Les trois points chauds de la crise migratoire

(B2) Une nouvelle réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur des 28 est convoquée mardi prochain (22 octobre). Au cœur du débat, trois points chauds.

Accueillir ou payer ?

La Commission européenne a proposé de répartir 120.000 réfugiés entre les pays membres de l’Union européenne (*). Une répartition par pays fixée de façon selon une clé mathématique qui combine taille de la population, produit intérieur brut, pourcentage de demandeurs d’asile et taux de chômage. Les pays d’Europe de l’Est (Hongrie, Roumanie, Rép. Tchèque, Slovaquie, Roumanie) refusent le caractère obligatoire comme le nombre qui leur est attribué. Il s’agira de les convaincre. Thomas de Maizière, le ministre allemand de l’Intérieur, a proposé de frapper les récalcitrants au porte-monnaie. Les pays qui n’accueilleraient pas leur quota se verraient alors réduire les financements européens. Cette mesure ne suscite pas l’unanimité…

Quels contrôles aux frontières possibles ?

Plusieurs pays dont l’Allemagne, l’Autriche, la Slovaquie viennent de rétablir un contrôle à certains postes frontières internes de l’Union. Cette mesure temporaire devra être cadrée dans le temps sous peine de remettre en cause le fonctionnement de l’espace Schengen.

Quels pays sont sûrs ?

Afin d’accélérer le traitement des demandes d’asile, une liste commune de pays d’origine considérés comme sûrs doit être mise au point. Sauf exception, les citoyens de ces pays-là seront refoulés. La liste proposée comprend les pays des Balkans — Serbie, Bosnie, Kosovo, etc. — et… la Turquie. L’inscription de ce dernier pays sur cette liste pose problème. Certains Etats, dont la France, ne considèrent pas très sûr le régime d’Ankara.

(*) Le Danemark, l’Irlande et le Royaume-Uni échappent à cette répartition, bénéficiant d’une exception des Traités européens.

(NGV)

(*) article publié dans Sud-Ouest

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).