Un F18 suisse frôle le président de la Douma. Quiproquo diplomatique

Un F18 Suisse au décollage lors de l'exercice Tiger Meet 2009 (crédit : DICOD/EMA - archives B2)
Un F18 Suisse au décollage lors de l’exercice Tiger Meet 2009 (crédit : DICOD/EMA – archives B2)

(B2) Les Russes avaient d’abord incriminé un avion français qui avait eu le tort de « frôler » d’un peu trop près l’avion officiel transportant le président de la Douma, Sergueï Narychkine, vers Genève. L’ambassadeur de France à Moscou, Jean-Maurice Ripert, est aussitôt convoqué pour une explication. Moscou voit-il là une occasion unique de pouvoir jouer la victime.

Las… Un démenti cinglant arrive rapidement du Quai d’Orsay « Aucun avion de l’armée de l’air française n’a été impliqué dans l’incident concernant un avion officiel russe dont fait état le ministère russe des affaires étrangères. Nous déplorons donc que l’ambassadeur de France à Moscou ait été convoqué toutes affaires cessantes. » De fait, ce n’était pas un Mirage 2000 ou d’un Rafale tricolores mais un F/18 Suisse, qui est intervenu au contact de l’avion russe.

L’explication est venue de Berne. Les Russes n’ont sans doute pas bien vu la croix blanche pourtant caractéristique de l’aviation suisse et le double empennage, reconnaissable des F/A-18, ou ont fait semblant de ne pas la voir dans cette zone où la frontière est tenue. Les avions suisses ayant la possibilité de survoler des zones françaises. La défense suisse estime qu’il n’y a rien d’anormal. « C’était un contrôle proche, on fait un contact visuel avec le pilote, on note l’immatriculation. On a noté, tout était en ordre. C’est une vérification, un contrôle de routine » a déclaré à l’AFP le porte-parole du ministère de la défense suisse, Peter Minder.

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen de l'université Paris I Pantheon Sorbonne et auditeur 65e session IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale. Journaliste depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir).