Les drôles de pratiques d’un Etat d’Asie centrale à Bruxelles

NazarbaievKazakhstan@UE151118
Nursultan Nazarbayev avec le chef de la délégation de l’UE à Astana

(B2) Le Kazakhstan a gardé de bonnes vieilles méthodes d’une ex-république soviétique. Il compte ainsi à Bruxelles des agents chargés de détecter les bons vecteurs d’influence dans la presse européenne et le corps de presse de Bruxelles. B2 vient d’en faire l’expérience.

Nous avons été approchés, avec tact, délicatesse et discrétion, pour savoir si par exemple, B2 ne voulait pas davantage s’intéresser à cette charmante république d’Asie centrale, notamment à la veille des élections, parfaitement démocratiques. L’idée était de faire des articles généraux sur l’économie, la politique, le système électoral kazakh. Tout cela bien entendu supposant un dédommagement. Une sorte de sponsoring discret… Inutile de dire que nous avons refusé, avec politesse mais fermeté. B2 vit de ses adhérents, de ses abonnements et de dons faits via la plate-forme « J’aime l’info ». Mais les dessous de table ne sont pas vraiment notre tasse de thé.

Si nos informations sont exactes, nous ne serions pas le seul média à avoir été approchés. Et, il semble que certains se soient laissés tenter par l’offre. Pour découvrir ces grands sensibles, il suffit de voyager sur quelques sites européens. Si vous y voyez tout d’un coup une couverture extra-lucide sur Astana, son économie, ses flux énergétiques… vous pourrez avoir quelques interrogations. Pour calfeutrer le tout, on rédige un ou deux articles sur les droits de l’Homme, pour le moins alambiqués. Et le tour est joué. Cela permet d’assurer les fins de mois… Les temps sont durs pour la presse !

Pour être juste, le Kazakhstan n’est pas vraiment le seul à pratiquer de la sorte. On pourrait même dire qu’il joue ‘bas profil’, dans le panorama bruxellois. D’autres pays ont des besoins différents. Il y a ainsi des agents d’influence de toute sorte : ceux qui sont chargés de surveiller la presse de leur pays ou de poser toujours les bonnes questions qui défendent la politique de leur gouvernement. Ceux qui essaiment… Les Chinois, par exemple, sont présents en force à Bruxelles avec l’agence Chine Nouvelle, qui compte plus d’une cinquantaine de journalistes, reporters, présents dans la capitale belge. Un nombre assez extraordinaire, le tout regroupé dans un immeuble entier. Gite et couverts sont inclus. Même si la production dans plusieurs langues de l’agence officielle chinoise est importante, il semble que la rédaction de dépêches, publiées officiellement, ne soit pas la seule activité de certains ‘honorables correspondants’ chinois.

(NGV)