Relais allemand en Méditerranée. Les Slovaques succèdent aux Lituaniens pour l’abordage

Relais allemand en Méditerranée. Les Slovaques succèdent aux Lituaniens pour l’abordage

Share

Relais entre les deux navires dans le port d’Augusta (crédit : Marine allemande)

(B2) La frégate allemande « Mecklenburg-Vorpommern » (F-218) a pris le relais du navire de soutien « Rhein » (A-1513) déployé en Méditerranée centrale dans le cadre de l’opération européenne Sophia (EUNAVFOR Med), mercredi dernier (16 août).

Deuxième déploiement en Méditerannée

Un relais assuré dans le port sicilien d’Augusta entre les deux commandants, le capitaine de corvette Marco Reinisch transmettant ses consignes à son successeur, le capitaine de frégate Christian Schultze. Pour le Mecklenburg-Vorpommern, c’est le deuxième déploiement en Méditerranée. Et celui-ci s’est dit « heureux de pouvoir apporter une autre contribution » à l’opération EUNAVFOR MED Sophia. « L’équipage est bien formé, possède une expérience de la dernière mission et est très motivé. »

Les Slovaques remplacent les Lituaniens pour l’abordage

A bord du Mecklenburg-Vorpommern, c’est une équipe d’abordage slovaque qui prend ainsi le relais de l’équipe d’abordage lituanienne qui était à bord du Rhein (Lire : Des Slovaques en Méditerranée). Une coopération européenne saluée comme « exemplaire » par le Commandant des opérations maritimes de la Bundeswehr, le capitaine de vaisseau Christoph Mecke. NB : cette coopération va bien au-delà de l’utilité opérationnelle ou de la symbolique militaire et qui revêt, pour l’Allemagne, une dynamique politique, Berlin ayant un esprit d’intégration des différentes forces européennes.

2100 personnes récupérées sur le Rhein

Pour le Rhein, c’est le retour à la maison après plus de cinq mois d’absence ; il avait quitté Kiel, son port d’attache, le 21 mars. Depuis son engagement, début avril, avec son dernier voyage transportant 919 personnes à bord, le « Rhein » a permis de « sauver un total de 2100 personnes de détresse », indique la marine allemande (1). Il a également effectué 71 recherches, par voie radio, de navires suspects (notamment de trafic d’armes)

Quatre visites de navires dont une donnant lieu à des saisies

L’équipe d’abordage, composés de militaires lituaniens et allemands, a également pu visiter (avec autorisation du capitaine) quatre navires. Dans un cas, il a été constaté « une quantité considérable d’armes et de munitions. Ceux-ci ont ensuite été sécurisés et remis à la marine italienne. » (lire aussi : Des armes à bord d’un navire libyen. Une première saisie pour Sophia)

Commentaire  : On peut remarquer l’utilisation du terme de « considérable » ou « d’innombrables » (erhebliche ou unzählige) tranchant de façon nette avec la terminologie officielle utilisée par l’opération EUNAVFOR Med, qui préférait parler de « plusieurs types » d’armes saisies, la tendance étant, bien souvent, de minorer le nombre d’armes saisies. Il était, en effet, gênant politiquement pour le commandant italien de l’opération, de dévoiler ainsi le trafic des brigades de Misrata, alliées au pouvoir de Tripoli, alors que Rome fait tout pour conforter le pouvoir de Tripoli.

Berlin, et surtout Paris, avaient d’ailleurs manifesté un mécontentement certain par rapport à un laxisme, soupçonné, de la chaine de commandement italo-européenne – du commandant de force au commandant d’opération en passant par la Haute représentante de l’Union, tous sont de nationalité italienne – à l’égard de ce trafic d’armes qui avait été longtemps ‘couvert’, en invoquant le principe de navires « publics » ou « d’autodéfense » nécessaire.

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Au total, depuis son engagement en mai 2015, la marine allemande a assuré, ou contribué, au sauvetage de 21.200 personnes.