Il faut un Procureur spécial pour la Syrie ! Il faut dire stop aux criminels (Ana Gomes)

Il faut un Procureur spécial pour la Syrie ! Il faut dire stop aux criminels (Ana Gomes)

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(Crédit : PE)

(BRUXELLES2 – exclusif) L’eurodéputée Ana Gomes n’en peut plus de l’attentisme ambiant face au drame syrien. Chaque jour  décompter les morts, déplorer les violences en Syrie, alors que le gouvernement de Bachar el Assad bombarde Alep de plus belle. B2 l’a rencontrée aujourd’hui dans son bureau au Parlement européen. Elle vient tout juste de terminer d’écrire une lettre (1) à l’intention de tous les représentants européens — eurodéputés mais aussi États membres et institutions  de l’UE— pour les inciter à réagir et à agir.

Que voulez-vous ? Un procureur spécial sur la Syrie ?

Oui. Il faut dire stop. Notre message doit être clair. Il faut dire nettement aux criminels que nous n’allons jamais les oublier, que nous poursuivrons jusqu’au bout tous ceux qui sont responsables de ces atrocités. Un procureur spécial doit être nommé pour enquêter sur les crimes de guerre, sur les crimes contre l’humanité commis en Syrie, notamment à Alep.

En plénière, à midi, vous avez défendu avec passion votre initiative. Vous espérez que les eurodéputés vont rejoindre votre initiative ?

Beaucoup m’ont déjà fait savoir leur disposition à signer la lettre. C’est positif.

Quel a été le déclic pour vous ?

En apprenant que des pamphlets étaient lancés, depuis les airs, sur la ville, recommandant à la population d’Alep de fuir parce que les bombardements les tueraient et, surtout, en leur disant qu’ils ont été abandonnés de tout le monde. J’ai tout de suite pensé NON ! On n’oublie pas. On va continuer à être là. Il faut dire que nous n’oublions pas les Syriens et, particulièrement, la population d’Alep.

L’envoyé spécial de l’ONU, Staffan de Mistura, a dit qu’Alep tomberait très vite, cependant, n’est-ce pas trop tard ?

… C’est précisément à cause de ces bombardements commis par les forces russes et celles d’Assad qu’il faut agir. Il y a un objectif stratégique dans cette horreur. Quand on connait le blocage au Conseil de sécurité et quand on voit qu’Assad et ses alliés interprètent ce moment comme une fenêtre de tir pour tout résoudre militairement avant que Trump ne soit là. L’objectif est de nous mettre — le monde et l’Europe —, devant les faits accomplis. Ensuite on va organiser une belle conférence internationale pour la reconstruction. Et on laissera Assad au pouvoir.

L’Union européenne vous semble trop timide ?

L’Europe a beaucoup de tort dans tout le processus, plutôt par omission que par action d’ailleurs. Le moment est venu pour l’Union européenne d’agir. Elle doit maintenant se mobiliser à l’Assemblée générale des Nations Unies.

(Propos recueillis par Leonor Hubaut)

(1) Télécharger la lettre ici

Lire : L’UE attendue pour la reconstruction de la Syrie (Staffan De Mistura)