Grosse opération de sauvetage en Méditerranée centrale. Des corps sans vie découverts (V3)

(B2) Vendredi (3 novembre), une grosse action de sauvetage a mobilisé les différentes marines européennes présentes en Méditerranée centrale au large de la Libye. En tout, environ 700 personnes ont pu être récupérées dans six actions de sauvetage distinctes, selon les gardes-côtes italiens, sous la coordination du Centre italien de coordination du sauvetage maritime (IMRCC).

Deux unités de l’opération SOPHIA / EUNAVFOR Med sont intervenues permettant le sauvetage de 263 personnes. Le navire irlandais LÉ Niamh (P-52) a ainsi récupéré 53 migrants en détresse dans un navire. Tandis que le navire espagnol Cantabria (A-15) a été à la rescousse de deux autres navires, sauvant un total de 146 migrants en détresse. Mais d’autres secours n’allaient pas tarder. L’hélicoptère de bord du Cantabria AB 212, en patrouille dans la zone, a repéré « un autre canot en caoutchouc qui coulait avec des personnes qui se trouvaient déjà dans l’eau ». 64 personnes supplémentaires ont pu être secourues, dont deux ont pu réanimées, mais 23 corps ont « été récupérés » . Le Cantabria a ensuite poursuivi sa route récupérant 139 migrants secourus par la frégate italienne « Bergamini » qui participe à l’opération nationale Mare Sicuro.

23 personnes noyées ?

On aurait pu penser que ces personnes avaient été noyées. C’est ce qu’indiquait d’ailleurs le premier message des forces espagnoles. Quand le Cantabria est arrivé à Salerne dimanche (5 novembre), avec 375 migrants à bord, une autre réalité a semblé voir le jour. Ce pourrait être des homicides, selon les autorités italiennes, visant essentiellement des femmes. « Quelqu’un a tué ces femmes, c’est une chose évidente. Ce n’est pas un coup de foudre du ciel » a indiqué le préfet de Salerne, Salvatore Malfi, selon la Stampa (1). En fait selon l’autopsie, ces femmes âgées entre 13 et 20 ans, venant sans doute du Nigeria, « ne présentaient pas de traces des violences et sont mortes noyées », ont affirmé les autorités italiennes selon l’AFP.

Le bilan de l’opération européenne

Selon un bilan dressé par EUNAVFOR MED, l’opération européenne, mise en œuvre depuis juin 2015, plus de 41 500 vies ont été sauvées en mer lors de 278 opérations de sauvetage. Durant ces actions, 117 trafiquants et trafiquants présumés ont été livrés aux autorités italiennes et 497 bateaux utilisés pour les trafics ont été coulés, ce qui empêche qu’ils soient réutilisés par les trafiquants (NB : nombre d’entre eux étaient de toute façon hors d’usage, les trafiquants utilisant dorénavant beaucoup des bateaux en caoutchouc de si mauvaise qualité qu’ils sont à usage unique).

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Par ailleurs, un navire de la garde-côte italienne, le CP 941 Diciotti, a déposé, samedi (4 novembre), au port de Reggio de Calabre samedi 764 migrants: 555 hommes, 97 femmes, 112 mineurs (dont 63 non accompagnés) ainsi que les cadavres de 8 personnes (dont certains étaient très jeunes, entre 8 et 17 ans selon la presse italienne).

mis à jour sur le bilan exact, 20.11 avec les précisions sur l’origine de la mort des victimes

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).