Attaque terroriste contre l’hotel Le Campement près de Bamako. Des morts parmi les Européens (V6)

Attaque terroriste contre l’hotel Le Campement près de Bamako. Des morts parmi les Européens (V6)

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une des cases du Campement (crédit : Campement)

(B2) L’endroit parait paradisiaque. Le complexe hôtelier Le Campement, à Kangaba, à 6 km de Bamako, est un écolodge très prisé des Européens ou des expatriés en général. Piscines, parcours sportifs, restaurants… l’endroit est dédié à la détente. Ce dimanche (18 juin) après-midi, l’ambiance était cependant différente. Des « terroristes » ont fait irruption, n’hésitant pas à itrer et prendre plusieurs des résidents en otages. L’unité spéciale antiterroriste malienne (Forsat) est intervenue, assistée par les forces spéciales françaises de Barkhane, la Quick réaction force d’EUTM Mali comme des éléments de la MINUSMA (ONU).

Cinq morts… dont deux agents de l’UE

Dans l’échange de coups de feux, on relève cinq morts (1) : un Camerounais (mort d’une crise cardiaque), un militaire malien de la Garde nationale et deux agents de l’Union européenne, ainsi qu’un Chinois.

Un militaire d’EUTM Mali et une Malienne de la délégation parmi les victimes

Agé de 42 ans, originaire de Valongo, le sergent-chef Gil Fernando Paiva Benido, était arrivé dans la mission le 16 mai pour une période de six mois (jusqu’au 16 novembre). Il faisait partie du contingent national portugais présent dans la mission de formation de l’UE au Mali, composé de 10 personnes (six de l’armée de terre, trois de la Force aérienne et un de la Marine). Il était marié et père de deux jeunes filles.

L’autre victime était une femme malienne, Malado Sidibé, qui était l’assistante du chef de la section politique de la délégation de l’UE à Bamako, laissant en deuil l’ambassade européenne.

59 victimes depuis la création de la PESC

Cela porte à 59 le nombres de fonctionnaires, diplomates et militaires travaillant pour l’Union européenne depuis le début de la politique extérieure européenne, selon la base de données de B2 « Memoriam« 

Plusieurs blessés

Plusieurs autres personnes ont été blessées, dont des militaires maliens de la FORSAT, ainsi qu’un autre soldat portugais, légèrement blessé.

Un officier suédois (lieutenant colonel) a aussi été blessé légèrement. Il avait d’abord été porté manquant. Mais les autorités suédoises ont « rétabli le contact avec lui » nous a précisé l’officier de presse des armées suédoises, ne voulant pas en dire plus, sinon que l’homme « en poste à Bamako » est « safe ». L’homme s’était réfugié sur la colline à côté du campement ; ce que conirme le journaliste malien « il aurait été retrouvé sur la colline à côté du campement ». Et il a fallu « de longues heures » selon nos informations, à l’hélicoptère chargé du SAR (recherche et secours) pour le localiser, sain et sauf.

Un Français serait porté disparu, selon le Quai d’Orsay. « Des recherches sont en cours pour retrouver un de nos compatriotes porté disparu ». Selon nos informations, ce pourrait être une femme de double nationalité, française et gabonaise, qui a été portée disparue.

Quatre membres de la MINUSMA ont aussi été « légèrement blessés alors qu’ils fuyaient ; ils ont été évacués des lieux le soir même de l’attaque » précise un communiqué de la MINUSMA. « Tout le personnel des Nations Unies est sain et sauf. »

Une attaque, contrariée

L’attaque a été menée par deux groupes d’hommes arrivés les uns en moto, les autres en voiture dans le complexe, visant surtout les « Européens ». Elle aurait pu cependant faire davantage de victimes si les militaires présents sur place comme les forces maliennes n’avaient pas bien réagi. Lire : Attaque terroriste sur Le Campement, les Européens, les Maliens ont, bien, réagi (3)

Une trentaine d’otages libérés

Plusieurs personnes, prises en otage, ont été libérés ensuite par les forces maliennes et étrangères. On comptait notamment : 13 Français, 14 Maliens, 2 Espagnols, 2 Egyptiens, 1 Hongrois 2 Hollandais, 1 Italien et 1 Camerounais, selon le ministère malien de la Sécurité.

Un centre de détente normalement sécurisé

L’hotel Le Campement est normalement sécurisé. Il a, en effet, été « reconnu et autorisé » par la Mission de formation au Mali comme un centre de détente permettant aux agents de l’UE et militaires, entre deux périodes d’activité opérationnelle, de profiter de leurs permissions et repos.

Plusieurs assaillants « neutralisés », d’autres suspects arrêtés

Quatre des assaillants ont également été tués lors de l’attaque par les forces de sécurité. Et cinq suspects ont été arrêtés selon le ministre malien de la Sécurité, le général Salif Traoré, interrogé sur RFI. Mais un terroriste blessé « a pu s’échapper, laissant un pistolet mitrailleur avec six chargeurs et des bouteilles contenant des substances explosives » indique le ministère malien de la sécurité. L’attaque a été revendiquée par le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », organisation liée à Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

La situation suivie de près à Bruxelles

La Haute représentante de l’Union a tenu à réagir rapidement sur twitter, dès le soir : « Mes pensées [sont] à Bamako où j’a[i] rencontré le staff UE et nos frères du Mali début juin. Nous sommes ensemble. Je continue de suivre de près [la situation] ».

Lire aussi : Attaque terroriste au Mali. Un rappel tragique de la réalité (Mogherini)

(Nicolas Gros-Verheyde, avec Leonor Hubaut, à Luxembourg)

(1) Et non deux comme annoncés tout d’abord, puis quatre dans un bilan intermédiaire.

(2) Les militaires d’EUTM Mali ont le droit de porter leurs armes de service quand ils se déplacent dans le cadre de leurs activités ou lors de leurs permissions.

(3) Toute la partie sur la réaction européenne a été placée dans un article séparé, a posteriori, dans un souci de lisibilité


Mis à jour : (19.6) bilan corrigé, biographie des décédés, nouvelles du militaire suédois disparu (20.6) bilan corrigé, changement de la photo d’illustration. (23.6) création d’un article séparé sur la réaction européenne