Le Garibaldi nouveau navire amiral de l’opération Sophia en Méditerranée

ItsGaribaldi551@EunavforMed151126(B2) La force maritime européenne de lutte déployée en Méditerranée contre les trafiquants et passeurs (EUNAVFOR Med / Sophia) a un nouveau navire-amiral : le porte aéronef italien Garibaldi. Il remplace son alter ego, le Cavour, qui a assuré les débuts de l’opération depuis juin 2015. Le transfert d’autorité s’est fait, mercredi (25 novembre). Le Garibaldi devrait porter le fanion amiral de l’opération durant les cinq prochains mois.

Première mission : accueillir le FHQ

Le navire amiral a pour premier objet d’accueillir le commandement de la force. Le FHQ d’EUNAVFOR Med comprend ainsi 50 officiers et sous-officiers, d’une vingtaine d’États membres. C’est lui qui assure évalue les besoins, envoie les moyens nécessaires en première urgence ou en renfort (navires, hélicoptères…), assure le commandement tactique sur zone. Le Centre de commandement du navire a plus de 65 postes de travail. Ce qui permet de gérer confortablement tout type d’opération.

Des capacités opérationnelles notables

Plusieurs hélicoptères seront à bord (des Merlin EH 101 normalement). Sur le Cavour, les hélicoptères embarqués n’ont pas trop chômé. Selon le bilan dressé par EUNAFOR, les 2 hélicoptères EH 101 embarqués sur le navire ont effectué 154 missions de patrouille et de surveillance, volant plus de 240 heures. L’objectif étant surtout de recueillir des éléments d’information sur les activités suspectes en mer. C’est « la clé du succès dans la lutte contre les passeurs et les trafiquants en Méditerranée centrale » estime-t-on au quartier général de l’opération. Le Garibaldi dispose également d’une infirmerie renforcée (type rôle 2), à même d’assurer des actes médicaux les plus courants. 

Des capacités aériennes plus importantes

Le Garibaldi ne sera cependant pas au maximum de ses capacités militaires aériennes. Il peut, en effet, accueillir jusqu’à 18 appareils (avions type STOVL AV 8B Harrier II ou hélicoptères type EH 101 ou Seaking). Il dispose à cet effet de 12 places de parking dans le hangar auxquels s’ajoutent les 6 places sur le pont d’envol (six spots d’appontage sur le pont d’envol). Mais c’est un grand maximum. En général, l’effectif est de 12 hélicoptères ou 11 avions et 1 hélicoptère, ou un ‘mix’ entre les deux. Le porte-aéronefs dispose également d’une panoplie de capteurs embarqués (davantage tournés vers la guerre aéronavale que la surveillance policière cependant) : radar de longue portée aérienne, radar de moyenne aérien, détecteurs aériens et de surface, radars de navigation et d’approche, etc.

Le premier porte-aéronefs italien

L’ITS Garibaldi (551) est le premier navire de ce type construit pour la marine italienne, permettant le décollage des avions à court rayon d’action (catapulte) et atterrissage vertical (STOVL). NB : après la Seconde guerre mondiale, l’Italie avait reçu interdiction de se doter de portes-avions, seulement de porte-hélicoptères. Interdiction levée que dans les années 1980. Construit par Fincantieri (Italcantieri) dans les chantiers navals de Monfalcone, à partir de 1978, il été terminé en mars 1981, lancé en juin 1983, et engagé en juillet 1985. Il dispose de quatre turbines à gaz Fiat COGAG, permettant d’atteindre une vitesse maximale de 29 noeuds. La vitesse de croisière se situe plutôt à 20 noeuds avec une autonomie de 7.000 miles nautiques.

Engagé de la Somalie au Kosovo en passant par la Libye

Le Garibaldi a été de toutes les grandes opérations extérieures italiennes. Il a pris ainsi part aux opérations en Somalie dans le début des années 1990. Il a assuré notamment le retrait du contingent italien engagé dans l’opération Restore Hope et des autres casques bleus ensuite. En 1997, il prend part à l’opération « Alba Neo » (opération d’évacuation) en Albanie, avec des avions armés, qui ont effectué des décollages quotidiens de la base de Grottaglie. En 1999, c’est la guerre du Kosovo. Et l’Italie est engagée dans l’opération Allied Force de l’OTAN. Les avions AV-8B Harrier II + embarqués à bord du Garibaldi, effectuent du 13 mai à début juin 1999, 30 sorties et 63 heures de vol. En 2011, il participe à l’opération de surveillance maritime au large de la Libye, notamment pour veiller au respect de l’embargo sur les armes (lire : Les moyens de l’opération d’embargo sur les armes « Unified Protector »). Depuis 2014, et la restructuration des forces maritimes italiennes, il est placé dans COMGRUPNAV Trois avec le San George, le San Marco et San Giusto et est basé à Tarente.

(Nicolas Gros-Verheyde avec Leonor Hubaut)


Un navire allemand en rotation

Autre changement pour l’opération EUNAVFOR Med. Le FSG Augsburg (F-213), une frégate allemande de la classe Bremen, a également rejoint l’opération de lutte contre les trafiquants en Méditerranée, fin novembre.


 

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