La ligne continue ! Premier essai en vol d’un A400M depuis le crash

(crédit : AIrbus)
L’A400M en vol d’essai le 12 mai (crédit : Airbus)

(B2) « La ligne continue envers et contre tous, avec ses exploits mais aussi ses drames« . C’était la devise de l’Aéropostale comme Jean Mermoz le racontait dans ses mémoires, après l’accident qui avait frappé un avion de sa compagnie, un Laté 28 parti de Buenos Aires, dans lequel avait pris place le chef d’escale de Porto Allegre, Victor Hamm. Cela semble être celle d’Airbus aujourd’hui (qui a ses quartiers généraux à Toulouse comme son illustre prédécesseur Latécoère).

Ne pas rester sur un échec

Quelques jours à peine après le crash du MSN23, un de ses appareils destinés à la Turquie, la compagnie européenne a voulu montrer que la vie continuait. Un vol d’essai a ainsi eu lieu mardi (12 mai). « Le MSN4 a décollé de Toulouse à 14h45 et atterrit à Séville 1h 50min plus tard » indique le communiqué de l’avionneur européen. « Un vol d’essai régulier prévu avant l’accident ». Avec à bord, un invité de marque. Fernando Alonso, le directeur d’Airbus Defense & Space Military Aircraft, en personne et agissant « comme ingénieur d’essai en vol ».

Un hommage à l’équipage

« L‘équipage aurait voulu que ces vols continuent. Ce vol a eu lieu. C’est notre hommage » a déclaré Fernando Alonso. Le programme d’essais en vol de l’A400M « se poursuit à moins que ou jusqu’à ce que tout élément de preuve suggère qu’il ne soit pas sûr de voler ». « Jusqu’à présent, aucune preuve n’a émergé » souligne Airbus. A noter que Airbus possède cinq avions d’essai A400M : trois sont actuellement en service et deux autres ont été retirés. Ces cinq avions ont accumulé plus de 2700 vols et plus de 7500 heures de vol

L’enquête démarre

Les autorités espagnoles ont confirmé que les deux boîtes noires ont été trouvées. Les autorités militaires espagnoles ont également informé Airbus Defence and Space le 12 mai, que, par mesure de précaution et en attendant l’enquête sur l’accident, ils suspendaient « temporairement » le permis de vol des avions en attente de livraison. Si deux clients de l’A400M (Allemagne et Royaume-Uni) ont décidé de clouer leurs avions au sol, l’Espagne et la France dans une certaine mesure ont confirmé conserver les appareils en fonction.

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).