien d’allocations sont financées ? Deux au maximum par an.

Le programme « innovation » : prochaine campagne ouverte en mars 2018

1° Que permet-il de financer ? Une thèse de trois ans portant sur des enjeux de sécurité et de défense, quelle que soit la discipline universitaire en sciences humaines et sociales (géographie, économie, sciences politiques, droit etc …) et comportant une prise de risque scientifique, soit sur le plan méthodologique (usage ou expérimentation de méthodes scientifiques innovantes, issues de différentes sciences humaines et sociales, voire empruntées à des sciences dites dures), soit sur le plan thématique (thématique de réflexion inédite dans le champs disciplinaire concerné, originalité du prisme scientifique choisi, renouvellement de la réflexion scientifique dans le domaine considéré).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux doctorants français ou ressortissants d’un pays membre de l’Union européenne inscrit dans une université française (avec ou sans cotutelle, française ou étrangère) ou dans une université étrangère avec une cotutelle française. Seront privilégiés les étudiants en 1e année de thèse.

3° Quelles sont les modalités de mise en œuvre ? Le laboratoire universitaire français reçoit une allocation pour salarier le doctorant pendant 3 ans pour une rémunération nette mensuelle minimum de 1550 €.

4° Combien de bourses sont financées ? Trois au maximum par an.

Le programme « thématique » : prochaine campagne ouverte en mars 2018

1° Que permet-il de financer ? Une thèse de trois ans portant sur des enjeux de sécurité et de défense, quelle que soit la discipline universitaire (géographie, économie, sciences politiques, droit etc.), relevant de l’une des thématiques spécifiques, appelées à changer chaque année (2).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux doctorants français ou ressortissants d’un pays membre de l’Union européenne inscrits dans une université française (avec ou sans cotutelle, française ou étrangère) ou dans une université étrangère avec une cotutelle française. Seront privilégiés les étudiants en 1e année de thèse.

3° Quelles sont les modalités de mise en oeuvre ? Le laboratoire universitaire français reçoit une allocation pour salarier le doctorant pendant 3 ans pour une rémunération nette mensuelle minimum de 1550 €.

4° Combien de bourses sont financés ? Six au maximum par an.

Le programme « Aide à la mobilité »

1° Que permet-il de financer ? Le transport aérien ou ferroviaire pour présenter des communications à des colloques ou des séminaires nationaux ou internationaux (hors frais annexes : taxi, bus, métro…).

2° A qui s’adresse-t-il ? Aux jeunes chercheurs en sciences humaines rattachés à l’IRSEM.

3° Quels sont les domaines d’études ciblés ? Nouveaux conflits, pensée stratégique et nouveaux concepts, armement et prolifération, sécurité européenne et transatlantique, sécurités régionales comparées, défense et société, enjeux juridiques de le défense, histoire de la défense et de l’armement.

4° Quelles sont les modalités ? Déposer son dossier complet au moins deux mois avant le départ.

(Elena Barba)

Renseignements supplémentaires : retrouver toutes les informations utiles et dossiers de candidatures sur les sites de la DGRIS ou de l’IRSEM


La mise en place d’un label « Centre d’excellence » 

Le ministère a décidé de sélectionner quelques établissements d’enseignement supérieur français et regroupements d’établissements, sur différents critères (excellence et innovation scientifique, impact et rayonnement des travaux, interdisciplinarité, insertion professionnelle). L’objectif est de soutenir des centres de recherche universitaires de pointe sur les questions de stratégie et de défense afin qu’ils soient reconnus et deviennent des références au niveau international.

Ces centres sont sélectionnés en deux phases. Premièrement, une phase de pré-sélection (qui a commencé en 2017) permettant de faire monter en puissance les centres académiques dans le domaine des études stratégiques en embauchant des jeunes chercheurs. Deuxièmement, la labellisation via un budget de 300.000 euros par an d’une durée de cinq ans renouvelable et permettant la création de nouveaux postes d’enseignants-chercheurs et la constitution d’une équipe de recherche de haut niveau.


(1) Le livre blanc sur la défense et la sécurité nationale (LBDSN) avait mis en évidence des faiblesses — « la recherche stratégique française souffre d’une masse critique insuffisante » – et préconisé une « démarche prospective de l’État [appuyée] sur une réflexion stratégique indépendante, pluridisciplinaire, originale intégrant la recherche universitaire ».

(2) A titre d’exemple, pour l’année universitaire 2015-2016 avaient été retenus les thèmes suivants : Russie, Afrique du Nord – Proche et Moyen Orient, Arctique, Afrique subsaharienne et australe, Asie centrale, Asie du Sud-Est, BITD Russie, Chine, Inde, Cyber-défense, Dissuasion nucléaire, Défense anti-missile, Marché international de l’armement, Démographie, Crises sanitaires mondiales, Questions religieuses, Prospective internationale de défense, Agrégats économiques de la BITD, Politiques de défense.