Reportage à Bangui, EUTM RCA et MINUSCA pour stabiliser un pays

Reportage à Bangui, EUTM RCA et MINUSCA pour stabiliser un pays

Share

(BRUXELLES2 – à Bangui ) Pendant une semaine, Bangui la Coquette a été mon QG. Nous avons pu y rencontrer différents acteurs européens engagés dans la sécurité et la reconstruction du pays, tant au sein de la mission européenne de formation EUTM RCA que de la force des nations unies (MINUSCA). Un reportage exclusif signé B2 (1).

Une ville accueillante

La ville est plutôt calme, des taxis attendant à tout les coins de rues pour vous amener vers les bureaux d’une des organisations internationales présentes. Les Centrafricains eux, se déplacent plutôt en moto-taxi, pour aller vers le marché dont l’ébullition prouve le retour de l’économie dans la ville. Vers 15h, les rues s’emplissent de jeunes, qui sortent des écoles, lycée et université de Bangui. Les terrains de foot se remplissent. D’autres n’ont pas cette chance, et tentent de vous vendre des fruits ou de l’eau dans la rue. Si la pauvreté est là, dans les rues de Bangui, on en oublie presque que la République centrafricaine est le pays le plus pauvre d’Afrique.

EUTM RCA : former et conseiller les FACA

Le contingent d’EUTM Rca (Crédit : Eutm Rca)

La première visite s’est fait au camp Kassaï, le camp d’entrainement des forces armées centrafricaines, les FACA. Ce qui a permis d’assister derniers exercices de préparation avant le test mettant à l’épreuve chacune des trois compagnies formant le bataillon d’infanterie terrestre Un (BIT 1). Lire : Au camp Kassaï, la formation des FACA avance à bon rythme

L’occasion aussi de rencontrer ceux qui sont à leurs cotes jour après jour, les instructeurs de la mission européenne de formation des forces armées centrafricaines (EUTM RCA). Lire : La formation des FACA : plongée dans le travail de la mission

Et comme EUTM, ce n’est pas que de la formation. Nous avons rencontré le général français en charge du pilier de conseil stratégique auprès du ministère de la Défense, dont le rôle est de les accompagner pour reconstruire l’ensemble de la structure de défense du pays, et son budget. Lire : EUTM RCA, chef d’orchestre de la reconstruction de la structure de défense

Impossible de quitter le camp Ucatex – Moana sans avoir la vision plus globale du commandant de cette mission, le général espagnol Fernando García Blázquez. Lire : Former les FACA pour être un élément de présence de l’État dans tout le pays (général Blázquez)

 

La MINUSCA

À Bangui, les Européens ne servent pas uniquement dans la mission de l’Union européenne. On les retrouve également dans la force de l’ONU, la MINUSCA, dans des tâches bien distinctes. Les commandos portugais, force de lance de la mission, ont raconté comment ils ont repris la ville de Bocaranga le 7 octobre dernier. Lire : Les commandos portugais en première ligne des combats en RCA

Une équipe devant son Range Rover Defender (@LH/B2)

De l’autre côté du spectre d’action de la mission, quatre Espagnols, un Français, ainsi qu’un Nigérien, composent l’unité de police scientifique chargée de participer aux enquêtes les plus délicates, souvent des attaques ayant tués des casques bleus ou des massacres de civiles. Sans grands moyens, ils prennent pourtant à cœur leur deuxième mission, former les policiers et gendarmes centrafricains. Lire : La police scientifique au sein de la Minusca

 

Relevé d’empreintes digitales d’un détenu de la prison de Bangui (@LH/B2)

La situation sécuritaire : pire qu’il y a un an

Nous avons interrogé nos interlocuteurs sur leur perception de la situation sécuritaire. Les Européens d’EUTM ou de la délégation européenne soulignent une situation plus mauvaise qu’il y a un an. Du côté de la mission onusienne, la MINUSCA, on se montre moins négatif. « Nous avons fait de très grands progrès » nous a expliqué le général Keita, commandant de la force militaire. Arrivé en 2014, il insiste. « L’idée d’une partition du pays a disparue. Les grandes villes du pays sont des endroits surs. S’il y a encore des confrontations avec les groupes armés, les civiles sont nettement moins ciblés. » Lire : Une situation sécuritaire pire qu’il y a un an

(Leonor Hubaut)

(1) Un reportage à l’initiative et financé en grande partie sur fonds propres par B2. Un grand merci pour l’accueil à toutes les troupes présentes, particulièrement les officiers espagnols et portugais, qui ont facilité notre travail sur place.

Lire les différents articles (* sur B2 Pro) :