Au MinDef polonais, les bonnes vieilles méthodes d’intimidation sont de retour

Au MinDef polonais, les bonnes vieilles méthodes d’intimidation sont de retour

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Le ministre de la Défense, Antoni Macierewicz, fait feu de tout bois (crédit : MOD Pologne)

(B2) Le gouvernement polonais du PiS avait déjà montré dans le passé qu’il prenait un certain aise avec les règles démocratiques – sur le tribunal constitutionnel notamment –. Il vient de confirmer, ce lundi (8 mai), que ce n’était pas un épiphénomène. Les honneurs étaient à peine rendus aux victimes de la seconde guerre mondiale que le ministère de la Défense, dirigé par Antoni Macierewicz, sortait un communiqué, des plus menaçants, dignes des heures les plus sombres de la Pologne.

Menace de poursuite contre l’opposition

Le porte-parole du ministère ne menaçait pas moins les députés de la plate-forme civique (PO), le principal parti d’opposition, de poursuites pour dénonciation calomnieuse, s’ils maintenaient leur plainte au procureur général dans l’affaire plus que trouble de l’affaire Berczyński, du nom du conseilleur spécial du ministre de la défense, Antoni Macierowicz, chargé plus particulièrement du dossier hélicoptères « Caracal » (lire : L’affaire Berczyński, l’homme qui se vantait d’avoir tué le Caracal, prend une tournure politique et judiciaire). Les députés de la PO ont porté plainte devant le procureur général pour violation du secret défense… plainte sinon fondée, au moins justifiable vu le contexte (1).

De bien curieuses méthodes

A priori… si la plainte est infondée, il suffit au procureur polonais de la rejeter, ou au ministère de la Défense, de justifier que tout a été fait dans les règles. Menacer des plaignants, qui plus est des représentants démocratiquement élus, de contre-poursuites pour, juste, l’exercice du droit à porter plainte, est pour le moins pas très démocratique. Ce n’est pas sans rappeler certaines méthodes d’intimidation du gouvernement communiste…

(Nicolas Gros-Verheyde)

(1) Depuis la révélation de l’affaire, Berczyński a fui aux Etats-Unis, ce qui n’est pas vraiment un indice de conscience tout à fait tranquille.