Un scénario fiction d’association séparation pour la Grande-Bretagne, l’Ecosse et l’Irlande du nord

(BRUXELLES2) Y-a-t-il un chemin (étroit) entre le départ du Royaume-uni de l’Union européenne, le maintien de l’Ecosse (ou de l’Irlande du Nord) dans l’Union européenne en évitant l’indépendance de ces derniers (et leur réadhésion) ? On peut se poser cette question qui parait sans doute plus réaliste que celle consistant à faire voter une seconde fois les Britanniques (idée qui surgit dans quelques travées d’Européens idéalistes).

La voie du Groenland

Celle-ci consisterait à suivre le chemin tracé par le Groenland qui s’est séparé de l’Union européenne en continuant à faire partie du Danemark. L’idée serait alors que l’Angleterre et le Pays de Galles sortent tandis que l’Écosse resterait membre de l’Union, reprenant en quelque sorte le siège du Royaume-Uni au sein de l’Union : commissaire européen, place au Conseil des ministres et au Parlement européen. En termes juridiques, c’est une voie étroite mais pas impossible. Il faudrait définir les conditions de cette « succession d’États » (qui est prévue par le droit international) : la contribution financière, le nombre de députés européens (au prorata), etc.

La difficulté au niveau britannique

Mais les principales conséquences et difficultés de cette solution sont au niveau du territoire britannique. La solution groenlandaise vaut car c’est un territoire physiquement séparé du Danemark. Il faudrait en quelque sorte rétablir une frontière – la frontière européenne – entre l’Écosse et le reste du Royaume-Uni.

(Nicolas Gros-Verheyde)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).