La leçon turque de Jean-Claude Juncker : « Celui qui offense se ferme la porte »

JC Juncker face à l’hémicycle mercredi matin (crédit photo : Commission européenne)

(B2) Dans son discours sur l’état de l’Union, qu’il vient de prononcer ce mercredi matin à Strasbourg, Jean-Claude Juncker a enfoncé le clou sur le cercueil de l’élargissement européen à la Turquie : une adhésion de la Turquie à l’UE est « exclue […] dans un avenir proche ».

« Depuis un certain temps, la Turquie s’éloigne à pas de géants de l’Union européenne » explique le président de la Commission européenne qui en profite pour lancer un vibrant appel aux autorités turques (à Recep Tayip Erdogan notamment, dont le nom n’est pas cité) :

1° « Libérez les journalistes, et pas seulement nos journalistes.

« Arrêtez d’insulter nos États membres et nos chefs d’état et de gouvernement en les traitant de fascistes ou de nazis.

L’Europe est un continent composé de démocraties mûres. Celui qui offense, se ferme la route vers notre Union. »

Le message est beaucoup plus dur que celui qu’ont voulu prendre les ministres des Affaires étrangères des 28 à Tallinn la semaine dernière. Est-ce que cela infléchira le cours de la politique à Ankara ? Cela est moins sûr… Mais cela a le mérite de la franchise, de la clarté et de la netteté.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).