La Macédoine (Fyrom) au bord de l’explosion ? (Maj)

(BRUXELLES2) Est-ce un véritable conflit qui est en passe de renaître en Macédoine (ex république Yougoslave / Fyrom) ? Ou un nouveau soubresaut politique d’un pays qui n’arrive pas à la maturation de la démocratie (*) ? Quoi qu’il en soit, l’Europe qui avait son attention concentrée sur une série d’autres régions du monde va devoir se réintéresser (un peu) aux Balkans. Car la situation reste confuse. Et il n’est pas exclu qu’on soit face à une tentative de manipulation du pouvoir.

Plusieurs tués et blessés dans les forces de l’ordre et parmi les assaillants

5 policiers des unités spéciales et unités de déploiement rapide ont été tués ce samedi (9 mai), et 30 autres blessés dans une action menée contre un « groupe armé venu d’un pays voisin » à Kumanovo, ville albanophone du nord du pays, proche de la frontière de Serbie, a indiqué un communiqué du ministère qui donnait les noms des policiers tués. « Informé, le matin, le ministère de l’intérieur a entrepris de neutraliser (ce) groupe terroriste. Le groupe a fini par être vaincu après 18h, un premier élément de 20 personnes a quitté les maisons pour se rendre. » La situation devient ensuite confuse. « Un groupe a refusé de se rendre sans condition et continué les tirs. C’est durant cette période que les policiers ont été tués. » (NB : il n’est pas du tout exclu qu’on soit en présence également de tirs « amis »).

(Maj) Un bilan revu dans les jours suivants, le nombre total de victimes s’éléverait à 22 : 8 policiers et 14 « terroristes » selon la dénomination du ministère macédonien de l’intérieur.

La préoccupation de l’Union européenne

Le commissaire européen Johannes Hahn, en charge du Voisinage, a réagi rapidement se montrant « préoccupé par la situation qui se déroule dans la région de Kumanovo. Je demande instamment aux autorités et à tous les dirigeants politiques et communautaires à coopérer, pour rétablir le calme et enquêter pleinement sur les événements de manière objective et transparente dans le respect du droit. » Il a appelé « tous les acteurs à la plus grande retenue. Toute nouvelle escalade doit être évitée, au moins dans l’intérêt de la stabilité générale dans le pays. »

(Maj) Lundi, répondant à des questions de journalistes, Johannes Hahn a été plus loin. « Cette attaque ne peut pas et ne doit se distraire de la situation interne en FYROM » a-t-il indiqué lançant un appel au gouvernement comme à l’opposition à rester engager dans la négociation. Cet évènement « ne doit pas être une opportunité de quitter la table des négociations. (…) Ce ne doit pas être l’occasion de compliquer encore la situation en attisant les tensions ethniques. »

(NGV)

(*) Une série d’écoutes sur des responsables politiques, journalistes et autres personnes a été révélée par l’opposition, il y a quelques semaines.

(Maj) lun 11 mai, révision du bilan et déclaration supplémentaire du commissaire Hahn

Comments are closed.