L’aviso Commandant Birot au sud de la Sicile en renfort de l’opération Triton

L'aviso cdt en mer - archives - © Marine nationale / Robert Dal Soglio
L’aviso Commandant Birot en mer – archives – © Marine nationale / Robert Dal Soglio

(B2) L’ordre est venu directement de l’Elysée, histoire de démentir tous les commentaires sur une apparente timidité française pour apporter des renforts en Méditerranée et « éviter toute nouvelle perte de vies humaines » comme le Conseil européen l’avait indiqué jeudi dernier (23 avril).

Un déploiement en urgence

« Face à l’urgence de cette situation, le Président de la République s’est engagé à mettre à disposition de l’agence Frontex un bâtiment de la marine nationale » indique le communiqué de la Défense. C’est l’aviso Commandant Birot (F-796) – un patrouilleur de haute mer – qui a été diligenté. Aussitôt dit, aussitôt fait. L’aviso avait a rejoint, lundi (27 avril), « la zone de l’opération Triton où il patrouille dans un secteur s’étendant du sud de la Sicile au sud de l’Italie » indique-t-on au SIRPA Marine. Cette rapidité de la réponse a été « rendue possible grâce au dispositif permanent de la marine nationale en Méditerranée ».

 

Une halte à Brindisi pour compléter l’équipement

Avant d’entamer sa mission, l’aviso Commandant Birot avait d’ailleurs rejoint le port italien de Brindisi, samedi (25 avril), pour embarquer du matériel médical et sanitaire, ainsi que des vivres en nombre (eau, rations de première urgence, lait pour bébés, etc.) pour venir en aide à une population dans le besoin : réfugiés, migrants, déshydratés, dénutris, voire malades ou blessés. Un port italien qu’il connaît bien pour avoir fait une relâche opérationnelle à la mi-avril, halte qui lui a permis de rendre visite aux la fameuse brigade maritime de San Marco, un corps d’élite de la marine italienne.

Une capacité d’accueil assez limitée

L’aviso commandant Birot qui avait à l’origine une vocation de lutte sous-marine, et est utilisé aujourd’hui tant en soutien des forces sous-marines stratégiques que dans des fonctions de police de la mer, n’est pas particulièrement adapté au sauvetage en mer en nombre. Il n’a, en effet, qu’une capacité d’accueil assez limitée : les personnes sauvées ne peuvent vraiment prendre place que sur le pont arrière qui a une petite taille, les cabines étant normalement dévolues à l’équipage (environ 90 marins et officiers) et aux fonctions militaires du navire. En revanche, il a un avantage : sa rapidité (24 noeuds), qui lui permet de se déployer rapidement, et son armement. Il peut ainsi fort bien assurer la protection des autres navires de Frontex, notamment contre d’éventuelles entreprises de « reprise de force » des trafiquants (lire : Les bateaux de Frontex sous le feu des Kalachnikovs. Une menace pour les opérations de sauvetage en Méditerranée).

(NGV)

Nicolas Gros-Verheyde

Rédacteur en chef du site B2. Diplômé en droit européen à l'université Paris I Pantheon Sorbonne. Journaliste professionnel depuis 1989, fonde B2 - Bruxelles2 en 2008. Correspondant UE/OTAN à Bruxelles pour Sud-Ouest (auparavant Ouest-France et France-Soir). Auditeur de la 65e session de l'IHEDN (Institut des hautes études de la défense nationale).