Tremblement de terre au Népal. L’aide européenne se met en branle

Tremblement de terre au Népal. L’aide européenne se met en branle

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Equipe de secours de la B-Fast avant départ (crédit : ministère belge de l'Intérieur)

Equipe de secours de la B-Fast avant départ (crédit : ministère belge de l’Intérieur)

(BRUXELLES2) « Toutes les ressources de la Commission européenne sont mobilisées pour répondre en urgence au tremblement de terre dévastateur qui a frappé le Népal hier » a déclaré le commissaire européen à l’Aide humanitaire, le Chypriote Christos Stylianides.

Dégâts considérables

Les dégâts selon les premières estimations sont considérables. Le nombre de blessés se compte par milliers. Et un premier décompte officiel mentionne 2500 morts. De nombreux touristes pourraient avoir aussi été atteints tant à Katmandou que sur les différents sites de l’Himalaya. Le tremblement de terre a provoqué de multiples avalanches faisant au moins 18 morts.

Expertise européenne sur place

Des experts européens de l’aide humanitaire et la protection civile sont déjà sur le terrain au Népal, pour évaluer les besoins. Le mécanisme de protection civile de l’UE a été « activé ». Et le Centre de coordination d’urgence (ERCC) de la Commission européenne travaille 24h/24 pour « surveiller les développements et coordonner le soutien de l’Europe ». « Nous sommes en contact avec les États membres pour fournir des équipes de recherche et sauvetage, des unités médicales et des abris dans les zones les plus touchées du Népal » a expliqué Stylianides. La Commission européenne a débloqué 3 millions euros d’aide d’urgence a-t-il annoncé. Elle peut aussi « cofinancer le transport de l’aide européenne vers le Népal » a précisé un de ses portes-paroles.

Equipes de secours européennes en route

chiens sauveteurs avant le départ (crédit : MOD néerlandais)

chiens sauveteurs avant le départ dans un KDC10 (crédit : MOD néerlandais)

Plusieurs États membres — la Belgique, la Finlande, l’Allemagne, la Grèce, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède — ont déjà proposé des équipes de recherche et de sauvetage, des systèmes de purification d’eau et d’assistance technique, a précisé un porte-parole de la Commission.

Côté français, une première équipe de 11 secouristes (militaires de la de la sécurité civile (FORMISC) et pompiers) ainsi que des produits de première nécessité ont décollé pour Katmandou dimanche, a annoncé Laurent Fabius (Nb : L’avion n’a cependant pas cependant pu se poser le jour même selon une équipe de France 2 qui accompagne les sauveteurs).

Coté belge, une équipe de réaction rapide, B-Fast, parait également dimanche avec 45 personnes à bord.

Une équipe de 62 sauveteurs spécialisés (recherche et de sauvetage, infirmières et médecins, maîtres-chiens de détection et ingénieurs) et 8 chiens sont partis à bord d’un KDC10 de l’armée néerlandaise. La Farnesina (Italie) annonce le départ d’une équipe de la cellule de crise du ministère des Affaires étrangères vers Katmandou pour « fournir une assistance consulaire » aux Italiens actuellement au Népal et d’une équipe de pointe de la protection civile. D’autres moyens seront « rapidement acheminés en fonction des besoins et des demandes des autorités et des ONG », indique-t-on à la Commission.

La probabilité d’un tremblement de terre : certaine

La ville de Katmandou, située « dangereusement près d’une ligne de faille majeure divisant les plaques indo et asiatiques fait face à la menace d’être frappée par un tremblement de terre à tout moment » écrivait en 2012 selon Pierre Prakash, le responsable régional de l’information pour le Sud-Est (lire ici). « Ce n’est pas une question de « si », mais de savoir « quand », la capitale népalaise devra faire face à une catastrophe naturelle aux proportions catastrophiques. » Une perspective effrayante, qui a incité l’Office européen d’aide humanitaire (ECHO) à financer un projet de préparation aux catastrophes en milieu urbain, avec un accent particulier sur le renforcement des capacités de la ville en réponse de santé d’urgence.

Une prévision du pire

La dernière fois qu’un séisme majeur avait frappé Katmandou, c‘était en 1934. Le bilan avait été désastreux : avec 8000 morts et 60% des bâtiments détruits. Depuis lors, la population de la ville a grandi quinze fois, transformant ce qui était une ville de province en une métropole tentaculaire. « Si le même séisme de magnitude 8,1 devait la frapper demain dans les mêmes proportion, des estimations prudentes prévoient un minimum de 100.000 morts, 300.000 blessés nécessitant des soins médicaux, un million de personnes déplacées, et 60% des écoles détruites » soulignait P. Prakash.

NB : D’une certaine façon, avec un épicentre situé à 80 km de la capitale, Katmandou a échappé au pire, même si le bilan devrait s’alourdir sérieusement quand les secours pourront atteindre toutes les zones touchées.

(Nicolas Gros-Verheyde)