Exercice naval d’envergure au large du Ghana contre la piraterie

Equipe d'intervention Togolaise lors de l'exercice incendie à bord du BPC Mistral. Le personnel est intégré dans les équipes d'intervention du bord. A bord le 29 octobre 2015.        L'opération Corymbe est une opération quasi-permanente des forces armées françaises dans le golfe de Guinée mis en place depuis 1990. Déployée dans une zone d’intérêt stratégique, l'opération Corymbe vise deux objectifs majeurs :          - participer à la protection des intérêts français dans la zone.                                          - participer à la diminution de l'insécurité maritime dans le golfe de Guinée et notamment en aidant au renforcement des capacités des marines riveraines du golfe dans le domaine de la sécurité maritime.                 Le BPC (bâtiment de projection et de commandement) Mistral a appareillé de Toulon le 07 octobre 2015 pour l'opération Corymbe.
Equipe d’intervention Togolaise lors de l’exercice incendie à bord du BPC Mistral.

(B2) Un exercice naval a été organisé durant neuf jours, fin octobre, dans le Golfe de Guinée regroupant une quinzaine de bâtiments, dont le français BPC Mistral, le pétrolier ravitailleur britannique Gold Rover et le patrouilleur espagnol Centinela et plusieurs navires de la région (Côte d’Ivoire, Ghana, Togo, Bénin, Nigéria, Cameroun, Gabon, Congo).

Cet exercice, dit NEMO (Navy’s exercise for maritime operations), a été organisé en plusieurs séquences, menées en lien avec les centres d’intervention régionaux. Ce qui a permis de tester également la coordination entre les différentes marines côtières dans cette opération de sécurisation des espaces maritimes. Un point fondamental selon ce qu’avait confié un expert européen de la sécurité maritime à B2. Car les pirates passent rapidement de la haute mer ou d’une eau territoriale à une autre, empêchant toute poursuite.

NEMO a débuté au large du Ghana le 27 octobre. Et les jours suivants, plusieurs exercices se sont déroulés selon des scenarii différents permettant d’illustrer ce qu’on appelle « l’action de l’État en mer ». Des bâtiments suspectés d’actions illégales (pêche illicite, cargaison douteuse, piraterie) sont repérés par des patrouilleurs naviguant dans la zone. Les informations récoltées sont partagées avec les centres régionaux. Et une opération d’interception est organisée. L’ordre est alors donné d’arrêter le bâtiment surveillé puis de monter à bord afin de réaliser une inspection des cargaisons et des membres d’équipage. Des manœuvres d’homme à la mer ou des départs d’incendie ont également été simulés afin de s’approcher au plus près de la réalité.

L’exercice a culminé le 30 octobre 2015, avec une action en commun et une interaction entre le BPC Mistral, son escorteur le patrouilleur espagnol Centinela, le pétrolier ravitailleur britannique Gold Rover, la corvette nigériane Centenary et le patrouilleur béninois Oueme. Un officier danois, un officier espagnol et trois chefs de quart camerounais étaient ainsi présents à bord du BPC Mistral « pour échanger et travailler avec les marins français » précise-t-on à la marine nationale.

(NGV)

Lire aussi : Le BPC Mistral en patrouille avec le Centinela dans le Golfe de Guinée

 

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).