L’appel européen aux évacuations humanitaires à Alep. Un pont aérien médical vers l’Europe ?

(B2) La Haute représentante de l’Union, Federica Mogherini, et le commissaire européen à l’Aide humanitaire, Christos Stylianides, ont lancé un appel solennel à « toutes les parties au conflit » pour soutenir et faciliter « une initiative humanitaire d’urgence pour Alep » visant à permettre aux organisations humanitaires de faire leur travail et les civils d’être sauvés et protégés. Cette initiative, prise en coopération avec l’ONU, se compose de deux éléments principaux.

Faciliter l’acheminement de l’aide

Il s’agit d’abord de faciliter « l’acheminement d’aide d’urgence aux civils dans l’Est d’Alep pour pourvoir aux besoins médicaux, en eau et en alimentation ». Un « convoi d’agence inter-aide est prêt à se déplacer de l’Ouest vers l’Est d’Alep », puisant dans les stocks prépositionnés (un prépositionnement rendu possible grâce au financement européen de ‘réponse de première ligne’). Ce convoi peut apporter de l’aide à un maximum de 130.000 personnes, précise-t-on du côté européen.

Assurer les évacuations médicales

En second lieu, « en parallèle et en même temps », il faut « assurer les évacuations médicales des blessés et des malades de l’est d’Alep », avec une priorité donnée aux « femmes, aux enfants et aux personnes âgées ».

Des conditions minimales pour protéger travailleurs humanitaires et civils

L’UE appelle également toutes les parties à « fournir d’urgence les autorisations nécessaires pour la livraison de l’aide et pour les évacuations médicales ». Les opérations doivent être « menées sous la seule responsabilité des organisations humanitaires, et selon des modalités qui garantissent l’impartialité et la neutralité des opérations d’aide » avec des « conditions minimales pour assurer la sécurité et la protection des travailleurs humanitaires et des civils ». Ces conditions humanitaires devraient « être telles que la communauté internationale puisse travailler ».

Faciliter les évacuations médicales

L’UE demande également aux parties d’autoriser des évacuations médicales « non seulement pour l’est d’Alep, mais pour toutes les zones assiégées, y compris les «quatre villes» où des vies sont également en danger en raison du manque de médicaments et de traitements médicaux ».

Un pont médical vers l’Europe

L’UE est « prête à faciliter et à soutenir l’évacuation et l’orientation des patients vers les installations médicales adéquates dans la région » mais aussi « si nécessaire en Europe pour les soins médicaux spécialisés non disponibles dans la région », précisent les deux responsables européens.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).