Navire suspect à l’horizon !

les équipes d'abordage finlandaise et allemande interpellent les suspects (crédit : EUNAVFOR Med)
les équipes d’abordage finlandaise et allemande interpellent les suspects (crédit : EUNAVFOR Med)

(BRUXELLES2) Les équipes de l’opération européenne de surveillance en mer ont intercepté samedi (9 juillet) un petit bateau avec trois passeurs suspects à bord en Méditerranée, annonce le QG de l’opération Sophia à Rome.

Le petit bateau, en bois, avait été repéré, à 60 km environ des côtes libyennes, par l’avion patrouilleur luxembourgeois Merlin III SW3. L’alerte a alors été donnée au Garibaldi, le navire amiral qui dirige en mer les opérations (EUNAVFOR MED). Le navire allemand WERRA s’est alors dirigé vers le sud pour aller intercepter le bateau suspect avec des passeurs. Tandis que le HMS Enterprise de la British Royal Navy navire se plaçait entre le bateau et les eaux territoriales libyennes, lui interdisant ainsi toute échappatoire.

Hélicoptères et HMS Enterprise à la rescousse

Les deux hélicoptères italiens de bord du Garibaldi, l’AB212 et le SH90, ont assuré le contrôle en l’air tout au long de l’opération tandis que sur l’eau les équipes d’abordage finlandaise à bord de deux RIHBs allemands, interceptaient le skiff avec les trafiquants présumés. Cela a été chose faite à 10h30 du matin. Les 3 suspects ont été ramenés à bord du navire de soutien allemand, le Werra. Ils ont embarqué également les 146 migrants sauvés par le patrouilleur de la marine italienne Borsini (P-491) qui participe à l’opération nationale Mare Sicuro.

Des preuves concrètes de complicité

Le canot avait été surpris en train d’accompagner, au petit matin un bateau pneumatique, avec 146 personnes migrants à bord. « Il l’avait escorté dans les eaux territoriales libyennes puis en dehors de celles-ci » raconte un officier de la Bundeswehr. Un des marins du skiff a même été filmé en train de prendre « pied à bord du bateau de migrants. Puis il est remonté sur le skiff plus tard ». Ce qui prouve qu’il n’était pas là par hasard… Tout cela a été observé et ‘documenté’ tant par l’avion de patrouille maritime que par l’hélicoptère de bord et le navire. Autant dire que la suspicion de complicité de trafic est plutôt patente. Ces preuves (photos, videos), seront très utiles lors du passage devant le juge (en Italie normalement).

Commentaire : si ce n’est pas la première fois que des suspects sont interpellés, d’ordinaire ces interpellations étaient faites discrètement. Les Européens d’EUNAVFOR Med préféraient parler de « signalement » aux autorités italiennes. Il s’agissait le plus souvent de passeurs qui se trouvaient dans les bateaux de migrants ou réfugiés. Lors de cette arrestation en mer, on ne cache plus ce qui reste l’objectif primaire de l’opération : briser le ‘business model’ des passeurs. La résolution de l’ONU autorisant expressément l’arrestation des suspects aide à mettre en place une opération plus robuste.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).