Le débriefing « attentats » passe à l’agenda de la Commission. Nouveau ?

(B2) La réunion du 21 juin dernier de la Commission européenne a été le théâtre le lieu d’un débriefing assez symbolique. Selon nos informations, le commissaire européen Julian King, qui a en charge la lutte anti-terroriste a tenu à informer ses collègues (à la demande du président JC Juncker) « des derniers éléments connus » sur la tentative d’attentat à la gare centrale de Bruxelles. Il a détaillé tous les éléments en sa connaissance – venant notamment de l’IntCen, le centre d’analyse du renseignement de l’UE – comme la réaction de la police.

Le débriefing ‘terrorisme’, une certaine nouveauté

Dans un gouvernement national, qu’un ministre de l’intérieur fasse rapport est une habitude notable. Au niveau européen, ce n’était pas le cas jusqu’ici, sauf nécessité politique importante (par exemple au lendemain des attentats du World trade center en 2001 ou de Madrid en 2004) ou dans le cadre des structures de sécurité ou diplomatique (au SEAE ou au sein du Conseil de l’UE). Pour une tentative d’attentat « ordinaire », qui n’a entraîné ni victimes ni d’autres conséquences, ce n’était pas le cas jusqu’ici. Encore moins dans une institution « civile » comme la Commission européenne. Il est vrai que cette tentative concerne, au premier chef, les institutions européennes, puisqu’il se situe à Bruxelles, à quelques centaines de mètres des institutions européennes, comme l’attentat de mars 2016 au métro Maelbeek qui a, certainement, fait prendre conscience du danger à nombre d’agents et fonctionnaires européens, davantage que tous les reportages télévisés.

Une prise de conscience sur l’échange d’informations

Sur le fond, le point intéressant de cette intervention du commissaire concerne l’échange d’informations. Contrairement à ce qui est souvent dit, « l’échange d’informations entre les services de police des États membres a beaucoup progressé ces derniers temps » a indiqué Julian King à ses collègues. Une progression due à une prise de conscience « un changement d’attitude lié à la conscience de devoir faire face ensemble à une même menace terroriste ».

(NGV)