Le QG d’EUTM Mali attaqué à Bamako. Une cible nouvelle au Sahel : l’Europe (Maj)

Le QG d’EUTM Mali attaqué à Bamako. Une cible nouvelle au Sahel : l’Europe (Maj)

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Véhicules tchèques de la force protection à Bamako (© NGV / archives B2 2013)

Véhicules tchèques de la force protection à Bamako (© NGV / archives B2 2013)

(B2) Le quartier-général de la mission de formation de l’armée malienne (EUTM‬ ‪Mali‬) a été attaqué à Bamako ce lundi (21 mars) en fin d’après-midi (18h30 locales). Plusieurs attaquants ont fait irruption devant l’hôtel Nord Sud qui abrite le QG tirant avec des armes automatiques légères type AK 47 et des grenades à main.

Du côté de la mission européenne, on se veut rassurant. « Personne n’a été blessé et aucun dommage n’a été occasionné ». Les forces de sécurité de la mission ont « sécurisé » la zone, avec l’aide des Forces Armées Maliennes et de la Mission de l’ONU dans le pays (MINUSMA). Celles-ci « patrouillent autour du QG actuellement » a précisé la mission sur son compte facebook en fin de soirée.

Un jeune assaillant tué

Un des attaquants a été « neutralisé ». Il était « très jeune, en vêtements civils, portant un sac » précise à B2 un témoin. Ce sac à dos a immédiatement déclenché l’attention des spécialistes anti-EOD (explosifs artisanaux) de la mission. Il fallait s’assurer « qu’il n’y avait pas d’explosifs ». Deux autres des attaquants ont été interpellés. Ils ont déjà été interrogés, assure le ministre malien de la Sécurité, Salif Traoré, selon l’AFP. 

Une bonne réaction tchéco-malienne

« Les mesures de protection des membres d’EUTM, et les mesures de sécurité ont fonctionné correctement, permettant le contrôle de l’agression de manière efficace » annonce la mission dans sa page web. Les Tchèques qui assurent la ‘force protection’ « ont très vite et très bien réagi » précise-t-on au QG de EUTM, tout comme l’unité malienne de la Garde nationale qui participe « constamment à la protection de l’emprise » où se trouve l’hotel Azalai Nord-Sud. Le tout en « très bonne coordination » avec les forces de sécurité et défense malienne qui « ont bouclé la zone rapidement ».

La protection assurée par les Tchèques 

C’est une unité tchèque, composée d’une trentaine de personnes, qui est, en effet, en charge de la protection du QG à Bamako, ce quasiment depuis le début de la mission. Le capitaine tchèque Jiri Stanek venait tout juste de prendre la tête de cette Task force, opérationnelle depuis le 11 mars 2016, pour une période de 6 mois, selon nos informations. C’est la septième rotation depuis le lancement de la mission. NB : Outre la protection du QG, les militaire tchèques escortent les membres d’EUTM dans tous leurs déplacements.

AQMI très active dans cette partie de l’Afrique

Si l’identité et les motivations des assaillants restaient inconnues ce mardi 22 mars. La piste d’AQMI ou d’Ansar Dine est privilégiée. Mais aucune revendication n’a encore été faite (1). L’attaque en Côte d’Ivoire il y a une semaine comme il y a quatre mois contre le Radisson Blue ont été revendiquées Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le groupe de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar.

La police scientifique malienne est descendue sur les lieux de l’incident avec l’aide des gendarmes et policiers de la mission civile EUCAP Sahel Mali.

Une attaque délibérée contre la mission européenne

Ce n’est donc pas la première attaque qui survient au Mali ou dans les pays environnants visant des Européens. Mais, jusqu’ici, les Européens ou des expatriés avaient été victimes d’attaques soit dans un hôtel international ou un restaurant fréquenté par les expatriés, soit sur un lieu de détente (plage, musée…). Cette fois, c’est la mission européenne qui a été ciblée délibérément. Ce qui n’est pas un très bon signe et devrait inciter au renforcement des mesures de sécurité de plusieurs missions européennes déployées dans certaines parties de l’Afrique (notamment au Niger, en Somalie ou en Tunisie).

(Nicolas Gros-Verheyde avec Leonor Hubaut)

(1) Maj. Deux mois après l’attaque, aucune revendication n’a été exprimée. Et aucune personne n’a été inculpée. Toutes les personnes arrêtées ont été ensuite libérées, faute de preuves.

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(mis à jour 22.3 17h + 23h avec premiers éléments d’analyse et précisions sur les conditions de l’attaque)